samedi, 19 mai 2012

Quel avenir pour le printemps québécois ?

vortigern zifendel, printemps érable, hausse des frais de scolarité

Depuis l’arrivée en force de la loi 78, la première observation que nous devons retenir, afin de faire le bilan de plus de trois mois de perturbation sociale convergeant essentiellement autour de la hausse des frais de scolarité, c’est que le gouvernement ne semble pas être enclin à revenir sur sa décision malgré la gravité de la situation. Ce qui est assez surprenant en première instance dois-je dire. Un second point très important, si l’on veut bien comprendre la situation, est cette nouvelle dichotomie découlant du conflit lui-même, soit celui entre les « rouges » et les « verts », même si agrémentée d’un peu de « blanc » et de « jaune » afin de faire jolie. Ces deux nouveautés dans le paysage médiatique québécois ont pour ainsi dire galvanisé les esprits d’une population accablée par le cynisme et ont probablement coûté quelques premières pages à certains galas mondains et autres platitudes servant d’anesthésiant au peuple. Par contre, il ne faut pas être naïf, cet intérêt soudain pour la chose publique est loin d’être aussi positif qu’on pourrait le croire et démontre une réalité assez bien identifiée, mais qui demandait peut-être encore confirmation pour certains. Soit un peuple devenu en partie inconscient de ses intérêts.

La raison pour laquelle la question de la hausse des frais de scolarité est si symptomatique de cette évolution, est qu’elle nous démontre bien que le sujet de fond n’est pas tant d’être « pour ou contre » la hausse (sur son plan comptable du moins), mais bien de savoir ce qui prévaut entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel. Cette réalité sous-jacente du débat public est justement ce qui rend inconciliables les parties, d’autant plus que la plupart des protagonistes n’en ont pas complètement conscience et se font des guerres d’opinion sur des visions du monde très peu comparables. Par exemple, il n’est nul besoin d’être très attentif aux escarmouches verbales entre les syndicats étudiants et le gouvernement pour se rendre compte que les termes de « droits » et de « démocratie » (pour ne nommer que ces deux-là) n’ont pas du tout la même signification en fonction de qui ils proviennent. Partant de cette observation nous pouvons donc comprendre les advenant de mon deuxième point, soient une guerre idéologique bloquée et ne pouvant que se radicaliser à l’excès par incompréhension mutuelle. Donc, d’un côté nous avons ceux qui voient en la société une entité qu’il faut prendre comme telle afin de l’orienter vers des intérêts collectifs bien sentis et de l’autre, nous avons ceux qui voient la société comme un ensemble d’individus ayant des droits et des responsabilités qui obligent à suivre une certaine voie, soit celle des lois du marché.

Pour en revenir à notre premier point, tout en faisant un pont avec le second, il y a quelque chose de tout à fait singulier à souligner dans l’évolution stratégique du gouvernement et qui en explique assez clairement le comportement. Qu’est-ce que la polarisation « rouge/verte » lui apporte au juste ? C’est assez simple. Elle offre à un gouvernement corrompu et totalement disqualifié par la population (pour ne pas dire illégitime, étant donné qu’élu majoritaire essentiellement que pour des raisons d’abstention) une porte de sortie à sa droite en exploitant le réflexe sécuritaire qu’ont de plus en plus la frange non rouge de la population. Autrement dit, ce radicalisme, fort peu habituel chez ce gouvernement reconnu habituellement pour sa liquidité, est incontestablement à trouver dans l’éternel pragmatisme d’un parti politique sans idéal[1]. Il semble clair, après un minimum de recul et d’observation, que la force inertique du gouvernement (d’avant la loi 78) couplée au travail monumental de propagande des masses médias (qui, je le rappelle, ont des propriétaires ayant intérêt à cette hausse) ont accouché d’une polarisation relativement excessive et à bien des aspects artificiels. Ce travail très bien fait de polarisation a donné que d’une masse bien sage et apathique on en a fait une horde de geignards haineux. Fort peu enclin au militantisme, mais très visible sur Internet et les tribunes du bon peuple.

Comme la frange rouge, il faut savoir que la verte se radicalise aussi très rapidement avec l’évolution du conflit, mais à ceci près que les verts n’ont pas vraiment de principes philanthropiques à défendre autre que leurs droits d’individu (et celui du marché par extension) ce qui fait que ce qu’ils veulent c’est surtout que le conflit cesse au plus vite sans que le gouvernement ne recule sur la question de la hausse (est-ce un principe ?). Et si possible avec une petite dose d’humiliation en guise de punition envers cette jeunesse trop téméraire. Enfin, pour dire les choses de manière simple, la frange verte se droitise. Comme vous pouvez l’imaginer, ce genre de penser droitarde, tout en revenant finalement à être plus antirouges que pros verts, ne va aucunement dans le sens d’un retour aux négociations, et par extension au calme, mais bien dans celui d’un affrontement de plus en plus inévitable. Ce qui donne aux aberrations répressives ainsi qu’à la mauvaise foi du gouvernement une image altérée ayant l’air d’être presque de bonne guerre. Pour schématiser un peu plus en politologue, disons qu’en plus de ne rien faire pour améliorer la situation, le gouvernement essaie très probablement de gagner des points électoralement chez les antirouges (droite) en vue des prochaines élections. Et sa loi 78, n’ayant qu’une portée d’un an (autrement dit, d’ici les prochaines élections), ne fait que nous le confirmer. Cette tactique morbide et antisociale démontre bien à quel point ce gouvernement est nocif pour le Québec et se fiche éperdument de son avenir et de sa stabilité, mais aussi il démontre bien que le bras de fer est loin d’être terminé. Il en va de sa survie en tant que possesseur du pouvoir, car pour lui un recul (perte de l’électorat droitard non naturellement acquis) est grosso modo une mort politique assurée et les carriéristes bien entourés du parti libéral ne voudront pas céder leur place aussi facilement. Sans compter que leurs employeurs, un peu plus haut dans les sphères du pouvoir, leur feraient probablement payer le prix fort leur mauvais rendement.

Malgré tout ça, rien n’est encore joué, car la frange rouge de la population reste très déterminée et rien n’est moins sur que de taper, de bâillonner et d’humilier les jeunes soit suffisant pour redorer le blason d’un gouvernement battant des records d’impopularités. Du moins certainement pas à long terme. Voilà pourquoi je ne crois absolument pas que les activistes du mouvement étudiant soient à blâmer. Tout au contraire, je crois même qu’ils doivent mettre encore plus d’ardeur à la tâche, car le gouvernement devra reculer tôt ou tard. Ne serait-ce que pour des raisons économiques (le chaos coûte cher et la répression a ses limites dans l’opinion mondiale). Et je vous le dis, ce jour-là son capital électoral acquis malhonnêtement s’écroulera d’un coup. Même s’il est selon moi très improbable que le mouvement présent accouche de la gratuité scolaire à court terme, le seul fait de faire revenir le gouvernement sur la question fondamentale des frais de scolarité en sera une grande victoire stratégique. Car cette petite victoire en apparence aura comme conséquence de contraindre les libéraux au moins au statut de gouvernement minoritaire aux prochaines élections. Cela permettra sans nul doute le début d’un grand chantier politique allant enfin dans le bon sens, car il est vrai qu’il reste beaucoup à faire afin de réparer les dégâts de trois mandats libéraux.   

Il est certain que tous ont beaucoup perdu dans cette lutte, mais il est de notre devoir de la poursuivre coût que coût. De toute façon, ce serait trop bête de reculer maintenant après avoir déjà gravé dans notre histoire ce sursaut du politique, appelé « printemps érable », dans notre belle Nation. Nation qui a tant besoin de victoires pour s’épanouir. Enfin, rien n’est encore scellé, mais tant qu’il y aura de la vitalité et de la ferveur dans le cœur des jeunes gens, il y aura de la place pour l’espoir !

Vortigern Zifendel           


[1] Il est sans conteste beaucoup plus facile pour un parti politique dit « de gouvernement » d’accéder au pouvoir qu’un parti idéaliste, car les idées sont à bien des égards beaucoup plus un handicap qu’une force dans la politique politicienne si l’on considère que les idées sont surtout une source de division sur la fin, contrairement à l’argent et le pouvoir.  

jeudi, 10 mai 2012

Le mythe du casseur professionnel

Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre Révolution.

- Saint-Just

 

Depuis que le Québec est en ébullition, ils sont légion ceux qui tentent de faire porter la responsabilité des événements les plus révolutionnaires sur le dos de supposés casseurs professionnels qui attendaient depuis toujours pareil contexte pour mettre à exécution leurs plus sombres desseins.

 

On en a encore une preuve ce matin à la lecture du blog de Mathieu Bock-Côté, gracieuseté du très objectif groupe de presse Québecor. 

 

Se laissant aller aux plus sévères condamnations contre ceux qui ont stoppé le métro de Montréal en usant de bombes fumigènes, Bock-Côté poursuit sur sa lancée en nous expliquant ce qui se passe dans nos rues depuis des semaines, se permettant même de brosser un portrait de ce qui s’est produit à Victoriaville, la fin de semaine dernière.  Selon l’intellectuel de grosse droite, ce serait l’anarchisme radical qui se serait exprimé au congrès du parti des corrompus et des serviles.  Un anarchisme radical qui ne respecte aucune règle, ni même la démocratie.  Ça fait peur, n’est-ce pas ?

 

Or, il se trouve que MBC nous livre ses savantes analyses concernant Victoriaville alors qu’il n’est jamais descendu de sa tour d’ivoire, alors qu’il n’a pas même mis les pieds sur les planches de cette dure manifestation.  Comment on appelle ça déjà quelqu’un qui soliloque sans participer à rien ?  Ah oui, quelqu’un qui parle à travers son chapeau.

 

Pour ma part, j’étais à Victoriaville.  En première ligne puisque je n’envoie jamais des militants là où je n’ai moi-même pas le courage d’aller.  J’ai vu ce qui s’est passé.  Tout.  Ou presque ; après tout, je n’ai que deux yeux.

 

J’ai vu, lorsque nous sommes arrivés devant le centre des congrès, ce périmètre de sécurité qui n’en était pas un.  Que des barrières en bâtons de popsicle qui tenaient à l’aide de frêles tie-wrap. J’ai vu les Québécois qui étaient dans la rue parce qu’écoeurés de ce monde dans lequel on les force à vivre manifester contre les corrompus, contre le système et ses serviteurs, c’est-à-dire la bande à Charest. 

 

Cette manifestation était l’œuvre de simples Québécois comme moi, comme vous, comme nous tous.  Pas des casseurs, pas des policiers déguisés en manifestants, rien de tout cela.  Des Québécois enragés par toute cette corruption, par cette exploitation, par ce système inhumain qui brise des vies au nom du Capital.

 

J’ai aussi vu, dès le départ, les policiers tirer dans le tas sans aucun avertissement, sans même que la manifestation eût été déclarée illégale.  Beaucoup de gaz lacrymogène fut utilisé à Victoriaville.  Environ une grenade à toutes les minutes explosa durant 3 heures.  J’en ai même eu une qui a dansé entre mes jambes pendant quelques secondes qui me parurent une éternité.  J’ai vu des flics tirer des balles de plastique à hauteur de tête, peu importe ce qu’ils en disent aujourd’hui pour se justifier. J’ai vu les coups de matraque.  J’ai vu les militants blessés, ces Québécois qui n’étaient en rien des casseurs.  J’ai vu le sang couler, les os brisés. J’ai vu des Québécois choqués certes, mais j’en ai vu plusieurs en état de panique.  Ces larmes qui coulaient sur les joues  de ceux qui ne pouvaient tolérer davantage tout cet étalement de violence répressive.  Et j’ai vu des citoyens se défendre en balançant à la tête des policiers tout ce qui leur tombait entre les mains. 

 

Des anarchistes radicaux et marginaux que tous ceux là ?  Foutaises ! J’étais avec eux tous, sur la ligne de front.  Et jamais je n’ai été en compagnie de casseurs professionnels.

 

Les Bock-Côté de ce monde, bien à l’abri dans leurs salons mondains là où ils ont le bonheur de ne jamais se salir les mains, se permettent aujourd’hui de nous expliquer, à nous les idiots du village, ce qui se passe dans les événements que nous vivons au jour le jour, depuis des mois.  Ils ont même le culot de nous expliquer la stratégie que nous poursuivons sans nous en rendre compte bien évidemment.  Bock-Côté le dit, alors c’est clair que c’est vrai :  nous semons le chaos pour faire apparaître un monde tout à fait factice qui justifierait nos dénonciations les plus intempestives, un monde fasciste que nous inventerions dans nos tites têtes de ploucs-citoyens et que l’on doit faire apparaître le plus clairement possible aux autres pour ainsi servir notre cause de casseurs anarchistes. 

 

Or, nous n’avons aucunement besoin de manigances pour faire apparaître ce système pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire malhonnête, corrompu, manipulateur, calculateur, violent et profondément répressif.  La vérité que les Bock-Côté de ce monde tentent de dissimuler à l’aide de leurs papelards qu’ils veulent brillantissimes est que le citoyen n’a aucun outil pour se défendre contre ce foutu système qu’il a raison de vouloir faire tomber parce qu’injuste, exploiteur, et brimant la liberté.  Ces gratte-papiers sont payés pour nous convaincre de demeurer dociles.  Et ils exécutent admirablement bien les ordres qui sont du même acabit que ceux d’une autre époque.

 

Mais j’ai des petites nouvelles pour vous.  Nous ne sommes pas si cons et nous comprenons très bien ce à quoi nous avons affaire.  À un système qui est bien décidé à en finir avec le citoyen québécois qui a osé descendre dans la rue pour le contester bien légitimement. Et pour ce faire, il ne ménage aucunement ses énergies. Son bras armé lui pète la gueule en pleine rue, lui arrachant les yeux avec des armes dignes de dictatures qu’on ne croyait jamais pouvoir s’implanter en nos terres ;  son bras judiciaire, par l’entremise de juges serviles et copains-copains avec le PLQ, lui garoche des injonctions par la tête pour le forcer à rentrer en classe, à sortir de la rue, malgré les mandats de grève votés démocratiquement ;  son bras médiatique lui crache à la gueule, le ridiculise s’il ose redresser l’échine face à lui, le manipulant ainsi pour qu’il accepte de rester petit et à sa place, dans cette position où il est plus facilement exploitable par les requins voraces;  et son bras politique, lui, parasite les institutions de la pseudo démocratie dans laquelle nous vivons, pour les détourner de leur raison d’être, pour les faire travailler au service de l’oligarchie et non pas du peuple. 

 

Y’a pas à dire, le système est bien outillé pour nous enfoncer dans le fond de la gorge l’exploitation qu’il dirige contre nous.

 

Face à tout cela, les Québécois ont pleinement raison d’être en colère.  Et ils le sont beaucoup ces jours-ci, et s’expriment en tant que tel.  Pas les casseurs.  Les Québécois. 

 

Ceux qui, à l’instar de Bock-Côté, prétendent que la crise que nous vivons présentement est l’œuvre de casseurs anarchistes marginaux tentent tout simplement de manipuler les masses pour leur faire croire que « la colère générale contre le Parti libéral » n’existe tout simplement pas, que presque personne n’est fâché et qu’il ne sert à rien de joindre les rangs d’une cause perdue d’avance parce que menée par des marginaux. 

 

Mais nous ne sommes pas dupes et savons que leurs écrits ne sont qu'autant de faussetés propagandistes !  Nous voyons clair dans leur jeu.  Et nous ne désarmerons pas parce que nous savons que nous, le peuple, nous avons raison, nous savons que notre cause est juste et porteuse d’avenir.  Beaucoup plus que ce monde de morts qu'ils veulent encore et toujours nous imposer.

 

Alors vous dire que j’ai versé une larme ce matin quand j’ai vu que le métro avait été stoppé par des citoyens qui mènent la Révolution québécoise serait vous mentir.  Comme j’étais heureux de voir les ponts paralysés par les troupes révolutionnaires il y a peu, comme j’étais heureux de voir le métro emboucané.  Puisqu’il ne nous reste que la rue pour nous défendre contre ce système inhumain, alors, agissons à partir de là.  Et osons !  Notre audace révolutionnaire saura bien faire émerger un ordre nouveau qui sera enfin au service du peuple québécois et non pas au service des oligarques !  Malgré les quolibets, les papelards et la répression, j’en demeure profondément convaincu.

 

p.s. Ce texte n’engage que moi personnellement, et non pas le Réseau de Résistance ou ses militants, le journal Le Québécois, les Éditions du Québécois ou Québec-Radio.  Que moi en tant que citoyen enragé.

 

Patrick Bourgeois 

samedi, 14 avril 2012

Patriotisme, rapports de force… et frais de scolarité

vortigern zifendel, printemps érableIl faudrait vraiment être un ermite vivant dans les bois pour ignorer le conflit qui sévit ces derniers mois entre le gouvernement Charest et cette part significative de la population qui se trouvent à être aux études. Depuis le départ des hostilités, les avis éditoriaux, dans les médias à la botte du pouvoir, pleuvent et nous offrent à volonté le genre d’opinion politiquement conforme aux mauvais sens qu’on leur connaît. Ils auront beau nous rabattre les oreilles avec les divers cas de débordement, les actions dérangeantes plus ou moins efficaces et leur statistique ronflante, il reste que la cause étudiante est très suffisamment soutenue par la population. Pour ma part, je crois qu’une grande partie de ces soi-disant partisans de la hausse, dans les divers sondages qui s’y portent, sont surtout des gens dont l’opinion est issue d’un réflexe de réaction résultant du climat médiatique antisyndical. Climat, causé par un ensemble de paramètres certes, mais dont les centrales syndicales ne sont évidemment pas sans responsabilités. Les vrais prohausses (ces fameux carrés verts), si je puis me permettre, en plus d’être ultra minoritaire, sont surtout soit des inconditionnels de la politique du gouvernement ou bien des élitistes sordides (notamment ceux qui croient cyniquement que la hausse augmentera la valeur de leur diplôme à l’international). Les autres sont donc seulement plus ou moins mal informés des enjeux d’une telle hausse, en plus de ne probablement pas en saisir toute l’illégitimité... ou bien ils n’ont seulement rien à foutre de la question. En somme des gens qui peuvent comprendre, s’ils se donnaient seulement la peine de sortir de leur « je-me-moi », qu’une éducation accessible à tous n’est pas une lubie délirante issue de la pensée magique, mais bien une nécessité pour notre avenir.

Inutile de faire valoir comme argument le fait que les pays où leurs habitants n’ont pas d’accès à l’éducation ne sont pas des exemples de réussite (vous savez, ces républiques de bananes corrompues et sans espoir que l’on plaint à la télé pour vous solliciter de l’argent !?). Malgré tout, vous en trouverai toujours pour vous dire que c’est normal de payer (cher, ils veulent dire), car c’est un investissement qui est rentable à long terme et que de toute façon, il vaut bien faire des sacrifices dans vie ! Évidemment, tout ceci (quoi que très faible en soit pour justifier une hausse de 75 % !) est tout ce qu’il y a de plus vrai pour la personne pensante, mais aussi tout ce qu’il y a de plus limité comme réflexion et comme la question des droits de scolarité est un sujet incontestablement politique, celle-ci doit d’abord être posée dans le cadre du bien commun. Alors quel est ce bien commun qui commande l’accessibilité de l’éducation postsecondaire ? Simplement celui d’un peuple qui par cette voie n’en sera que plus conscient de lui-même, en plus d’être plus critique, politisé, éthique, cultivé, conscient de ses droits et de ses devoirs, sans compter l’épanouissement et l’autonomie personnelle que cela procure. Tout ça et je n’ai encore rien dit des avantages économiques que l’éducation technique et universitaire apportera à notre territoire en pleine désindustrialisation. En sommes, être contre la hausse c’est simplement faire preuve de patriotisme envers son peuple et son pays. L’éducation étant autant un investissement pour l’étudiant que pour la société, celle-ci en devient donc une dépense nécessaire et plus l’investissement sera large mieux ça sera. Évidemment, on me rétorquera que c’est bien beau tout ça, mais là il faut remplir les caisses et les étudiants doivent aussi faire leur part ! C’est tout à fait juste ! Et cela en travaillant fort à l’école et non pas en bossant 40h au salaire minimum pour se payer 1 ou 2 cours par session faute de moyens ou simplement de temps. C’est fou à quel point certains oublient que la plupart des étudiants sont aussi des travailleurs qui payent les mêmes foutus impôts que tout le monde ! Notamment ceux qui financent l’éducation. Alors, cessez donc de nous emmerder avec votre démagogie à deux balles, en accusant de parasitisme gogauche ceux qui préparent l‘avenir du pays. De toute façon, cela ne convaincra personne à l’exception peut-être de certains des plus caverneux droitards et amateurs de radio poubelle qui soit.

À oui ! Il y a aussi les questions relatives aux prêts & bourses comme pseudo moyen de régler le problème. Ce n’est pas une mauvaise idée en soit de vouloir les améliorer, mais disons que ceux-ci ont amplement atteint leur limite dans le cadre actuel des choses. Sans enter dans le détail, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de très saint à demander à de jeunes payeurs d’impôts et de taxes, qui seront les cotisants les plus touchés de demain, à s’endetter à l’excès avant même de commencer leur vie afin de compenser une hausse aussi himalayenne que celle qui sera imposé à la fin de ces cinq ans.  Mais bon, depuis le début des hostilités tout est fait médiatiquement pour que l’on ne voit, dans la mobilisation étudiante, qu’une horde de casseurs gâtés pourris séchant les cours que pour leur bon plaisir, quand se sont surtout des citoyens se sacrifiant pour l’intérêt supérieur de la collectivité présente et futur.

Au-delà de la hausse… la politique réelle

Suis-je un peu trop sévère envers ces pauvres prohausses? Ne doit-il pas d’abord y avoir plus de débats sur le sujet afin de faire valoir les positions de chacun, comme l’a offert si gentiment le gouvernement l’an dernier ? Désolé, mais je ne le crois pas. L’heure n’est plus aux discussions de bassecour, mais au rapport de force. La politique de la rue doit être la règle face à celle de l’inertie. Nous avons trop perdu dans les dernières décennies au petit jeu biaisé de la politique politicienne. Il est maintenant temps que le peuple reprenne réellement le pouvoir pour ne plus laisser, une fois encore, les politiciens nous mentir sur des changements qu’ils n’ont de toute façon plus les moyens d’effectuer par eux même. C’est peut-être triste à entendre pour certains partisans de partis, mais le jeu du rapport de force, immanent au monde réel, est devenu inévitable si nous espérons toujours un avenir pas trop sombre, et ceci pour un horizon bien plus vaste que la simple question des droits de scolarité. Effectivement, la politique et sa nécessaire souveraineté, se sont envolés en d’autres lieux il y a bien longtemps déjà et il est du devoir citoyen de chacun de le comprendre afin de ne pas se perdre dans le chaos anti-intellectuel des médiats qui vous parleront de gestion responsable, quand il s’agit simplement de soumission envers les détenteurs d’un pouvoir beaucoup plus subtil.

Qu’entends-je par soumission ? Bien, j’entends par là que le gouvernement libéral du Québec n’est plus tout à fait dans un créneau maître chez nous, mais plutôt traître chez nous comme la devise inscrite sur le très excellent site Corruption libérale. Il est de notoriété publique que le gouvernement du Québec n’est pas souverain, mais ce que je crois c’est que depuis longtemps plus aucuns paliers de gouvernement ne sont vraiment libres. Du municipal au fédéral, plus personne n’a de réels pouvoirs de changements. La seule chose encore possible, c’est le maintien de la petite gestion quotidienne, malgré qu’il soit encore permis de piger, soi et ses amis, dans la caisse. Un proverbe connu nous dit que l’argent est le nerf de la guerre, un autre encore plus profond nous dit que celui qui contrôle la monnaie contrôle le monde. Eh bien, on peut dire que le Canada s’est débarrassé de sa liberté quand il a embrassé le libre-échange américain et mondial. Ce que je veux dire par là c’est que la libre entreprise est à bien des égards un mal nécessaire, car s’appuyant sur l’extraordinaire volonté de puissance que possède l’homme, mais quand l’entreprise devient trop forte elle se transforme en un monstre incroyablement dangereux qui doit impérativement être mis au pas par le politique. Parallèlement à cela, il ne faut pas oublier que la démocratie n’est pas seulement un espèce de concours de prospects à la gestion du pays, comme chez l’entreprise privée, mais le moyen de légitimer le pouvoir de la souveraineté nécessaire à son exercice. Et cette légitimité doit impérativement passer par la volonté populaire, autrement on parle d’oligarchie. En fait, l’oligarchie est le réel système dans lequel nous vivons, car l’entreprise (comme entité morale) contrôle le politique et possède sa propre souveraineté. Ceux qui sont élus dans les partis dits de gouvernement sont recrutés, formés, modelés et ensuite placés par eux dans ces vieux partis transformés en entreprise de gestion publique. Ensuite, ne reste plus qu’à organiser de grands concours où l’on parlera de bilans, de question secondaire et de couleurs de cravates pour finalement mettre au pouvoir l’un ou l’autre de ces champions qui aura (on le sait) un réel scrupule à ne pas mettre en œuvre les réformes pour lesquelles il a été élu (pensons, pour s’en convaincre, à ce pauvre Barack...). Au final, le bon gestionnaire de pays aura tout le plaisir (ou le malheur) de mettre en place les demandes du conseil d’administration supranational quitte à déplaire ou même trahir le peuple qu’il prétend servir. Dans notre cas, le conseil d’administration à décider que s’en était fini de l’exception québécoise. Il faut remettre le Québec dans le rang. Il fallait bien s’en douter ! Depuis que tout est fabriqué en Chine, nos Wal-Mardes & Co. se sont bien gavés sur les marchés de notre pays à revenu correct. Mais maintenant qu’il tend à s’épuiser à moyen terme par la désindustrialisation et la dette (et sa rigueur avenir), et que celui des chinois est en hausse, va bien falloir faire revenir les usines d’enfants esclaves quelque part. Pour ça, on a besoin d’une main-d'œuvre nombreuse, ignorante et affamée. Comme le tiers monde est trop loin pour permettre une immigration illégale suffisante à la demande, bien il va falloir tiersmondiser le peuple sur place. Ils le savent bien, le Québec était très bon pour ça auparavant, alors pour revenir au bon vieux temps, ils devront commencer par fermer les écoles aux masses des hautes études jusqu’aux basses. Ensuite, ce sera au tour des services publics, (santé, poste, transport, aides sociales, etc.) que le manque d’éducation ne risque pas de nuire à la disparition. De toute façon, la machine est déjà dans son élan. Toutes personnes moindrement attentives à la marche du monde ne peuvent que le reconnaître. 

Voilà un petit résumé des consignes qu’ont Harper et Charest pour les années à venir. Et je ne l’espère pas, mais il serait très mal venu pour notre avenir que celui-ci survienne. Alors, je souhaite non seulement que la grève étudiante perdure, mais aussi qu’elle élargisse pour atteindre un niveau qui pourra nous faire vivre un véritable « printemps Québécois ». Un printemps qui aura comme grande finalité la reconquista du politique contre ce monstre de volonté de puissance qu’est cette oligarchie mondiale au pouvoir chez nous. Alors, sur ces belles paroles, je vous souhaite un printemps érable rempli d’espoir et de combat, car ce printemps qui fleurit doit aussi être le nôtre.

Vortigern Zifendel

vendredi, 13 avril 2012

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »

souverainisme, patrick bourgeois, rrqQuiconque vous dira qu’un acte de résistance, fut-il le fait de 10 hommes, ces 10 hommes fussent-ils armés de pierres, quiconque vous dira qu’un tel acte était prématuré, ou dangereux, celui-là mérite le mépris et les crachats. Car je vous le dis : un jour, quelque part, il faut bien que quelqu’un commence, et le premier acte de résistance sera toujours prématuré et dangereux.

- James Fintan Lalor, patriote irlandais

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré le danger et les risques ! »

J’admire et aime profondément ce quelqu’un qui accepte humblement mais courageusement le devoir de résistance en cette terre occupée qui est la nôtre, malgré le faible nombre de ceux qui l’entourent toujours en ces débuts, ce quelqu’un qui, envers et contre tous, parvient à faire sienne cette formule de George Orwell: « sans espoir mais avec détermination. » Ce quelqu’un de chez nous qui combat parce que la lutte est, ici comme ailleurs, légitime et incontournable. Ce quelqu’un qui sait son engagement nécessaire pour qu’un jour, un autre quelqu’un, toujours quelque part mais beaucoup mieux entouré, puisse crier victoire au détriment des exploiteurs et des détruiseurs de monde.

Fallait être un peu fou pour s’engager aux côtés des Iberville, des Montcalm, des Vaudreuil afin de défendre la Nouvelle-France qui comptait seulement quelques dizaines de milliers de personnes contre ces innombrables Anglais du Sud qui toujours tentèrent de réduire à néant notre pays en devenir. Plus d’une fois, parce que nous étions forts et courageux, nous les avons vaincus. George Washington comme les autres. Ayant grandi sous le lys, nous ne voulions aucunement vieillir sous la rose. Ne fallait pas davantage avoir froid aux yeux pour prendre les chemins de St-Denis, St-Charles ou St-Eustache en cet automne de libération des peuples. Bolivar permit à l’Amérique latine de goûter à la liberté. Ici, pour renverser la même tyrannie écoeurante, nous avons suivi Papineau, Nelson et De Lorimier ! Nos patriotes, armés de quelques vieux fusils de chasse tout juste bons à faire perdre des plumes aux outardes qui sillonnaient nos cieux, firent face à la première armée du monde. Avec courage, ils affrontèrent des milliers de salauds qui brûlaient notre pays, tuaient notre bétail pour mieux nous affamer et violaient nos femmes. Nos combattants de la liberté furent contraints à l’exil et pendus par le Régime anglais. « Voilà ce que vous devez attendre du système », nous a confié De Lorimier, avant d’avoir le cou brisé, au bout d’une corde. Nous n'oublierons pas !

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »…

Ce combat québécois pour la dignité, la justice et la liberté, nous l’avons poursuivi dans les années 1960. Nous avions lu Sartre, Memmi et Fanon. Nous avions compris que, tout comme les Algériens et ces autres Africains dont les pays étaient occupés par de sales colonialistes européens, notre propre pays était la possession illégitime des impérialistes anglo-saxons. Dans les usines et les shops, les porteurs d’eau et les scieurs de bois s’échinaient et permettaient à la company de faire du cash dans un pays volé. Beaucoup de cash. Le chien mordu mordra le temps venu que nous nous disions! Dès lors, on ne pouvait tout simplement plus se contenter de promener dans les rues un bambin frisé sur le dos d’un mouton à la fin du printemps de chaque nouvelle année dépossessive. Nous devions prendre les moyens pour changer notre monde. L’heure de la Révolution, la tranquille comme la turbulente, avait sonné. FLQ, FLQ, FLQ scandaient certains pendant que d’autres construisaient l’État québécois ou dynamitaient les symboles de l’occupation et mettaient en pénitence des ministres, ces minables marionnettes des requins voraces. Pour ces guerriers, comme pour les simples manifestants, les poètes, les artistes, bref, les engagés, la prison, la torture et la répression devaient être le lot quotidien. C’est toujours comme ça que le système tente de briser la résistance.

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »…

En Mai 80 et en Octobre 95, nous réempruntâmes les routes difficiles de la libération, pour enfin vivre dignement sur cette « terre courage, lit des résurrections ». Nouveau temps des espérances brisées! Sans vergogne, des brigands à cravates souillèrent les urnes, haut symbole de la démocratie dit-on parfois. À cause des tricheurs et des spoliateurs, nos chaînes, nous conservâmes! Mais de quelques-uns que nous étions à nous battre au temps du bélier frondeur, des millions et des millions et des millions nous étions devenus ; comme au temps de la Nouvelle-France, nous faisions à nouveau trembler l’Amérique. Peuple à la force tranquille en marche nous étions redevenus. Et nous pouvions à nouveau rêver à la victoire en méditant les paroles de Che Guevara : ce qui nous rend un peuple plus puissant que les voleurs, les exploiteurs, les colonialistes et les capitalistes, c’est notre amour de la justice et de la liberté ! Alors qu’ils tremblent, ces communs trous-du-cul bien tapis dans les chambres des collines, là où ils s’engraissent à notre détriment, par le truchement des vols et des pillages qu’ils commettent ou autorisent à la petite semaine.

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »…

Plus nous avancions vers la liberté, et plus le système se devait de redoubler d’ardeur pour nous garder petits, soumis, bien à notre place. Et à ce jeu, il est ingénieux. Il sait ne pouvoir arrêter 8 millions de tuques lorsqu’elles auront pris le mors aux dents et qu’elles renverseront tout sur leur passage. Alors il brainwashe vulgairement, grossièrement, pour mieux endormir les fougues salvatrices des gens d’ici. Aux gémonies sont voués ceux qui osent s’éloigner des sales paroles d’évangile plaidant en faveur de l'aplaventrisme à tous crins ! Jadis l’église, maintenant Gesca et Quebecor cultivent chez le bon peuple le mangez-moi la laine su’l dos siouplaît ! De pain et de jeu, ils nous font croire que nous pouvons vivre, sans réfléchir aux lendemains de la Cité qu’ils contrôlent et vampirisent. Trop d’entre nous les croient. De citoyens, ils deviennent de simples consommateurs niais qu’un rien amuse : Reb bull crashed ice, CH de loosers et amphithéâtre de pacotille. Ça ne peut plus durer comme ça, il faut réveiller, par n’importe quel moyen légitime, ceux qui prêtent encore l’oreille aux sirènes de la soumission. Faut cracher aux visages des vendeux de guidounes d’Occupation double, des shows de mongoles à Stéphane Gendron et surtout faire fi des quolibets des imbéciles qui sévissent du haut de leur montagne de marde radio-poubellienne. Ne plus jamais croire ou craindre ces médias qui déshonorent la profession journalistique et qui sont à la démocratie ce qu’est la matraque à la dictature dirait Chomsky! Faut donner un grand coup dans le nique à poux. Et agir vraiment, concrètement et courageusement afin que nous devenions ce que nous voulons être, c’est-à-dire libres ! Nous le pouvons. Il n’en tient qu’à nous.

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »…

L’on doit réfléchir également à l’endroit sur terre où nous habitons, accepter nos responsabilités à la face de l'humanité en prenant soin de notre coin de petite planète. Québécois et Amérindiens sont les gardiens d’écosystèmes sauvages figurant parmi les derniers de la terre. Nous n’avons tout simplement pas le droit de laisser des Américains, des Français ou des pseudo communistes made in China, ceux-là même qui mangent des espèces menacées pour mieux s'émoustiller la libido, venir chez nous piller nos richesses et ainsi tout détruire pour une question de profits capitalistes ! On doit également empêcher ces oligarques qui ont mené le monde au bord du gouffre de forer le Saint-Laurent ou Anticosti pour trouver toujours plus de pétrole ou du foutu gaz de schiste. Le thermostat planétaire est déjà au bout, nous faisant cuire comme les dindons de la farce que nous sommes. Il faut dès maintenant renverser la vapeur, combattre les anti-Kyoto de tout acabit et bloquer coûte que coûte le Plan Nord du vendeur de chars usagés qui loge à l'Assemblée nationale.

« Que quelqu’un, quelque part, commence, malgré les risques et les dangers »…

Mars 2012 vit naître le Printemps érable. Notre jeunesse fière et noble prend le taureau par les cornes et saute dans l’arène pour combattre ce système capitaliste qui renie le principe selon lequel l’accès à l’instruction et à l’éducation est un droit fondamental qui ne peut être brimé pour des questions d'argent. Nos jeunes sont dans la rue, l’avenir québécois est dans la rue pour défendre ce grand principe. Et le système l'y combat. Hier, on nous crachait des Speak white à la gueule, aujourd'hui les carrés rouges se font traiter de BS, de paresseux pis d’enfants gâtés. Pourquoi? Parce qu’ils osent défier l'ordre établi, parce qu’ils osent dire non à une vie d’endettement, parce qu’ils dénoncent un système dégueulasse et vomitif qui brise des vies au nom du Capital! Et ça, le système ne peut l'accepter. Il mobilise par conséquent sa police qui arrête malicieusement nos jeunes, les matraque sans aucune retenue, leur garoche par la tête des grenades assourdissantes. Elle veut les faire fuir, les contraindre à la reddition. Mais ils tiennent bon malgré tout, font preuve de beaucoup de courage. C'est qu'ils ont compris que ce combat va plus loin que la simple question d'un accès libre à l'éducation. Il concerne LEUR avenir en terre québécoise et NOTRE avenir en tant que peuple. Le Printemps érable est une nouvelle marche en direction d'un monde meilleur.

Ils sont aujourd’hui ces QUELQU’UN, QUELQUE PART qui se battent malgré les risques et les dangers…

Mais ils ont besoin d'aide. De notre aide pour transformer le Printemps érable en véritable Printemps québécois qui sera une noble révolution parmi les révolutions du monde, celles-là qui font tomber des régimes exploiteurs et redonnent un peu d’espoir à l’humanité. Quand nous nous lèverons tous, reprenant le flambeau des mains des patriotes d’hier pour mieux rejoindre la jeunesse québécoise qui est présentement dans nos rues, la Révolution éclatera vraiment. Le Québec brisera alors ses chaînes, et nous deviendrons un espoir agissant pour tous les peuples qui subissent toujours le joug colonialiste.

Alors, qu’est-ce qu’on attend ? Le monde peut et doit être changé. Il n’en tient qu’à nous, qu’à nous tous !

Vive la Révolution québécoise !

mercredi, 07 mars 2012

La diversité sans limite

multiculturalisme

Les notions de liberté, de tolérance et de diversité font partie d’un discours qui semble a priori éloquent, celui du multiculturalisme. Ce discours partout valorisé bascule entre le respect des différences et la pleine émancipation individuelle. Il semble toutefois faire l’impasse sur la nécessaire cohésion collective. Évidemment, il est difficile d’être contre la vertu. Mais force est de constater que ces idéaux entravent en réalité les conditions de possibilités de pouvoir faire société. J’aimerais ici apporter quelques nuances quant au papier de Mme Awada «Je ne veux pas être tolérée» publié samedi le 18 février dernier dans la section débats du journal La Presse, qui se rangeait sous sa bannière.

Situons le problème à sa juste échelle. Nos sociétés découvrent actuellement un problème majeur. La radicalisation des droits individuels sur le plan identitaire entraine, on le constate bien, le démantèlement du vivre ensemble. Les individus ont le choix de se réclamer de l’identité qu’ils désirent. Et se désaffilient de la société dans son ensemble. Depuis une quinzaine d’années au Québec, les demandes de reconnaissances identitaires se sont amplifiées et la conséquence s’en fut une fragmentation de notre société. L’identité québécoise n’est plus qu’une identité parmi d’autres.

Dans son papier, Mme Awada exalte les vertus d’une identité créée à la carte : chaque individu peut ériger sa propre vérité selon son expérience. Les immigrants et même les Québécois pourraient donc choisir délibérément leur identité, ce qui participe, par le fait même, à la pleine émancipation individuelle. La liberté individuelle oui, mais à quel prix? N’y a-t-il pas des balises à tracer? À trop miser sur celle-ci, n’avons-nous pas oublié qu’il y a aussi des libertés collectives, justifiant le droit pour le peuple québécois de faire société et d’avoir une culture à partager?

La fragmentation de l’identité québécoise rend la formulation d’un projet commun difficilement concevable. Dans son discours, Awada sous-entend que ce sont les Québécois qui doivent s’adapter aux demandes des minorités. Voici une des dérives du multiculturalisme. Le Québec ne semble plus posséder la légitimité de s’ériger en tant que communauté politique et de perpétuer sa culture et ses traditions.

Awada se réclame d’un Québec qui ne serait en réalité qu’une terre d’accueil exprimant toutes les différences du monde. Jamais dans son papier elle ne se réclame d’un Québec qui possède une culture particulière dotée d’une conscience historique. Pourtant, si le Québec est bel et bien existant de nos jours, c’est parce qu’il a été porté par une communauté solidaire, qui possédait sa culture propre, notamment marqué par la langue française et le catholicisme.

Un Québec qui ne serait qu’un territoire où habiteraient des citoyens du monde abolirait son particularisme historique sous toutes ses formes. Si chaque pays se réclame de la diversité, les cultures singulières disparaîtront et se verront fragmentées et diffuses. N’est-il pas le propre de l’homme que de s’ériger à la hauteur d’une culture, un des facteurs principaux qui le différencie de l’animal?

Le meilleur moyen pour que les minorités et les immigrants se sentent respectés en serait une meilleure intégration à la culture québécoise. Non pas faire des groupuscules de société, mais une société, qui possède son identité particulière. C’est le paradoxe du multiculturalisme : il bénit tout au nom de la diversité, jusqu’à proclamer inconsciemment l’émiettement de la diversité réelle, qui en est celle d’un espoir pour chaque peuple de faire vivre son identité.

Émilie Gélinas

lundi, 24 octobre 2011

Le sang du lion et le festin des rats

kadhafi, libyeSyrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes.

Au milieu des ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans son trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée.

« Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargé de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front Polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés dans la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

A présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

Bahar Kimyongür- 21 octobre 2011

samedi, 15 octobre 2011

Michea sur l’affaire Zemmour.

michea-300x164.jpgRappel des faits :

Dans un débat télévisé , Eric Zemmour  a déclaré que les citoyens français originaires d’Afrique noire et du Mahgreb étaient massivement surreprésentés dans l’univers de la délinquance et notamment celle liée à la drogue.  Ceux que Michéa qualifie de « police de la pensée » ont exigé contre lui condamnations et sanctions immédiates, allant jusqu’à son interdiction professionnelle.

Dans son dernier livre, Le Complexe d’Orphée, le philosophe commence d’abord par rappeler, à propos de cette histoire, qu’il est impossible de prendre position sur le fond, les statistiques ethniques étant interdites en France ; il ne serait possible d’apporter la contradiction à Eric Zemmour autrement qu’en s’appuyant sur des statistiques qui seraient illégales et d’ailleurs dont l’interdiction est soutenue par cette même « police de la pensée » !

Mais, en revanche il révèle une contradiction logique .
Cette gauche que je qualifie de « quantique » et que Michéa appel la gauche – kérozène, en effet, structure son discours sur le sujet autour de deux propositions essentielles:
  1. La principale cause de la délinquance est le chômage –– dont la misère sociale et les désordres familiaux ne sont qu’une conséquence indirecte.
  2. Il existe un système, une sorte de racisme d’Etat envers les noirs et les maghrébins qui en fait des victimes de l’exclusion scolaire et de discriminations à l’embauche, c’est pourquoi ils sont infiniment plus exposés au chômage que les Français de souche ou d’autres immigrés comme les asiatiques. ( Là encore on se heurte à l’absence de preuves sérieuses en raison, toujours, cette interdiction des statistiques ethniques, mais peu importe…)
Eh bien, si c’est le chômage qui est la cause de la délinquance, et si la communauté X est plus au chômage que les autres, alors la communauté X est plus délinquante  que les autres…

C’est  la conclusion logique, imparable, incontournable de ce syllogisme fondé pourtant sur deux propositions « de gauche », qui a conduit cette dernière à traîner Zemmour devant les tribunaux…

Alors, de deux chose l’une selon Michéa :

« Ou bien la gauche a raison dans son analyse de la délinquance et du racisme d’état, mais alors nous devons admettre que Zemmour ne fait que reprendre publiquement  ce qui devrait logiquement être le point de vue de cette dernière chaque fois qu’elle doit se prononcer sur cette question.
Ou bien on estime que Zemmour a prononcé une contrevérité abominable  et qu’il doit être à la fois censuré et pénalement  condamné […] mais la logique voudrait cette fois ( puisque  ce sont justement les prémisses « de gauche » qui conduisent nécessairement à cette conclusion « de droite ») que la police de la pensée exige la révocation immédiate de tous les universitaires chargés d’enseigner la sociologie politiquement correcte […] ainsi que le licenciement de tous les travailleurs sociaux qui estimeraient encore que la misère sociale est la principale cause de la délinquance ou qu’il existerait un quelconque « racisme d’état » à l’endroit des Africains (au risque de décourager l’une des bases militantes privilégiées de la pensée correcte). »

Michéa poursuit plus loin en disant que la « police de la pensée » aurait une troisième solution qui consisterait à dire que si l’affirmation de Zemmour est effectivement la conclusion d’un raisonnement de gauche, il l’utiliserait  avec l’intention de nuire à autrui, (une finalité « de droite » en quelque sorte), « autrui » étant, en l’occurrence, les populations visées par ce raisonnement.

Mais là on n’est plus dans l’argumentaire mais dans « une police des intentions et des sentiments cachés, [.. .] l’un des signes les plus inquiétants ( et des plus nauséabonds ) de la montée en puissance de ce que Orwell appelait déjà les « petites idéologies malodorantes qui rivalisent maintenant pour le contrôle de nos âmes. »

Je vous le dis, la lecture de Michéa devrait être obligatoire !

lundi, 26 septembre 2011

L’ultra-libéralisme, cela se termine toujours mal

libertarien010709.gifÀ ma grande surprise, je rencontre régulièrement des membres, et parfois non des moindres, du mouvement national qui s’extasient, les uns devant le Tea Party, les autres devant Ron Paul.

À chaque fois, je ne peux m’empêcher de me dire que le syndrome de Stockholm fait toujours des ravages parmi les nôtres et que le parti de Washington a encore, dans nos rangs, de beaux jours devant lui.

Comment, en effet, ne pas vomir de dégoût devant ces gens ? Comment ne pas comprendre qu’ils représentent l’Occident dans sa version la plus haïssable ? Comment ne pas voir qu’ils sont tout ce que nous devrions combattre ?

Ron Paul, ce droitiste libertarien aux idées étranges et contradictoires a tout particulièrement la côte chez certains de « nos amis ». Alors je ne résiste pas à leur conter une histoire vraie, celle de Kent Snyder, l’homme qui, en 2007, fut le deus ex machina derrière Ron Paul dont il partagea toutes les idées ultra-libérales… jusqu’à en mourir !

Récemment, dans une réunion du Tea Party, une question fut posée à Ron Paul : « Si un homme qui n’a pas d’assurance maladie est très gravement malade, est-ce à l’État de payer ses frais d’hospitalisation ? »

La réponse du candidat fut claire : « Non, chacun prend ses responsabilités et est libre de ses choix. C’est cela la liberté » déclara-t-il.

Et la salle d’applaudir.

« Doit-on alors le laisser mourir ? », s’inquiéta un participant.

Et la salle de s’exclamer : « Oui ! Oui ! »

Ron Paul, lui, resta silencieux. Il se peux qu’il se souvint à ce moment de Kent Snyder, qu’il laissa mourir ainsi, en 2008.

Kent Snyder, selon le Wall Street Journal est l’homme qui convainquit Ron Paul de se présenter, pour la première fois, aux élections présidentielles. C’est aussi lui qui, en 2007, rassembla 19.5 millions de dollars pour financer sa campagne électorale.

Kent Snyder était alors jeune et en bonne santé. Il méprisait les assurances maladies et de ce fait ne disposait d’aucune garantie, et il tomba gravement malade... En quelques mois, les frais hospitaliers qu’il dut payer (de l’ordre de 400.000 dollars) le ruinèrent et ruinèrent sa mère. Quand il ne put plus payer, au nom du libéralisme, du livre choix et de la liberté de chacun, ses amis politiques se gardèrent bien de l’aider, il ne fut donc plus soigné et il décéda le 26 juin 2008.

Le lendemain Ron Paul posta un message sur le site Campaign for Liberty, une organisation proto-Tea Party qui défendait alors son idéal d’un libéralisme total. Celui-ci était ainsi rédigé : « Comme nombre d’entre nous, Kent a sacrifié beaucoup pour la cause de la Liberté. Il était tout entier engagé dans la lutte pour celle-ci. Il restera à jamais présent dans mon cœur. »

Ce qu’il n’écrivit pas c’est que c’est cette lutte pour une liberté aberrante qui lui fit faire les choix qui occasionnèrent son décès faute de soin et qui ruinèrent sa famille. Est-ce bien cette même liberté que certains admirent chez Paul ? Est-ce celle-ci dont ils voudraient que nous nous inspirions ?


Christian Bouchet

jeudi, 28 juillet 2011

Constitution de 82 ou Traité de Lisbonne - Québec & France même combat: Le souverainisme!

Intervention de François Asselineau à CHOQ-FM sur les questions fondamentales de la France, mais aussi du monde - dont nous aussi faisons partie. Le souverainisme dans toute sa splendeur! 


François ASSELINEAU (U.P.R.) sur CHOQ-FM Québec... par lucinthesky33

Suivie d'une excellente conférence sur la libération nationale!


U.P.R. Les 10 raisons qui nous imposent de... par lucinthesky33

mardi, 17 mai 2011

Mise au point sur « l’antifatique » fanatisme ambiant

vortigern zifendel,antifa,souverainismePour ceux qui en ont entendu parler, une contre-manifestation eut lieu le 17 avril dernier, à l’encontre de celle organisée par une petite organisation d’anglophone fâchée (angryphone) dénonçant l’infâme dictature qu’est la diabolique loi 101. Bizarrement et contre toute attente, la plus grande surprise n’est pas venue du piteux état des manifestants, ni du cortège faramineux de policier nous observant, mais d’ailleurs. Effectivement, un troisième contingent s’est rajouté, et cela, tout spécialement pour moi ! Quel honneur me direz-vous ? Ne sachant pas être d’une si grande importance, l’évènement me parut des plus singuliers. Malgré tout, il semble que cette certaine mouvance anti-moi ait des motivations des plus résolues sur ce que je suis accusé être (à n’en point douter, le fils spirituel de Mussolini, c’est évident ? !) en plus d’avoir l’impératif devoir de dénoncer le crypto racisme d’indépendantistes (sic) qui agressent de pauvres « angryphones » bien intentionnés. Comme ceux-ci sont difficiles à amalgamer avec de pauvres victimes (leurs têtes et leurs discours en disaient suffisamment long) de notre bien connu « racisme québécois » (genre protection de la langue, de la culture et tout ça), ils ont dû s’improviser un spot au troisième coin de la rue devant l’université Mc Gill (parfois les choses sont bien faites, me direz-vous !). Bref, malgré leur pugnacité, le cortège s’est très vite lassé de jouer à la tierce partie et ils sont partis combattre le fascisme ailleurs.

Que penser de cela ? Bien peu de choses à mon avis, car il est loin le temps où je croyais encore en une menace fasciste dans notre beau Québec, tête de proue de la tolérance et de l’amour entre les hommes ! Bien sûr, loin de moi l’idée de me justifier à ces têtes de Turc, car s’ils connaissaient des notions de « Logos » et s’ils étaient intéressés à connaître quelques vérités que ce soit... bien ça se saurait ! De toute façon, la joie d’avoir des ennemis à combattre semble compenser amplement ces carences et tout ce qui s’approche d’une justice n’est pas dans l’ordre des choses à ce que nous pouvons comprendre. Avec un survol rapide de la situation nous pourrions être perplexes sur certaines de leurs motivations, nous pauvres esclaves de la dialectique normative. Pour ma part, il me semble plutôt évident que le problème se pose d’abord au niveau de leur logique intrinsèque, ce qui les pousse à agir de manière complètement incompréhensible pour mes camarades souverainistes (surtout pour ceux de gauche). Sans aller trop loin dans leur mal-être intérieur et l’idéologie qui en découle (chose que je ferai certainement un jour), je me dois de rappeler certaines notions pour que ce mystère « antifatique » le soit un peu moins.  

D’abord, je dirais à nos amis néophytes, qu’il y a deux formes d’antifa, la forme Redskin (R.A.S.H. notamment) et la forme Casual (ou forme étudiante et majoritaire). Les deux ont des idéologies assez similaires, mais la grande différence se trouve dans leurs activités de fin de semaine. Grosso modo, l’un est plus dans l’affrontement 10 contre 1 (les Redskins) et l’autre est plus du type moraliste de forum Internet (quoiqu’il ne soit pas impossible de coupler les deux). Ensuite, pour ce qui est des questions idéologiques qui fondent leurs actions, il ne faut absolument pas faire l’erreur de commencer l’investigation par l’idéologie de base (ce qui est normalement le cas). Ce que je suggère, c’est de la voir comme une espèce de projection psychologique émise sur une partie précise de la population, afin de pouvoir la diaboliser et ainsi justifier un militantisme valorisant et facile. Autrement dit, « l’antifa » n’est pas du tout dans la dynamique qui incite habituellement les gens normaux à militer, qui serait plutôt :

1-  On observe (ou on subit) une situation déplaisante.

2-  On s’informe sur cette situation que l'on juge injuste dans son fondement (pour être sûr qu’elle l’est vraiment).

3-  On découvre/on bâti un système (idéologie) alternatif.

4-  Finalement, on apprend/on invente une méthode d’action afin de la combattre pour ainsi mettre en place notre alternative.    

En fait, pour eux la logique est inverse :

1-  On découvre un mode d’action qui nous donne une identité et des amis (notamment dans un style punk, skin, hippy, etc. Doublé à un « antiquelquechose »).

2-  On apprend les rudiments affiliés à l’idéologie afin se donner de la crédibilité.

3-  On s’informe sur les évènements et les idéologies rivales, faute de quoi, on s’en trouve une autre (idéologie) qu’on peut accuser d’être seulement de façade et donc de cacher celle qu’on veut projeter. 

4-  Finalement on créé les situations de conflit qui se révèlent déplaisantes et l’on dit que c’est les autres qui ont commencé.

Donc, ce que l’on peut comprend par cela, c’est que c’est beaucoup moins la quête d’une justice qui motive leurs actions, qu’une quête esthétique et d’estime de soi. Cela revient donc à rabaisser la volonté militante à une démarche de quête d’identité, ce qui ne va pas sans causer quelques problèmes d’éthiques à postériori[1]. La première des choses est d’abord empirique, car avec une telle vision, on ne peut avoir qu’un jugement (à la base) complètement biaisé, car leur identité[2] est basée sur le fait d’être le contraire d’un autre[3]. Donc pour définir « l’antifa », il faut nécessairement définir le « fa » dont ils se réclament les opposés, ce qui nous conduite vers la seconde difficulté, qui est de le faire exister. Mais bon, pour ce qui est de la définition du « fa », c’est d’abord un gros con raciste, xénophobe, homophobe, sexiste, réactionnaire, etc. D’abord con, parce que pas intelligent et/ou mal éduqué. Ensuite, il est tout le reste, parce qu’émotif et mal informé. Cela dit, le « fa » est aussi violent, lâche, mal intentionné et forcément très malin (malgré qu’il soit aussi très con), ce qui fait que « l’antifa » doit tout mettre en œuvre pour le détruire avant qu’il ne puisse mettre ses plans à exécution, plans qui sont grosso modo les mêmes que ceux qu’Hitler (le fa par excellence) fit en son temps. Cela est impératif pour celui qui veut réussir à mettre à bas cette menace constante qu’est le retour d’un nouvel holocauste, d’un 4e Reich et donc d’une troisième guerre mondiale. Évidemment, et vous l’avez compris, « l’antifa » à donc une très grande responsabilisé sur les épaules (le sort de l’humanité) et cette tâche, qu’il prend très au sérieux, doit donc être la priorité absolue, ce qui fait que les questions d’éthiques n’ont pas vraiment leur place dans le cadre d’enjeux aussi cruciaux. Vue de cet angle, la lutte contre le « fa » devient sans limite et pour cela deux choses l’une, la première c’est que pour la cause de l’humanité la fin justifie amplement les moyens et ensuite, qui se bat contre l’humanité ne peut pas prétendre bénéficier des droits qu’ils leur sont affiliés. Donc, un « fa » ne sera pas considéré comme un homme normal (au sens des droits de l’homme et tout ça) ce qui fait que l’on ne peut avoir de scrupules sur les moyens à employer pour anéantir le « fa ». Cette tradition antifatique n’est d’ailleurs pas nouvelle et fut mortellement incarnée par leurs camarades italiens des brigades rouges[4] pour qui : « tuer un fasciste n'(était) pas un crime ». Tout ça quitte à collaborer avec d’autres ennemis de moindre importance comme la police, le système et le grand capital.

Tout ça c’est bien beau, me direz-vous, mais quel est le lien entre ces fameux « fa » et le mouvement souverainiste ? Bien, c’est un peu là que ma théorie de projection vient aider à comprendre cette situation apparemment absurde, car personne de réellement honnête[5] ne pourrait traiter le mouvement souverainiste d’autre chose que de ce qu’il est, soit une entreprise anticoloniale, intrinsèquement progressiste, au sens que ce mot a de meilleur. En plus, et pour me défendre un minimum, quel est le lien entre le racialo-capitalisme d’Hitler (l’idéologue par défaut du « fa ») et le solidarisme que j’appelle de mes vœux ? Rien de trop pertinent sur le fond effectivement. Donc, pour en revenir à mes « antifas » névrosés, ce que je crois c’est que, comme le processus de prise de conscience antifatique le laisse comprendre, ils ont la fâcheuse tendance à se construisent inconsciemment des ennemis qui les confortent par opposition sur ce qu’ils veulent être. Comme ce type de guignol n’existe pratiquement pas, bien on le fait incarner chez celui qui est moralement le plus facile à combattre, non par moralité, mais par simple cruauté. Ce que je veux dire, c’est qu’intuitivement et en choisissant de combattre ceux que le système déteste le plus[6], on sait que l’on n’aura pas trop de problèmes judiciaires et que l’on aura toujours le beau jeu lorsque ça commencera à chauffer vraiment. Sans oublier que le conte de fées sur le combat antifasciste est pour le moins facile à faire avaler aux jeunes qui n’y connaissent pas grand-chose (excepté que le fascisme c’est méchant) et qui ne voudraient surtout pas se faire coller l’étiquette magique de « fa », parce que trop borné sur la strique définition du fascisme.  Donc et toujours en suivant la logique de départ, ils essaieront, pour les raisons invoquées, de nous coller par tous les moyens l’étiquette de « fa », pour avoir le droit de le combattre en nous. Pour notre cas bien précis, j’avoue que c’est beaucoup plus difficile que pour nos cousins français, mais la sémantique de social-nationalisme affiliée aux souverainistes suffit généralement à faire un amalgame facile avec le national-socialisme[7] (donc nazi ou « fa »). La suite est généralement un tâtonnement inductif et continuel afin de trouver quelques spécimens spéciaux et d’affirmer que tous sont comme les exceptions par crypto idéologie. Tout cela sans oublier que le Québec bashing de nos opposants ne manque pas de leur donner une aide précieuse[8] sur cet étiquetage stupidement mensonger. Bref, je crois que tous ici commencent à saisir l’essentiel de l’idée que j’essaie d’insuffler et qui est malheureusement loin du mythique combat de résistance antifasciste d’une époque déjà bien lointaine.

Pour finir, j’aimerais faire passer un petit message d’amour et de tolérance à tous les membres de notre belle collectivité en manque d’action, qui est que la recherche de boucs émissaires n’est pas une bonne démarche, même pour des petits Torquemada en manque d’ennemis que sont les « antifas ». Il faut cesser les démarches « antiquelquechoses » afin de favoriser les démarches « proquelquechoses ». De cette façon, l’opposant ne sera plus l’opposé et la projection qui fausse le jugement pourra donc enfin être levée, et cela, pour le meilleur de tous. Peut-être même connaîtrions-nous une avancée vers des débats sains, sans diabolisations, ni points « Godwin » parfaits.  De plus, je tiens à rappeler que si la persécution ethnique put engendrer des camps de concentration (ce qui est condamnable, personne n’en doute), la persécution idéologique malheureusement engendre aussi certains désagréments.  Qu’ils soient de rééducation, d’exécution humanitaire ou seulement de travaux forcés, ces camps ne sont pas géniaux non plus. Surtout quand ceux-ci proviennent de l’esprit de gens se présentant comme des libérateurs de l’humanité.

Mais bon... allez en paix !

Vortigern Zifendel                   



[1] Cette quête d’identité est aussi valable pour les skins anticommunistes qui sont aussi des antiquelquechoses. 

[2] Dans leur cas, elle est à base styloco-idéologique.

[3] Quand on est antiquelqueschose, ce quelque chose est peut-être notre antagonisme, mais il n’en reste pas moins une composante majoritaire de la notre.

[4] Au moment des années de plomb (années 70), le meurtre de fascistes était monnaie courante et tolérée par les autorités.   

[5] Évidemment, j’exclus les « angryphone » et leur site qui sont toujours en train de nous traiter de nazi tout en prônant notre extermination.     

[6] En l’occurrence nous et pas les « angryphones » et autres organisations anti-québécoises.

[7] Cela est d’autant plus absurde qu’Hitler n’était ni socialiste ni nationaliste, mais pangermaniste et racialo-capitaliste. Cela s’appelle simplement de la récupération politique, un peu comme le socialisme du PS en France.

[8] Le livre de Patrick Bourgeois « Québec bashing » nous démontre magistralement que les qualificatifs de réac, nazi, xénophobe, etc. sont depuis un certain temps très en vogue chez les ennemis du Québec afin de diaboliser notre démarche en occultant leur motivation exploitatrice par un masque progressiste. 

mardi, 03 mai 2011

L'heure des purs & durs a enfin sonné!

rrq10.jpgC’était écrit dans le ciel que ça arriverait un jour ou l’autre. Aussi brutalement aurait été difficile à prédire, mais un fait demeure : se prétendre souverainiste sans jamais travailler à l’avancement de ce projet a des conséquences. Le Bloc l’a appris hier à ses dépens. Bien des indépendantistes en ont eu marre de se faire prendre pour des valises par un parti qui, par sa mollesse et son obséquiosité légendaires, ne faisait rien pour accélérer la marche du Québec vers la liberté. À cause de cela, ces indépendantistes ont appuyé une autre formation que le Bloc, avec les résultats que l’on connaît.

La vague orange a en effet violemment déferlé sur le Québec hier. Elle a emporté les bloquistes avec elle ; même son chef n’a pas survécu à sa puissance. Mais cela ne signifie aucunement que la présence d’indépendantistes à Ottawa n’est plus souhaitable désormais. Cela signifie tout simplement que les prochains indépendantistes que nous enverrons à Ottawa devront mettre de côté l’ambiguïté et la vacuité qui ont caractérisé le règne de Gilles Duceppe. Le Bloc doit être à Ottawa pour construire le Québec libre et non pour faire fonctionner le Canada, c'était pourtant si simple à comprendre. Par conséquent, c’est maintenant le temps d’essayer la stratégie des purs et durs. Ils ne pourront jamais faire pire que le Bloc de Gilles Duceppe.

Le Bloc de demain devra s’inspirer de l’héritage du Sinn Féin irlandais. On prélève les ressources de l’État central (qui sont aussi les nôtres soit dit en passant) afin de rendre plus efficace la lutte pour l’indépendance du Québec que nous mènerons à temps plein. Perdre son temps à parler du blé de l’Ouest ou de la situation de l’industrie minière au Yukon, c’est bien fini. Le Bloc doit être une force de frappe indépendantiste qui ne craint pas de se salir les mains, qui ne fuit plus les polémiques, qui combat avec courage et intelligence. 

En tant que députés, ces bloquistes ont des ressources importantes; un fonds servant à financer la lutte sera créé à même leurs salaires. Chaque bureau de circonscription deviendra une antenne indépendantiste ; chacun des passages dans les médias des députés bloquistes purs et durs sera l’occasion de défendre le projet indépendantiste et ils ne ménageront jamais leurs énergies afin de pousser le Canada dans ses derniers retranchements. De cette lutte continuelle, le Québec libre naîtra plus facilement.

Ce Bloc Québécois nouvelle mouture complétera le travail du Parti Québécois qui, lui, ne peut se consacrer totalement à l’indépendance, car il doit également faire fonctionner l’État québécois en attendant la victoire finale. Les députés d’un Bloc pur et dur n’auront plus, eux, à faire fonctionner un État. Ils pourront se consacrer totalement à la lutte indépendantiste. 

Parmi les priorités que ce nouveau Bloc placera en tête de liste nous retrouverons le dossier médiatique. Au cours de cette campagne électorale, on s’est fait faire un « coup de La Presse ». Les médias ont réalisé une véritable campagne de relations publiques pour le NPD. Des sondages bidons ont été utilisés pour lancer la vague. Bien sûr, les médias n’auraient pu avoir le même succès avec un autre parti, n’auraient pu réussir dans cette entreprise si le NPD n’était pas de nature à séduire les Québécois et si, surtout, le Bloc n’avait pas autant déçu les indépendantistes ces dernières années. Si nous voulons éviter de nous faire faire un autre « coup de La Presse » dans le futur, il nous faut dès aujourd’hui nous atteler à la tâche consistant à mettre sur pied un vrai média indépendantiste professionnel.

Une telle entreprise exigera beaucoup de sous. Le mouvement indépendantiste doit faire la preuve de son sérieux. Il doit délier les cordons de sa bourse et financer la mise sur pied d’un tel média indépendantiste. Si nous ne le faisons pas, nous ne gagnerons jamais. C’est aussi simple que ça.

Le contexte actuel est certes difficile pour le mouvement indépendantiste. Voilà pourquoi il exige que nous soyons plus vigilants que jamais, que nous demeurions sur la ligne de front pour défendre notre pays; après tout, nous en sommes les meilleurs défenseurs. Pour sa part, le NPD de Jack Layton est un parti canadien qui ne pourra jamais rien faire pour défendre le Québec contre le Canada de Stephen Harper. Les Québécois s'en rendront compte bien assez tôt. Leur flirt avec le NPD ne sera que passager. Des jours plus heureux nous attendent. Nous devrons être prêts à en profiter plus que jamais. Et cela passe par un nouveau Bloc Québécois qui ne ressemblera plus en rien à celui que dirigeait Gilles Duceppe; il sera combattif, courageux, travaillant et d'une intelligence plus que certaine pour faire progresser le projet de pays du Québec. 

Prochainement, l’organisation du Québécois présentera le programme de ce nouveau Bloc Québécois. Prochainement, l’organisation du Québécois annoncera ses intentions quant à la course à la chefferie qui se tiendra bientôt au Bloc Québécois. Nous soutiendrons – voire présenterons – un candidat qui défendra notre vision quant à ce nouveau Bloc Québécois et quant à l’urgence de mettre sur pied un média indépendantiste professionnel.

D’ici là, je vous demande de prendre votre carte de membre du Bloc Québécois. Nous aurons besoin de la base militante pour nous imposer au cœur même de ce parti qui redeviendra indépendantiste grâce à nous tous. Jamais plus la base militante ne sera mise à l’écart, c'est une promesse que nous faisons. Le pays du Québec naîtra grâce à elle, nous en avons toujours été conscients !

Malgré le contexte difficile, nous continuons le combat. Et à force de courage, d’intelligence et de travail, nous arriverons à bon port. J’en demeure persuadé aujourd'hui plus que jamais. Après tout, notre cause est noble et juste et la seule qui soit en mesure d'assurer un avenir à ce Québec que nous aimons tant. Nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre!

Vive le nouveau Bloc Québécois! Vive le Québec libre !

Patrick Bourgeois

jeudi, 27 janvier 2011

L’incohérence méprisante de Françoise David

quebecsolitaire170607.gifDeux paragraphes. C’est tout ce qu’il aura fallu de la part de Françoise David pour qu’elle me convainque de déchirer définitivement ma carte de membre de Québec Solidaire (QS). Fini pour moi. Fi-ni. J’étais devenu membre l’an dernier, après l’énième enfoncement à droite du Parti Québécois et alors que le parti violait ses propres règlements internes pour éliminer le SPQ-Libre, c’est-à-dire à peu de choses près ce qu’il restait de feue son aile centre-gauche. J’avais décidé de me pincer le nez devant les positions multiculturalistes de QS en espérant y trouver mon compte dans un programme économique de centre-gauche tout ce qu’il y a de plus avant-gardiste pour le Québec. Malheureusement, Françoise David vient de me rappeler pourquoi ce parti ne pourra jamais réellement parler au nom des Québécois: ce parti n’a de Québécois que le nom.

En effet, en traînant dans la boue un militant nationaliste de gauche comme Jean-Roch Villemaire, sous prétexte que son mouvement entend réduire l’immigration ou qu’il s’oppose aux dérives d’un multiculturalisme transformant insidieusement la nation québécoise en un fourre-tout sans queue ni tête, elle s’attaque de front à tous ceux qui, à des degrés divers, ont à la fois conscience de la nécessité d’un ordre économique plus solidaire ET d’une société valorisant la protection de l’identité et de la langue des Québécois. En accusant frauduleusement M. Villemaire d’être un raciste – alors que sur son site il est clairement indiqué que l’homogénéité nationale prônée ne doit pas être raciale – Françoise David se met à genoux devant les Éric Duhaime, Mathieu Turbide, Joanne Marcotte et autres scribouille-merdes de ce monde, eux qui ont tout fait pour monter en épingle une simple manifestation contre l’apartheid israélien.

Ainsi, David, plutôt que de resserrer les liens contre la propagande de Quebecor et d’encourager les manifestations contre l’achat de produits israéliens, justifie la manipulation orchestrée par Quebecor – appuyée par le Réseau Liberté(sic)-Québec, qui reçoit d’importantes sommes de grosses entreprises et qui s’affilie aux extrémistes de la droite économique afin de tenir son discours anti-étatiste, rappelons-le – et les accusations de l’extrême-droite économique voulant que ce soient des extrémistes qui s’opposent à l’apartheid israélien.

Un air de déjà-vu

Cette dénonciation d’un individu sur la base de propos approximatifs donne une impression de déjà-vu. Évidemment, David n’est pas Bouchard et Villemaire n’est pas Michaud, mais il s’agit d’un réflexe typiquement québécois – et colonisé – que de se vouloir plus saint que le pape et d’être les premiers à dénoncer quiconque aurait pu éventuellement tenir l’ombre d’un propos permettant de croire au manque d’ouverture des Québécois, ce peuple si ouvert qu’il en vient presque à disparaître au nom de celle-ci.

Disons-le d’emblée, c’est bien ce dont il s’agit. Quand Villemaire parle de « droit du sang », il n’affirme pas, contrairement aux mensonges de David, qu’un citoyen à la peau basanée et vivant ici depuis longtemps n’aurait pas les mêmes droits que les autres. Ce concept est d’ailleurs très bien expliqué sur le site du MNRQ:

L’État-Nation, moteur de l’histoire, doit être homogène, non pas sur un plan strictement racial, ce que l’expérience historique ne prouve absolument pas, mais sur un plan de cohésion et de coopération mutuelle entre les divers participants de ce groupement historique. Les éléments qui refusent cette cohésion ne sont pas les bienvenus dans cet Etat-Nation et, au minimum, ne doivent pas avoir la possibilité matérielle de développer leur influence et leur puissance au détriment de la communauté nationale.

Ce droit du sang n’a rien de raciste, redisons-le. Il s’agit simplement de la capacité, pour les Québécois, d’affirmer qu’un Québécois ne constitue pas seulement un individu habitant le territoire du Québec. Il y a nombre de citoyens nouvellement arrivés sur notre territoire qui ne reconnaissent ni notre langue commune, ni nos valeurs communes, encore moins l’égalité des sexes si chère à Françoise David. Ces gens sont-ils Québécois? Par la loi, oui. Mais le sont-ils vraiment? Villemaire, plutôt que de laisser la question en suspens, y répond directement: non, un individu ne doit pas seulement résider au Québec pour être Québécois; il doit soit descendre d’une lignée typiquement québécoise ou avoir vécu un certain laps de temps et fait preuve d’une certaine intégration pour être considéré comme tel. Peut-on sérieusement considérer de la même manière un individu dont les ancêtres sont arrivés en 1671 et un autre arrivé hier matin? Je ne crois pas.

Cette position n’a rien d’extrémiste. De nombreux pays ne donnent pas le droit de vote avant plusieurs mois, et n’accordent que difficilement la citoyenneté. Nous, au Québec, nous sommes littéralement envahis par un contingent d’immigrants largement supérieur à notre capacité d’intégration. Comme je l’ai déjà écrit dans un billet, le Québec reçoit, proportionnellement à son poids démographique, plus d’immigrants que la plupart des pays développés. Et le pire, c’est que nous ne jouissons pas de la garantie identitaire d’un pays indépendant, ce qui signifie que nous sommes constamment sur le ligne de front pour les intégrer. Québec Solidaire, en rejetant du revers de la main à la fois le problème de l’immigration trop nombreuse et celui de notre incapacité à intégrer les immigrants déjà présents sur notre sol, se désolidarise du peuple québécois, cet ensemble de citoyens partageant une langue et des valeurs communes.

Par ailleurs, la Loi 101, véritablement fondement du Québec moderne et dont la popularité et l’affection des Québécois est démontrée sondage après sondage, ne s’appuie-t-elle pas sur une forme particulière de droit du sang, elle qui réserve l’école anglaise aux enfants d’anglophones? Françoise David aurait-elle la cohérence – ou l’indécence – d’affirmer son opposition à cette Loi si fondamentale?

L’incohérence de Québec Solidaire

En faisant primer le droit individuel d’un immigrant à pouvoir jouir du statut de « Québécois » – même s’il ne partage rien de sa société d’accueil – sur les droits collectifs des citoyens québécois, QS commet la même erreur que le Réseau Liberté(sic)-Québec, mais au niveau identitaire. Le RLQ affirme que l’individu doit être le centre de l’économie, que sa liberté est strictement individuelle et qu’il n’a pas à se faire « brimer » par l’État ou par qui que ce soit pour s’épanouir dans un monde désolidarisé; Québec Solidaire, au contraire, affirme que l’État doit constituer la volonté commune des Québécois d’agir au niveau économique, notamment en haussant les impôts de mieux-nantis et en brimant une partie de leur « liberté » pour le mieux-être de tous.

Mais Québec Solidaire, pour une raison inconnue, se montre incapable d’appliquer le même raisonnement au niveau identitaire. Brimer la liberté individuelle pour le bien de tous est possible pour l’économie, mais tabou en ce qui concerne l’identité. Sur ce point, on doit au moins reconnaître que le RLQ est cohérent: il prône l’absence de solidarité collective à tous les points de vue. QS, au contraire, refuse de réaliser que si l’État doit être libre de légiférer pour le bien-être collectif au niveau économique, il doit en être de même au niveau des valeurs communes et intrinsèques des Québécois et qu’un citoyen comme Villemaire, qui réclame la fin du laisser-aller dans ce domaine, n’a pas à être trainé ainsi dans la boue sous prétexte que ses idées sont davantage cohérentes et assumées que celles du parti de Françoise David.

Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Ma carte de membre de Québec Solidaire est déchirée et dans la poubelle. Et j’appuie Jean-Roch Villemaire. Je ne suis pas en accord avec toutes ses positions et je suis beaucoup plus modéré que lui quant à savoir qui doit être considéré comme Québécois, mais je reconnais chez lui le désir de cohérence de la pensée et d’intégrité dans la recherche d’une société québécoise plus juste et solidaire au niveau économique, mais dont la solidarité ne saurait être exploitée par des gens méprisant la culture et la langue des Québécois.

Si on me le demandait, je dirais que le Front Québécois serait ce qui se rapproche le plus de mes idées, même si ce proto-mouvement n’est encore, précisément, qu’une idée.

En attendant, je suis orphelin. J’attends qu’un parti politique ait la cohérence de me proposer à la fois une société économiquement plus solidaire et un Québec véritablement maître de son passé, de son présent et d’un futur qui serait autre chose qu’un bouillon mondialiste et anglais.

Source : http://louisprefontaine.com/2011/01/27/francoise-david-je...

mercredi, 01 décembre 2010

Se faire plaisir… peut-être, mais à quel prix?

4b7c842471354_medium.jpgDepuis un temps, Mathieu Bock-Côté nous offre une très fréquente série d’éditoriaux dans le journal 24h. Ses articles sont en général de courts textes polémiques se spécialisent au niveau de la critique politique sous-jacente au politiquement correct, au multiculturalisme ainsi qu’à l’abstraction identitaire. Le tout mélangé avec une rhétorique de droite classique, plus ou moins empruntée au Gaullisme français, ce qui est plutôt harmonieux avec sa revendiquée étiquette de souverainiste conservateur. Ce langage « droitard », ne doit pas être pris au pied de la lettre, surtout dans le contexte nord-américain (et même français) actuel, car ceux qui connaissent ses positions savent que le fond de sa critique effleure bien souvent ce que nous appelons ici (par facilité) la droite. Constat logique, sachant que cette droite aime à se cacher derrière les positions de la gauche sur les questions de politiquement correcte et de multiculturalisme.  Cela dit, le 9 novembre dernier (1), nous avons eu droit à un papier particulièrement douteux et faisant une nette rupture d’avec le fond idéologique que nous avions appris à aimer. Malgré qu’il soit compréhensible que l’espace, particulièrement favorable du moment, à la droite lui ait donné envie de surenchérir dans un quotidien ne visant pas particulièrement un marché d’intellectuels. Ce texte a malheureusement eu comme fâcheusement conséquence d’emmener notre libre penseur dans le sombre territoire du conformisme de droite, monopolisé habituellement par les ennemies du camp souverainiste. Cela est plutôt navrant, sachant bien, que ce grand critique du politiquement correcte de gauche doit inévitablement connaître l’existence de celui de droite? Loin de moi l’idée de lui tenir rigueur par principe à sa position pro Israélienne, mais par contre je me dois de lui faire grief sur l’incohérence et l’inconséquence de ce choix en parallèle de celles normalement défendues, autrement dit, ses idées souverainistes. De plus, ce petit édito possède, en plus des casseroles sionistes habituelles, une théorie des plus farfelue qui mérite d’être regardée de plus près.

Mais d’abord, quelle est l’argumentation générale de l’édito?

1.       Il y a un consensus (sous-entendus à gauche) contre Israël, un consensus de complotiste qui encouragerait et/ou créé des calomnies non fondées contre Israël.

2.       L’explication de ce consensus n’est pas que l’antisémitisme (car il y en aurait aussi), mais serait une offensive antinationiste de mondialistes (cette fois clairement de gauche) qui manipuleraient la cause palestinienne pour attaquer la souveraineté de la nouvelle nation juive qui se défend. Ces attaques seraient symboliques et ayant pour but de discréditer le fait national dans son ensemble.

3.       Il y a (pour prouver ce consensus) une asymétrie de l’indignation quand l’un se fait attaquer par l’autre (sous-entendant qu’il y a symétrie entre les attaques).  

4.       On a le droit de critiquer Israël, mais ceux-ci ont aussi le droit de se défendre.   

Pour commencer ma critique, je me dois de souligner un détaille préalable très important et faisant office de toile de fond à la critique du sionisme et d’Israël, qui est la problématique de l’antisémitisme à la sauce hitlérienne. Cette accusation pavlovienne ne peut en aucuns cas être reprise dans la situation actuelle pour critiquer ce que par convention l’on appelle la gauche anticoloniale (ou moi étant donné que je m’apprête à la défendre sur certains principes), pour la raison simple qu’Israël n’est pas un complot, mais une réalité constatée et vérifiable. Autrement dit, les raisons pour lesquelles certains juifs sont pointés du doigt aujourd’hui sont les mêmes que celle attribuée à tout État, ce qui inclut leur ancien bourreau. Pour donner des exemples caricaturaux, mais explicites : auriez-vous accusé de racisme anti-allemand, ceux qui ont condamné hargneusement l’annexion militaire de la Pologne au 3e Reich en 1939 ? Est-ce que Mandela était un raciste anti-afrikaner lors dès sa mobilisation contre l’apartheid ? Qui oserait dire cela sans faire rire de lui ?

De plus, n’ignorons pas le réflexe polémique qu’apporte la diabolisation (car il s’agit pratiquement toujours de diabolisation). Si l’accusation d’antisémitisme est si vite attribuée, c’est surtout parce que l’environnement idéologique d’aujourd’hui est hostile à ce même antisémitisme, ce qui a pour cause de brimer la crédibilité du sujet et, du coup, occulte le fond même du débat. Ce procédé est bien connu et est le même que combat Mathieu Bock-Côté quand il dénonce la rectitude politique autour des débats sur le multiculturalisme et l’immigration, mais comme celui-ci nous le rappelle si bien : « Antisémitisme ? L’explication est trop simple. » 

Effectivement, comme je viens de le démontrer l’explication manque de substance. Malgré tout, sa propre explication n’est pas moins tordue, et cela, pour plusieurs raisons. D’abord, parce que faire de l’État sioniste un exemple de souverainisme face aux hordes de cosmopolites « intoxiqués au pacifisme intégral » est soit naïf soit débordant de mauvaise foi. La première chose à souligner si l’on veut réfléchir sur la véracité de cette affirmation, serait de savoir si les partisans inconditionnels d’Israël, dans la diaspora, sont d’abord porteurs de quelconques valeurs souverainistes du pays qu’ils habitent. Rien que pour la France, citer les B.H.L., Kouchner, Attali ou Klarsfeld suffi à transformer n’import quel souverainiste (même à l’extrême gauche) en horrible antisémite nazi avant même toutes considérations. Au Canada, ce n’est pas tellement mieux avec les membres du B’nai B’rith et du C.J.C. (congrès juif canadien) qui ne sont pas reconnus pour sympathies souverainistes. Disons même que le facteur commun de tout ce beau monde, est plutôt un mondialisme des plus radical, qui s’agrémente souvent d’un double langage quand il s’agit d’Israël. Un double langage franchement insupportable qui ne peut en aucuns cas converger avec le souverainisme, même le plus basique. Il existe bien des souverainistes juifs (2) (notamment Éric Zemmour), mais ceux-ci, quand bien même seraient-ils sionistes, doivent rester silencieux à ce sujet, dans le but d’être un minimum conséquent d’avec les idées qu’ils défendent. Le deuxième point à prendre en compte pour valider l’idée d’un Israël souverainiste et conséquent, serait ses relations avec les autres pays. Tous ceux qui connaissent un minimum le Mossad et les Sayanim vous affirmeront qu’un pays qui aurait comme prétention d’être un exemple de souverainisme, n’utiliserait pas à outrance le lobbying, l’espionnage et la manipulation politique extérieure (3) comme le fait ouvertement Israël, mais aurait à cœur de ne pas nuire à ce point à leurs Alliés. Le troisième point est bien évidemment son peuple et ses dirigeants, qui ne sont pas reconnus pour être très justes et honnêtes envers leurs voisins (4). En fait, le gouvernement israélien se fait une carrière de se moquer des règlements de l’ONU, qui (rappelons-le) est ce « détestable machin bureaucratique » qui a donné aux sionistes leur pays. Comme quoi la reconnaissance n’est pas un acquis universel.

Non vraiment ! L’argumentation boiteuse de Mathieu Bock-Côté n’est pas à la hauteur de ses habitudes et se laisse même tenter par quels stéréotypes comme le fameux « complotisme » des détracteurs d’Israël et le tout aussi fameux « droit à la critique d’Israël », mais comme toujours, sans exemples de ce que serait une critique légitime. L’aberration que je crois la pire du texte, ce trouve dans sa théorie du front commun cosmopolite et pacifisme des gauchistes antisionistes (et parfois secrètement antisémite). Sans entrer dans les détails, il est important de noter que l’une des causes principales de l’antisémitisme dans le passé était justement le cosmopolitisme et l’antinationisme dont le judaïsme est historiquement le plus porteur. Je dois préciser que d’évoquer cette évidence historique n’est pas un acte de vilain antisémite, mais bien un fait très banalement logique de la part d’un peuple dont la culture s’est constituée hors de toutes terres d’appartenances (5). Néanmoins, il s’agit moins d’un peuple au sens ethnique du terme que d’un imaginaire culturel, car il est aussi assez bien reconnu que les descendants du peuple de la Torah sont en grande majorité les palestiniens d’aujourd’hui (6) et non les ashkénazes d’Europe de l’Est illuminés et racistes que semble soutenir notre ami Mathieu Bock-Côté. J’irais même plus loin en prétendant que ceux qui seraient les mieux à même de refléter ses antipathies seraient beaucoup plus des sionistes que des antisionistes.

Mon dernier point de critique est le classique : « Israël a le droit de se défendre » déjà évoqué. Ce point serait fort acceptable dans une situation normale, mais Israël n’est pas un pays comme les autres et a une légitimité particulièrement contestable. Je m’explique. Ce projet de pays, quoiqu’imaginé bien avant 1948, n’a pu être réalisé que par trois conditions ; d’abord la Deuxième Guerre mondiale et ses conséquences sur les juifs (7). Ensuite, l’Angleterre (grand colonisateur) ayant justement un terrain les intéressait : la Palestine. Pour finir, un mépris non négligeable pour les autochtones sur place (ce qui est un classique britannique assez reconnu ici par ailleurs). C’est trois conditions réglées, une belle grosse colonie d’européens se disant maintenant propriétaire des lieux, par leur titre de propriété que sont leurs textes sacrés, ont pu faire le ménage et écarter les envahisseurs impurs sur place. J’exagère, je sais ! C’est vrai qu’il y a eu des ententes et des partitions non respectées, mais au final cela revient à un Israël au centre de deux petites parcelles de terre coupées du monde et sans possibilités de vies étatiques saines. En fait, tout a été fait pour que la Palestine ne puisse pas exister comme état normal, ce qui explique assez aisément les sursauts de radicalisme islamique (8) que nous constatons aujourd’hui. Ce radicalisme est, nous le savons tous, la situation idéale pour être moralement en mesure de continuer à coloniser illégalement le reste du territoire, de bombarder les populations (9) quand ils s’énervent trop et de jouer au gendarme chez leurs voisins quand le moment s’y prête ! (10) Grosso modo, plus leurs ennemis deviennent radicaux, plus l’armée israélienne peut s’en permettre (vous savez, un terroriste n’a aucuns droits !) et du coup nous donner l’illusion d’un Israël, « seul vrai pays démocratique de la région », qui se défend contre les fanatiques tout autour de lui. Voilà quelques remarques qui, je le crois, laissent percevoir une asymétrie bien plus condamnable que celle que pourraient avoir les opinions d’une gauche obstinée à toujours prendre parti pour les faibles plutôt que les forts.

Avant de finir, il me faut m’exprimer sur le concept d’inconséquence entre l’idéologie souverainiste normalement défendue par Mathieu Bock-Côté et sa position sioniste nouvellement déclarée, car c’est sur ce point que culmine mon malaise quand je lis ce genre de textes. Ce que je veux dire c’est que le nationalisme se justifie normalement par l’addition d’un peuple et d’une terre. Les deux seules raisons qui font qu’un peuple peut se réclamer moralement d’une terre sont soit : « la loi du plus fort » ou bien « la loi du respect de celui qui est tout simplement là ! » La première loi a été un peu le résumé de l’Histoire de l’humanité (la colonisation) et qui peut encore se justifier aujourd’hui par des alibis universalistes, mais difficilement par le vol pur et simple d’un territoire (11). La seconde est celle qui est avancée surtout par ceux qui essaient de se libérer ou bien seulement de survivre. Quand on est de la seconde option, on se fait généralement le porteur d’un juste partage du monde et on se doit de rester cohérent si l’on veut éviter les tracas qu’impose l’anéantissement. L’exemple du Québec en est une incarnation des plus évidente, car quelle légitimité morale peut-on avoir auprès du Canada, dans notre affirmation identitaire, si nous la refusons aux autochtones du Québec ? Évidemment, on peut bien se dire « ils sont des vaincus », mais alors que pouvons-nous dire de nous ? Ne sommes-nous pas aussi des perdants dans l’Histoire ? Donc pas de droits moraux en tant que peuple, mais seulement l’acceptation tranquille de l’assimilation anglo-canadienne et mondiale au nom de la force brute et culturelle (ou pour se conformer à l’époque, disons multiculturelle) que porte la loi du plus fort (12). Thèse dure à soutenir pour un défenseur de la cause du Québec ! À moins d’être adepte de la double pensé ? Pour les relations Israélo-palestinienne, disons que c’est la même chose en pire, car ils n’ont même pas la chance de se faire offrir l’assimilation étant donné qu’il y a partition. Partition évidemment asymétrique puisque séparée en deux et ghettoïsée. Un peu comme si nous avions déporté les autochtones dans des réserves sur l’île de Baffin, où ils ne pourraient ni sortir ni faire de commerce (13). Dans un cas équivalent, nous n’aurions évidemment pas à nous surprendre de voir les Amérindiens poser des bombes (la crise d’oka devrait lever tous doutes à cette théorie). En résumer, qu’un partisan du fédéralisme canadien (ou plus généralement du nouvel ordre mondial) se port défenseur d’Israël est une chose tout à fait cohérente avec la pensé de la loi du plus fort, mais pour un souverainiste… il y a évidemment double langage qui ne s’explique absolument pas par des raisons philosophiques. En fait, mon analyse sur ce papier serait plutôt que Mathieu Bock-Côté, en bon homme de droite, veut se faire le plaisir de défendre la loi du plus fort, mais étant donné qu’il est aussi un souverainiste, il force la chose en faisant passer les bourreaux pour les victimes. Le tout en attaquant le consensus de ceux qui jouent constamment le monopole de la vertu, soit les mondialistes adepte du multiculturalisme. C’est tordu, mais ça me semble cohérent.       

Pour conclure, si Mathieu Bock-Côté est un intellectuel brillant, il n’en demeure pas moins que l’influence du mouvement dit conservateur est suivie avec un peu trop de zèle. Le sionisme occidental de type « conflit de civilisation », n’a rien de bon à proposer aux souverainistes quoi qu’on en dise et serait plutôt à ranger parmi les ennemis, même si parfois conservateur et antigauchiste. Quoiqu’il soit très vrai qu’il y a des conservateurs qui sont souverainistes, ceux-ci ne doivent pas oublier que ce qu’un conservateur cherche à conserver n’est pas toujours la même chose, tout dépendant d’où il vient.

Vortigern Zifendel

P.-S. Si vous vous demandez pourquoi j’ai posté un texte de l’auteur ultérieur à celui que je critique dans cet article, sachez que la bouderie n’est pas dans mes habitudes.

(1) http://bock-cote.net/La-faute-a-Israel         

(2) Je ne parle évidemment pas de souverainisme israélien, mais de souverainisme français. 

(3) La guerre de 4e génération à l’Américaine notamment.  

(4) Je sous-entend par-là les colons, qui ont entrepris de conquérir parcelle par parcelle les territoires Palestiniens jusqu’à l’obtention du grand Israël, et du gouvernement qui est un grand partisan de la guerre préventive, de la démesure dans ses contre-attaques (voir l’histoire de la flottille), sans oublier son constant non respect du droit international.

(5) À ceux qui ont l’antisémitisme facile, je ne vois pas en quoi l’idée que la religion juive serait à l’origine d’une idéologie tout à fait en vogue dans les milieux d'élite serait une quelconque insulte.

(6) Voir la thèse de l’historien Israélien Shlomo Sand :

http://www.dailymotion.com/video/xdbkah_shlomo-sand-sur-les-vrais-descendan_webcam

(7) Ce qui a donné aux juifs un bien plus grand poids moral pour réclamer un terrain que par le passé.

(8) Cette souffrance extrême qui fit naître le radicalisme à base religieuse du Hamas et qui eut comme fâcheuse conséquence de remplacer le nationalisme laïc du Fatah, ce qui est parfait dans un cadre de diabolisation. 

(9) Sous prétexte qu’ils cacheraient des terroristes

(10) voir la guerre du Liban ou l’attaque de la flottille de Gaza pour s’en convaincre.

(11) Certains diront qu’il y a la justification de celui qui était là le premier (c’est ce que revendiquent les Israéliens), mais que cette affirmation soit vraie ou fausse, elle résultera nécessairement une purge de population par la force qui revient à la première option (loi du plus fort). Cette situation est une quasi constante dans les périodes de décolonisations.    

(12) Effectivement, il y a toujours l’option du radicalisme armé, mais n’oubliez pas qu’un terroriste n’a aucuns droits !  

(13) Quoique certains prétendent le contraire, il n’y a pas d’autres obstacles à la sortie de leur réserve autres que celle que leur impose leur propre volonté.  

 

jeudi, 25 novembre 2010

Les cafés tristes

la-solitude-des-personnes-agees.bmpC’est une vieille habitude prise au cégep dont je ne me suis jamais vraiment débarrassé : lire dans les cafés. Mais le paysage, d’une année à l’autre, est de plus en plus morose. Le café montréalais n’est plus un concentré de vitalité, mais trop souvent un refuge d’éclopés sociaux. On peut y observer à gros traits les ravages de l’hypermodernité.

J’y étais l’autre soir. Autour de moi, quelques habitués. Mais surtout, quelques hommes dans la cinquantaine. Un gros monsieur et deux chétifs. Les trois se regardaient mais la conversation ne venait pas. Quand la serveuse passait, ils risquaient un commentaire, une blague pas vraiment drôle, dans l’espoir d’un petit rire complice. À l’occasion, elle le leur accordait.

Le spectacle était mortifiant. Ces gens n’ont pas la solitude des solitaires, mais celle des abandonnés. Pourtant, il y a quelques décennies, ils auraient eu une famille. Peut-être pas la plus heureuse. Mais pas nécessairement un enfer non plus. Le soir, ils n’auraient pas cherché désespérément un peu de chaleur humaine dans un commerce anonyme.

Le monde a changé. Il a perdu en humanité.

Ces gens vieilliront probablement seuls, sans la complicité d’une compagne qui s’accommode de leurs défauts, sans l’amour réconfortant, même si trop souvent distant, de leurs enfants. À Noël, ils seront seuls dans un appartement loué que personne n’a visité depuis longtemps.

Dans les années 1970, on s’en est pris violemment aux institutions comme la famille ou l’école. On se les imaginait au service des puissants. On les accusait de brimer la liberté, de pousser au conformisme. Erreur funeste. Les institutions étaient d’abord là pour protéger les plus faibles, les gens ordinaires. Les privilégiés par la nature ou la société ont toujours les moyens de s’en tirer.

L’œuvre du romancier Michel Houellebecq est animée par cette intuition. D’un livre à l’autre, Houellebecq a diagnostiqué l’appauvrissement moral de notre existence. Son génie se trouve dans la cruelle exactitude du portrait de la souffrance propre à notre époque. Non pas celle de l’affamé. Mais celle de l’oublié, de l’humilié.

Le pire est qu’il n’y a aucune solution. Aucun programme social ou bureaucratique ne peut réparer nos institutions abîmées, ou restaurer les valeurs bafouées. Il faut seulement espérer qu’un jour, après avoir fait l’expérience du vide, nos sociétés redécouvrent lentement de vieilles valeurs, garante de la dignité des gens ordinaires. Celles qui permettent un bonheur modeste. Mais un bonheur quand même.

Mathieu Bock-Coté

mardi, 05 octobre 2010

La signification des Événements d’Octobre pour le mouvement ouvrier

663px-Bandera_FLQ.svg.png« Y’ont ben faite! » me murmure mon père sur le ton de la confidence, alors que nous sommes assis sous le majestueux érable de la cour arrière de la maison par un bel après-midi d’octobre 1970. J’en suis tombé en bas de ma chaise. Mon père qui commentait ainsi positivement la mort de Pierre Laporte! Mon père, le pacifiste, le soumis, qui appuyait le geste des felquistes!

Mon père que nous n’avions presque jamais entendu regimber contre quoi que ce soit. Même pas contre la Reckitt & Coleman où il travaillait depuis 32 ans comme « chauffeur de bowler ». Une job qui l’avait obligé pendant de longues années – depuis, en fait, que nous avions quitté le « bas de la ville » en 1953 pour déménager dans le War Time Housing en face de la Canadair à Ville Saint-Laurent – à se lever à quatre heures du matin pour attraper le premier tramway et être à l’usine, coin Amherst et Craig, assez tôt pour charger de charbon son « bowler » qui allait fournir la vapeur nécessaire au fonctionnement des outils de travail.

La Reckitt, cette compagnie britannique où les contremaîtres, tous anglophones, s’adressaient tout naturellement dans leur langue maternelle aux ouvrières et aux ouvriers, tous francophones. La Reckitt, où le vendredi matin, mon père lavait les « chars » des boss pour un modeste pourboire, comme dans le monologue d’Yvon Deschamps. La Reckitt, où le salaire était si ridiculement bas qu’il obligeait mon père à avoir un « side-line » – comme on disait à l’époque – bref, un autre boulot pour nourrir sa famille et permettre à ses quatre enfants de poursuivre leurs études. Dans la nuit du vendredi au samedi, il remplissait les tablettes chez Steinberg.

La Reckitt où, après trente ans de « loyaux services », mon père gagnait moins que ce que je touchais lors de mon premier véritable emploi d’été à dix-huit ans à la compagnie de Papier Rolland de St-Jérôme. La Reckitt, où mon père avait laissé sa santé, si bien qu’à 59 ans il était, en cette belle journée d’octobre 1970, en convalescence après un infarctus qui avait failli l’emporter.

Comment cet homme si doux, si calme, qui n’aimait pas les conflits, en était-il venu à approuver le geste des felquistes?

 

Dompté par la crise

Je me souviens que le dimanche après-midi, quand j’avais 7-8 ans, mon père m’amenait avec lui au travail. Nous prenions le tramway 17 – les p’tits chars comme on les appelait – jusqu’à Garland, puis l’autobus jusque dans le bas de la ville. Il m’avait fabriqué une petite voiture et je me promenais dans la machine shop et la chaufferie, en évitant soigneusement les tas de charbon, pour ne pas me salir, sinon ma mère ne m’aurait pas autorisé à y retourner.

Comme tout bon fils, j’admirais mon père. Je le regardais alimenter la fournaise à grands coups de pelle de charbon et je me disais qu’il était l’homme le plus important de l’usine. Sans sa présence le dimanche après-midi pour maintenir le feu, l’usine aurait été paralysée le lundi matin, faute de vapeur; travailleurs, contre-maîtres, employés de bureau, patrons en auraient été réduits à se tourner les pouces.

Mais plus tard, adolescent, sa docilité m’avait révolté. Pourquoi n’élevait-il pas la voix contre l’exploitation dont il était victime? Ma mère essayait de m’expliquer : « Ton père a connu la crise. Il ne mangeait pas toujours à sa faim. » Ça expliquait sans doute qu’il ait consacré le peu de temps libre qui lui restait à oeuvrer dans le chapitre de la Saint-Vincent-de-Paul de sa paroisse pour venir en aide « à ceux qui sont plus pauvres que nous », comme il disait. Parfois, ma mère s’insurgeait parce qu’il aidait des familles dont le père alcoolique dilapidait les maigres ressources familiales. Après être allé leur porter un panier de nourriture, mon père lui disait : « Il y avait des enfants. Ils avaient faim ». Le débat était clos.



La revanche des « nègres blancs »

Il y avait beaucoup de frustrations accumulées, de colère refoulée au sein de la classe ouvrière québécoise des années 1960 et 1970. Les plus jeunes générations l’ont exprimé par des manifestations, des grèves. Mais certains parmi les générations plus âgées, comme celle de mon père, la plupart du temps non syndiquées, qui avaient été domptées par la crise des années 1930 – ces « Nègres blancs d’Amérique » comme les a si justement nommés Pierre Vallières – l’ont fait par procuration, par FLQ interposé. C’était le cas de mon père, comme le révélait sa confidence de cet après-midi d’octobre 1970. Il avait eu en quelque sorte sa revanche. Quelques semaines plus tard, il était terrassé par un nouvel infarctus qui allait lui être fatal.

Quelques années plus tard, les « fils enragés » de la génération de mon père syndiquaient les travailleurs de la Reckitt et déclenchaient une grève pour la signature d’une première convention collective. Il faisait plaisir de voir sur la ligne de piquetage les travailleurs qui se défoulaient contre les patrons escortés par des agents de sécurité pour entrer dans l’usine.

Les ouvrières et les ouvriers de la Reckitt avaient retrouvé leur dignité. Tout comme les milliers de travailleuses et de travailleurs qui se sont syndiqués au cours de ces années, ont débrayé pour appuyer leurs revendications et sont descendus dans la rue pour manifester leur colère. Au palmarès de la combativité ouvrière, mesurée par le nombre de jours de grève perdus, la classe ouvrière québécoise disputait la première place au prolétariat italien. La page des « nègres blancs d’Amérique » était bel et bien tournée.

Cette expression de « nègres blancs d’Amérique » n’était pas une figure de style. En 1961, alors que les hommes Noirs américains avaient en moyenne 11 années d’école à leur actif, les Canadiens français en comptaient une de moins. Même chose pour le salaire moyen. Celui des Noirs américains représentant 54 % de celui des Blancs. Au Québec, le salaire des hommes québécois francophones unilingues atteignait à peine 52 % de celui des hommes anglophones, bilingues ou unilingues. Le parcours de mon père n’était donc pas exceptionnel.

 


La fusion du nationalisme révolutionnaire avec le mouvement ouvrier

Pierre Elliott Trudeau s’est vanté d’avoir terrassé le nationalisme révolutionnaire québécois. C’est faux. Au lendemain des Événements d’Octobre, celui-ci a fusionné avec le mouvement ouvrier comme la classe dirigeante a pu l’apprécier lors de la grève illégale du Front commun et le mouvement de grèves, d’occupations d’usines, de postes de radio et même de ville – comme ce fut le cas à Sept-Iles – qui a suivi l’emprisonnement des chefs syndicaux en 1972. On n’entendait plus « SOS FLQ » sur les lignes de piquetage. Le mouvement ouvrier s’était pris en mains.

Il est vrai que le nationalisme révolutionnaire a été dévoyé par la suite par l’action d’agents fédéralistes comme Claude Morin au sein du Parti Québécois et des organisations soi-disant « marxistes-léninistes » au sein du mouvement ouvrier. Mais c’est une autre histoire. (J’en ai décrit les péripéties dans L’autre histoire de l’indépendance, Éditions Trois-Pistoles, 2003)

Le plus grand mérite des felquistes de la cellule Chénier aura été de ne pas renier leur geste, de ne pas s’excuser, de ne pas plaider « l’erreur de jeunesse », peu importent les circonstances de la mort de Laporte. On aurait tant aimé qu’ils disent que c’était un accident. Et on n’a pas lésiné sur les moyens pour y parvenir.

Aujourd’hui, on cherche encore à minimiser la portée politique du geste des felquistes en les rabaissant au rang de simples kidnappeurs. Ce n’est pas nouveau. On a toujours cherché à minimiser les épisodes importants de notre histoire. L’élan révolutionnaire des Patriotes a été réduit à une simple « rébellion ». L’extraordinaire chambardement des années 1960 est présenté aujourd’hui comme la simple continuité de la Grande Noirceur duplessiste par les historiens révisionnistes, les mêmes qui ne voient pas de rupture non plus entre les Patriotes et les Réformistes de l’Acte d’Union. Drôle de conception de l’histoire qui ne tient pas compte des bonds en avant et des reculs.

Dans sa plaidoirie, lors de son premier procès, Paul Rose déclarait : « Vous pourriez peut-être penser que j’aurais des sentiments d’amertume ou des ressentiments quelconques – ah !!! Je vous dis sincèrement que j’en ai aucun. Les seuls sentiments que j’ai actuellement sont des sentiments de fierté, d’avoir mené une lutte, de mener une lutte et de continuer à mener une lutte qui, je sais, va mener à la victoire, à la libération du peuple du Québec. Je suis coupable d’être Québécois et j’en suis fier ».

C’était bien dit ! Mon père, je pense, aurait été d’accord avec lui.

lundi, 12 juillet 2010

Rebelles et coolitude au service du rien

autre+st-jean.jpgComme plusieurs de mes compatriotes de la région de Québec, malheureusement déporté en métropole pour des raisons professionnelles, j’aime annuellement me retrouver à Québec pour la traditionnelle fête de la Saint Jean-Batiste (le 23 au soir) pour les partys de rues et leurs ambiances plutôt libres et décontractées, héritées des débordements des années 90. Comme ceux et celles qui prirent leur départ après le boulot ont dû le constater, un embouteillage monstre et des plus frustrant nous ont obligés à faire du surplace presque 2hr, car celui-ci se terminant vers Saint-hyacinthe… que de grognes. Bref, loin de moi l’idée de me plaindre de ce désagréable effet de la concentration urbaine dont je suis aussi en partie responsable, je préférais m’arrêter sur une anodine nouvelle à la radio de Radio-Canada (histoire de rester informé de la circulation). La nouvelle était la présentation d’une « autre Saint-Jean » le 23 à Montréal au parc du Pélican, dans le quartier Rosemond. Une autre Saint-Jean ? Si je me fie au nom, qui ne va pas sans rappeler « l’autre journal » (1), on note déjà de potentiels reproches à l’égard de la première. Le doute c’est transformé assez vite en réalité avec les commentaires, toujours à la radio, de la très à la mode Ariane Moffatt, nous expliquant le côté sectaire de notre bien aimée première fête et de sa supposée condamnable exclusion desdits non-Québécois. La nouvelle, à première vue, ne ma guère surpris, considérant que Radio-Canada soutient par principe les activités promouvant le multiculturalisme, mais plus tard j’ai remarqué que ce n’était pas vraiment une fête pour les immigrés qui veulent fêter comme tout le monde (mais sans fêter le Québec) comme je le croyais, mais une fête de jeunes qui n’ont juste rien à foutre du Québec. Cette fête, ne me surprenant toujours pas énormément plus que ce que je croyais auparavant, m’a surtout étonné par sa popularité, car soulignant la montée de la dépolitisation et de l’individualisation. En sommes le détachement de la jeunesse envers la communauté nationale jadis si forte.

Quoi que ce soit le cas ailleurs (en France surtout) depuis les années soixante, notre bienveillante jeunesse québécoise ne s’était pas vraiment fait embrigader dans l’antinationisme (2) promue par la musique et les discours de jeune à la mode de ces années. Cet échec de l’antinationisme au Québec était très probablement dû à notre situation de peuple conquis qui rendait le nationalisme moins facilement attaquable par la bien-pensance et le rendait plus rebelle par essence, car ayant un fondement révolutionnaire, contrairement aux pays déjà existants (3). Malgré la grande résistance du nationalisme québécois, le temps fait toujours son œuvre et en cela les discours cosmopolites, même sous couvert d’un espèce de nationalisme civique, finissent par faire perdre le sens commun chez les jeunes. Non pas qu’ils ont plus d’adeptes qu’avant, mais bien parce qu’ils n’ont pas souvent beaucoup de sens et finissent par être agaçants pour notre jeunesse bien grasse à force d’être rabâchés comme de la bouillie depuis près de 40 ans. Donc, en plus de l’idéologie et des changements de populations (car eux aussi ont de l’effet), le discours du nous national fini par être attaqué par l’oedipe même d’une jeunesse constamment encouragée à rompre avec la génération précédente (4). En somme, nous remarquons avec cette autre Saint-Jean l’accomplissement d’une œuvre de longue date, mais par des moyens bien nouveaux, qui risque bien d’arracher la jeunesse à cet idéal, jugé sectaire, qui est l’émancipation d’un peuple et de sa culture par le biais d’une nation souveraine.

Pour ceux qui connaissent un peu les généralités de mon discours, comprendront que pour moi la rebellitude à la carte de la génération Y est une aliénation des plus déplorable (5), qui mène directement à la servitude la plus totale. Eh oui, quoi de plus parfait pour détruire l’élan révolutionnaire d’un peuple que de le convaincre que d’assumer sa singularité est de la discrimination et que le concept de liberté ne peut être incarné qu’individuellement. De cette façon plus personne ne peut légitimement croire en autre chose qu’en la recherche de son meilleur intérêt personnel, car autrement il y aurait forcément discrimination. Pour mieux me faire comprendre je prendrais l’exemple de notre bienveillante fête de la Saint Jean-Baptiste (histoire de rester dans le sujet). Si nous fêtons la fête des Québécois, c’est que nous et les autres (pourquoi pas) croyons qu’il pourrait exister des similitudes entre des gens qui partagent la même épopée historique et de ce fait en ont hérité une singularité. Ceci pourrait peut-être nous tenter de les mettre dans une catégorie distincte (afin d’officialiser leurs dénominateurs communs disons) ce qui amènerait ce groupe humain à se voir comme un peuple ayant une destinée commune (le prolongement de son histoire). Donc, si les facteurs sociaux, culturels et historiques sont favorables, nous pouvons probablement, et sans exagérer, comprendre pourquoi ce même groupe humain pourrait aimer fêter ce constat sans tomber dans quelques délires métapsychiques et génocidaires que ce soit. Quoique plusieurs discours tendent à le nier, le fait de ne pas être dans une catégorie en particulier ne signifie pas qu’il y ait exclusion, mais relève seulement de l’évidence que tous ne peuvent appartenir à toutes les catégories. Déjà le fait de ne pas être Québécois n’enlève aucunement le droit de fêter le fait que d’autres le soient, nul besoin de dire qu’il est aberrant de croire que de fêter quelque chose en particulier soit de la discrimination contre ceux qui ne sont pas fêtés ! Si c’est votre anniversaire, est-ce de la discrimination que ça ne soit pas aussi celui de tous les autres ? De plus, n’oublions pas que pour fêter, il faut fêter quelque chose en particulier, sinon nous ne fêtons rien. Donc, si la Saint Jean-Baptiste doit aussi être la fête des non québécois et même de ceux qui sont hostiles au Québec, pour ne pas discriminer personne, alors nous ne fêtons absolument rien. Je sais que ces notions sont d’une évidence à faire rire un enfant, mais je sais par expérience que même les évidences sont parfois bonnes à rappeler.

Malgré tout, biens des personnes nous dirons le contraire pour nous culpabiliser d’exister et au lieu de voir une identité majoritaire autour duquel nous pourrions nous rassembler (inclusion), elles ne verront qu’une manifestation sectaire de personnes ne voulant que se fêter sans volonté d’être tout à la fois (ou rien autrement dit). Mais ce discours là n’en est qu’un parmi d’autres, car si je me fie aux quelques noms d’artistes présents dans cet « autre Saint-Jean » nous remarquons que ce qui rassemblait à ce concert n’était pas la « non-discrimination », mais bien le « pas de Saint-Jean », comme je l’ai précédemment expliqué. Ce spectacle n’était peut-être qu’un évènement avec des musiciens voulant chanter soit en anglais ou parler d’autre chose que du Québec, comme il s’en fait tout les jours, mais ce qui le rend condamnable c’est qu’il soit en compétition avec la vrai Saint-Jean, ce qui en fait un évènement anti-Québec métapolitiquement parlant. J’exagère ? Bien, n’oubliez pas que tout ce qui nous divise sert ce gros amas, sans culture prémondialiste qu’est le Canada, alors s’il faut que le seul jour de fierté national soit partagé avec le fatras à la mode que nous subissons tous les jours, le message de la Saint-Jean qui est : « n’oubliez pas qui vous êtes », n’atteindra plus ceux auquel il est dû (les nouvelles générations). Avec l’augmentation continue de ce genre de laxisme, abordant perfidement le masque de la liberté, peut-être un jour prétendrons-nous à l’épanouissent suprême qu’est de devenir des Américains comme les autres… ou bien des humains comme les autres… et tant qu’à faire des mammifères comme les autres… et au point où on en est, pourquoi pas des amas de cellules comme les autres.

 

Vortigern Zifendel   

 

(1) L’autre journal est un journal de gauche syndical. Son nom fait référence à un journal différent en réaction à une presse conformiste. 

 

(2) L’antinationisme est un néologisme désignant non pas le fait d’être contre le nationalisme (antinationalisme), mais bien le fait d’être contre le fait national. Autrement dit, être contre le fait qu’il y ait des nations, mais sans être mondialiste.

 

(3) Tous savent très bien l’attirance qu’a la révolution au sens large sur la jeunesse.

 

(4) Rappelez-vous de l’inutile débat sur les générations de TVA, faisant indirectement l’éloge de la génération Y ouverte sur le monde, mais en même temps ultra individualiste, ce qui est très normal, car on sait très bien que quand on aime tout le monde nous n’aimons personne.

 

(5) http://frontalternationaliste.hautetfort.com/archive/2009/12/29/une-societe-de-libertinage-ou-d-esclavage%E3%80%80.html

mardi, 09 mars 2010

Le retour du grand boubou et celui de la question nationale

bouchard.jpgDepuis la sortie de Lucien Bouchard sur la désormais non-pertinence du projet souverainiste, nous avons eu l'occasion d'entendre les très prévisibles condamnations (ou insultes) provenant du camp nationaliste et des, tout aussi prévisible, propos amusés de la part de nos opportunistes fédéralistes. À entendre les analystes sérieux sur cette affaire, rien de tout ça ne devrait surprendre quand on connaît bien le personnage, d'ailleurs ses multiples sorties tendent à prouver cette affirmation. Souvenons-nous des propos qu'il a tenu sur la fameuse phrase de Jacques Parizeau, en la qualifiant de dérapage xénophobe... plutôt étrange pour soi-disant lucide? Ou encore la plus récente qualification de nouvelle « niche du radicalisme » en parlant du PQ. Cette affirmation fait plutôt sourire sachant que le seul extrémisme qu'il y a au PQ est d'être extrêmement mou et au centre. Mais bref, ces propos s'expliquent facilement, car le personnage est aux antipodes de ce que l'on pourrait appeler un « identitaire » ou un « communautarien », alors son ralliement aux forces nationalistes ne pouvait être que circonstanciel. Et qui plus est, l'homme n'a jamais eu un profil des plus éclatants, car étant d'abord un traître à son premier parti et qui (rappelons-le) s'appelait le « parti progressiste-conservateur » ce qui n'est pas juste un oxymore, mais une arnaque intellectuelle totale, mais là n'est pas la question.  

Mais bon, disons que le personnage à tout pour décevoir le souverainiste identitaire et qu'il faut bien analyser le conservatisme du grand boubou pour bien le comprendre, car celui-ci n'a que très peu à voir avec celui d'un Mathieu Bock-côté au sens qu'il n'est que néolibéral. En somme, un droitard qui aime le fric, la privatisation, le sociétal et la finance et qui déteste les valeurs traditionnelles, le peuple (en tant qu'entité en tout cas) et le social ou bien tout simplement quelqu'un qui mérite le titre de progressiste-conservateur. Bref, Lucien Bouchard est bien le frère de Gérard et ne mérite pas l'attention qu'on lui donne. Malgré cette approche plutôt négative, sa remise en cause du projet souverainiste ne devrait pas être rejetée de revers de la main, mais analysée plus profondément, car elle peut nous en apprendre sur l'évolution de notre société et l'échec du souverainisme tel qu'il a existé depuis les années soixante.  

Notre société postculturel


Ce qui différentie essentiellement notre société d'hier de c'elle d'aujourd'hui, c'est bien la question identitaire, car l'homogénéité d'hier faisait que ce type de question ne se posait absolument pas. C'est pourquoi l'indépendance allait de soit avec la liberté et l'émancipation des gens, car ceux-ci s'identifiant d'abord comme québécois. Donc construire un État québécois revenait à prendre le contrôle de son destin et pouvait ainsi mettre fin aux éternelles batailles de constitution, qui ont d'ailleurs le mérite de démontrer la non-existence d'un potentiel peuple canadien, car toujours imposée non démocratiquement(1). Maintenant, la question de se libérer en tant que peuple est prise à partie avec la focalisation (pour ne pas dire obsession) sur les minorités ethnicoreligieuses depuis la mise en place du multiculturalisme canadien et ensuite québécois. Toute une société est maintenant aliénée de ses leviers d'actions parce que ne voulant pas être suspecté de sectarisme(2). On peut dire sans exagérer, que l'obsession de ne pas brusquer les immigrants, la peur d'être taxé d'extrémisme par nos fédéraleux (ils n'attendent que ça) et de racisme par les ligues de vertus, annihile toute chance d'avoir une quelconque liberté d'action politique. Si le projet souverainiste avait un sens dans les années 60-70 c'est bien parce que nous formions un peuple distinct et c'est pour cela que nous voulions avoir un pays à nous, pas juste pour des questions de péréquation.

S'il est vrai que notre sentiment national a été profondément forgé par les tentatives d'assimilation au néant qu'est l'Amérique du nord britannique, la non-assimilation des immigrants au Québec est par contre la base même de notre situation postculturelle. C'est bien là que l'on voit notre faiblesse en tant que peuple ouvert d'esprits, car la culture(3) a été notre arme de résistance principale face à l'assimilation canadienne, et ceci, depuis le tout début. En instaurant le multiculturalisme(4) dans nos pseudos valeurs québécoises, nous nous sommes condamnés au suicide en tant que peuple, car détruisant notre singularité en nous nous standardisant au diapason de l'occident multiculturel. Alors inutile de dire que la question de l'indépendance perd de sa pertinence si nous sommes comme partout allieurs (et de ce fait comme les canadiens anglais). Pourquoi ajouter des frontières, si l'on a comme objectif de les mettre à bas pour s'ouvrir au merveilleux monde du marché apatride sans couleur ni spécificités, où tous les hommes parlent, consomment et pense de la même façon? Alors, si ce qui est moderne c'est l'individualisme cosmopolite, le progressisme fait mauvaise figure et de ce fait le qualificatif de réactionnaire pourrait devenir une belle qualité dans ce monde en pleine mutation si nous pouvions ravaler cette mauvaise conscience imposée qui ne nous a jamais appartenu. 

La nouvelle question nationale

Au vu de cette évolution de la société, nous nous trouvons en fait derrière le point zéro et donc nous ne devons pas recommencer au début, mais bien avant le début. Notre acquis national, n'étant plus un acquis, la question d'un référendum ou de quelconques projets d'indépendances à court terme ne peut être que de l'ordre du fantasme si nous ne renouvelons pas avec notre esprit de communauté forgé par notre singularité culturo-historique. À moins de croire que l'on peut convaincre plus de 50% des gens avec des arguments d'intérêt personnel (ce auquel je doute fortement). Et même si l'on faisait l'indépendance de cette façon, notre nation ne serait que fictive, car nous nous fonderions dans le mondialisme à l'Américaine aussitôt celle-ci faites.

Le message que j'essaie de faire passer dans ce texte, c'est qu'il nous faut cesser de croire que la seule séparation d'avec le Canada nous apportera l'indépendance, car le monde à changé (et du même coup le nôtre) et le problème de l'indépendance est maintenant global. Le mondialisme néolibéral, qui attaque tous les peuples de l'intérieur et détruit au final toutes nations, ne peut être ainsi balayé du revers de la main pour des questions d'empressements et de facilités. En fait, ce que je veux dire c'est que la révolution aujourd'hui est d'abord identitaire avant d'être national (au sens institutionnel), car une nation sans identité n'est qu'une coquille vide et, de ce fait, sans intérêt, pouvoir et indépendance. Alors, sans oublier l'objectif final qu'est l'indépendance nationale, au lieu de faire du surplace et s'embourber comme nous le faisons depuis trop longtemps avec des moyens désuets, réfléchissons à notre place en tant que peuple sur Terre pour pouvoir penser en nation plus qu'en province.   

Vortigern Zifendel

  1. C’est le problème fondamental du fédéralisme multinational, qui ne peut instaurer de base commune que par la voie de la technocratie libérale, les peuples ayant des volontés généralement distinctes dues à leurs singularités historiques.
  2. Diviser pour mieux régner est un beau proverbe pour les despotes, mais dans le cas d’une société démocratique l’unification est la seule façon d’avancer, alors la singularité identitaire devient le seul creuset possible pouvant transcender les divisions idéologiques et les divergences d'intérêts.
  3. La religion étant inclues dans le terme de culture.
  4. Ici je définis le multiculturalisme comme la vision d’un peuple sans culture commune. En fait, c’est l’exacte définition moins le baratin.

jeudi, 11 février 2010

Quand le pluralisme tue la pluralité

Lancé hier soir, le Manifeste pour un Québec pluraliste s’inscrit dans une logique de réaction à la réappropriation du débat identitaire par les Québécois. Un peu comme pour le Manifeste pour un Québec lucide, qui avait vu le jour pour s’opposer à la montée des idées plus à gauche au sein de la société, cette énième promulgation du flambeau lumineux de LA vérité cherche à manipuler le débat afin de faire la promotion, sans l’afficher clairement, du multiculturalisme à la canadienne, ce fléau qui relègue les peuples fondateurs au rang d’ethnies parmi d’autres.pluralisme.jpg

En fait, un tel manifeste, contrairement à ce que son nom évoque, constitue plutôt un véritable appel à l’anti-pluralité, à la disparition des spécificités humaines. Malgré les entourloupes et les appels à une soi-disant troisième voie, une idée centrale demeure dans le texte: les immigrants ne devraient pas finir par s’intégrer complètement à la société d’accueil; nous ne pouvons exiger, à terme, une assimilation complète. Concrètement, si on appliquait un tel concept à l’échelle humaine, ce serait la disparition éventuelle de la diversité, des différences si enrichissantes entre les peuples. À partir du moment où les immigrants ne s’intègrent pas et conservent leur culture d’origine, on obtient une sorte de magma transnational déraciné, déconnecté des passions et de l’identité de ses voisins. Cette world-culture d’une homogénéisation des peuples et des coutumes est déjà en train de s’opérer un peu partout et de réduire la diversité humaine au rang de folklore proposé par quelques « nationalistes conservateurs » d’un autre temps.

Or, la véritable pluralité, l’ouverture à la diversité humaine, c’est précisément la survie de ce qui constitue notre plus grande richesse: nos différences COLLECTIVES. Individuellement, nous ne sommes qu’os et poussières et notre mort ne sera que la fin d’une aventure bien personnelle. Cette diversité-là ne vaut, somme toute, pas grand chose à l’échelle humaine. La vraie diversité, celle qui mérite d’être choyée et protégée, est celle qui se perpétue dans le temps, qui se projette dans le futur. Ce sont les rites, les coutumes, les langues, les façons différentes de voir le monde qui existent dans chaque pays, au sein de chaque peuple. En refusant l’assimilation des nouveaux arrivants à leur société d’accueil, c’est de cet héritage qu’on se prive. Sous prétexte d’ouverture individuelle à autrui, on se coupe de la véritable ouverture humaine, celle de la valorisation de la diversité des identités collectives.

Le multiculturalisme – puisque c’est bien ce dont il est question ici – part du principe que la culture du nouvel arrivant n’est pas inférieure à celle de sa société d’accueil et que, de cette façon, le nouvel arrivant n’aurait pas à s’intégrer parfaitement à celle-ci. D’un point de vue global, il est vrai qu’aucune culture n’est inférieure ou supérieure à une autre, mais dans une perspective de la protection des identités nationales, la culture de la société d’accueil doit être perçue comme la seule véritablement valable, à terme. Cela ne signifie pas qu’il faudrait se promener dans les rues pour demander aux immigrants de porter leurs ceintures fléchées et de chanter la Bolduc; simplement, le véritable but, afin d’assurer la survie de l’identité du peuple et de participer à la diversité humaine, est l’assimilation. D’ici une, deux, trois ou dix générations, peut-être, mais l’assimilation tout de même.

Cette assimilation ne représente pas une violence qu’on fait au nouvel arrivant. Sa culture d’origine n’est pas complètement disparue. Elle a transcendé sa société d’accueil, c’est-à-dire que la société d’accueil a accepté ou rejeté dans ses traditions les apports culturels de l’immigrant. En clair: l’immigrant et sa descendance deviennent Québécois, et rejettent peu à peu, de génération en génération, leurs anciennes racines, mais celles-ci n’ont pas véritablement disparu; elles ont servi à enrichir la culture québécoise d’éléments nouveaux, adaptés à la spécificité québécoise, et qui améliorent notre peuple et contribuent à enrichir la diversité humaine.

Ainsi, quand un Daniel Weinstock, co-initiateur du projet de manifeste et bien connu, entre autres, pour son opposition aux projets de charte de la citoyenneté québécoise incluant un test de français, tel que proposé par Pauline Marois dans un de ses rares moments de lucidité1, parle de la soi-disant vision d’ouverture et de tolérance contenue dans son manifeste – par opposition à la fermeture des autres, évidemment – il oublie de mentionner le véritable coût de celle-ci, à long terme. Et ce coût, quoi qu’en disent les apôtres du multiculturalisme, est une réduction de la pluralité à l’échelle mondiale et une homogénéisation des peuples et des cultures, prélude à un monde ayant perdu sa saveur et ses couleurs.

Weinstock, qui a déjà affirmé que lorsque « Montréal comptera un aussi haut pourcentage d’immigrants que Toronto, ces questions [du multiculturalisme et de la laïcité] ne se poseront plus avec autant d’acuité », nous démontre la véritable finalité de son manifeste, soit la création d’un « nouveau peuple, en misant sur les mouvements migratoires pour transformer les Québécois francophones en une communauté parmi d’autres », comme l’explique avec justesse Mathieu Bock-Côté.

Et lorsque nous serions tous multiculturels, pluriels, diversifiés, multiples, que resterait-il de nous? Et même, de quel « nous » pourrions-nous parler? Si le « nous » québécois ressemblait aux autres « nous », n’ayant plus de culture unique, plus de langue unique, plus de saveur ou de couleur uniques, pourquoi parlerait-on seulement d’un « nous »?

Il ne resterait que des individus désolidarisés, incapables de se comprendre, vivant au mieux dans un chaos de valeurs et de conceptions différentes, au pire dans un magma fangeux d’une world-culture ayant tué la diversité, pullulant à la surface d’un riche terreau d’où leurs racines ont été coupées et qui, de la peine d’avoir renié tout lien filial avec un passé rassembleur, s’accrocheraient à n’importe quelle mamelle de substitution leur promettant un peu de sens dans un monde ayant perdu tout parfum.

Ce n’est pas en construisant des digues toujours plus hautes qu’on arrivera à contrôler la pulsion identitaire collective, mais plutôt en laissant libre cours à cette formidable énergie créatrice, porteuse de fraternité dans une ville mondialisée où chaque peuple possède sa propre maison et y applique démocratiquement ses propres lois.

Pour le bien de tous.

Louis Préfontaine

mardi, 09 février 2010

Cosmopolite, antinational et totalitaire

Quarante ans que le postmodernisme ambiant n'a de cesse que de nous désapprendre encore et encore cette leçon pourtant essentielle : cette leçon qui veut que ce soit dans les forces vives de l'identité collective que trouve à se cristalliser le noyau d'opposition le plus dense à toute forme d'extrémisme barbare. Le matracage médiatique rend cette thèse chaque jour moins évidente, mais elle l'est : l'Homme trouve dans l'enracinement le rempart le plus solide qui soit à ses fanatismes intrinsèques et latents. L'homme qui est déjà ne peut par définition vouloir se transcender vers quelque surhumanité mythifiée et exclusiviste, qui tout en glorifiant les uns, assassine les autres. La vénération de la Race, la divinisation du Marché, l'idôlatrie du Parti nous menacent : lassons-nous de nous-même, et notre sommeil leur fournira l'occasion de s'emparer de nos âmes affaiblies. Les potentialités les plus sauvages que l'on sait inscrites dans le for intérieur de tout un chacun n'ont de force égale que la résistance d'une identité enracinée.

Seulement, ça, ce propos que vous tenez avec moi, c'est paradoxalement ce pour quoi le Système n'hésitera pas à vous envoyer ses chiens de garde antifascistes, à coups de « front républicain », et autre fausse résistance à la vraie résistance. Que les anathèmes tiennent lieu d'arguments chez nos adversaires ne nous donnent aucun droit de faire de même. Ne fuyons pas l'absurde parce qu'il est absurde, frottons-nous à lui pour cette même raison. Analysons leur outrage : « nazis ! ». A y bien regarder, c'est une philosophie borgne (volontairement ?) que celle qui place le paradigme identitaire aux racines du Troisième Reich, sans aucune forme de nuance. Borgne, la philosophie qui, constatant la passion identitaire de ce totalitarisme exterminateur, lui prétend trouver une alternative dans la perte de toute substance. Et pour cause : si l'Allemagne des années 1930 n'avait pas été ce cadavre vidé de ses organes économiques par la crise de 29 et humilié jusque dans son squelette politique et historique par le diktat de Versailles et l'impuissance de la République de Weimar, jamais, elle n'aurait accueilli en elle le cour pourri de l'hitlérisme. Le dire, ça n'est pas, je crois, laisser son imagination supposer la marche de l'histoire à son gré partisan. L'Allemagne de Kant, Goethe et Wagner n'eût-elle pas été coupée de ses racines civilisationnelles par le poignard de l'histoire, le projet nazi aurait limité son empire au seul esprit d'Hitler.

L'homme moderne se compare à un flacon qui, vide, sans identité, est un abri inespéré pour le poison totalitaire. La vaste entreprise de désontologisation de l'individu opérée sous les coups conjugués du déconstructionnisme derridien, du gauchisme internationaliste, de l'extrême droite ultra-libérale néoconservatrice et de la nouvelle antiphilosophie béhachélienne, cette entreprise-là n'a donc pas pour corollaire une espèce de vide identitaire baigné de part en part dans un républicanisme abstrait, mais trouve dans l'aliénation (nazie ou ultralibérale) son stade suprême, l'étape ultime de son développement. Désubstantialiser l'homme implique un vide que les pires ensauvagements s'empressent alors de combler. D'un moi solide, bardé d'une identité forte, on passe alors à un moi érodé, à la merci de toutes les manipulations, et partant, de toutes les monstruosités idéologiques. Ceci n'empêche pourtant pas le système médiatique de soumettre chaque jour un peu plus les esprits à l'idée que le destin de l'Homme occidental n'aurait d'autre horizon qu'une monolithique humanité sans qualités. Quand réalisera-t-il que cette dépersonnalisation est la première étape du totalitarisme ?

[...] Il apparaît, à l'aune des explications susdonnées, que l'enracinement, loin de constituer un obstacle au souverain bien, demeure en réalité ce qui, parmi toutes les configurations existentielles, se fait de mieux pour l'accomplir. [...] Qui défend l'identité ne pose pas les jalons d'un renouveau fasciste. On sait trop bien par quelles affres les années 1930 se sont laissés submerger, pour ne pas perdre de vue l'idéal légitime du « plus jamais ça ». Seulement, pour que « plus jamais ça », il faut connaître du « ça » les conditions effectives, ne pas en prendre les obstacles pour les fondations, ni en prendre les fondations pour les obstacles.

Source : www.voxnr.com

vendredi, 08 janvier 2010

Mais pour qui se prennent-ils ?

minarets.1260282804.jpgJe sais bien que le sujet n'est plus vraiment d'actualité, mais vacances obligent, j'ai à me rattraper sur certains sujets qui ont encore le potentiel de valoir un petit coup de gueule. Hey oui ! Ces fameux minarets qui, j'en suis sur, étaient encore une chose inconnue pour une grande majorité de gens avant ce fameux vote, ont fait la joie des antidémocrates de gauche comme de droite, car votés par référendum. Bien sûr, cette votation n'est pas fondamentale sur le fond, en plus d'être une manoeuvre évidemment politicienne, mais au moins a-t-elle toujours le mérite de faire sortir le chat du chapeau chez les chantres de la tolé-rance toujours plus démocrate que les référendums eux-mêmes. Que d'inepties avons-nous entendu le lendemain de ce vote évidemment non démocratique : « Les xénophobes majoritaires », « le vote de la haine » ou mieux encore, le fameux argument sur la tyrannie de la majorité (sic). Ces curés des temps modernes, tout en pleurant sur la misère des pauvres musulmans ne pouvant plus construire de châteaux à la gloire d'Allah sur nos terres, nous servent un autre « plus jamais ça ! », histoire de toujours se référer au classique et de faire savoir que la moralité n'est pas celle de la majorité, mais bien la leur (démocrate authentique oblige).   

Mais bon, que dire du droit au minaret excepté que ce n'est que du colonialisme arabe déguisé en droit de culte ? Hey oui, il semble que l'appel à la grande messe arabe ne soit pas nécessaire au culte en plus de ne pas être très laïc (se faire crier la prière dans la rue n'est pas très privé). Mais alors, pourquoi se répandre en larme avec cette pseudo lois anti-droit-de-l'hommiste? À part le fait de vouloir être colonisé par la culture arabe (ce qui n'est évidemment pas le cas), cela peut sembler assez étrange venant de cosmopolites élites vomissant plus qu'autrement les moeurs musulmanes (comme toutes autres d'ailleurs). Mais quand on prend un peu de recule et que l'on réfléchit de manière plus pragmatique qu'idéologique la réponse devient plus claire et explique les ambivalentes positions de ces mêmes élites asymétriquement laïques. La culture n'étant pour eux réduite à l'art froid et prétentieux des styles thrashs, postmodernes et métissés (du n'importe quoi, original que par le mixte), l'art traditionnel se voit donc renvoyé au banc d'ethnocentrisme si ce n'est pas de xénophobe, car s'appuyant sur le passé. Ce type d'art (culture) est, vous l'avez compris, à l'antipode des arts oedipiens contemporains, qui n'existent que par le biais de la destruction du passé et du métissage du présent. Mais qu'elle est le rapport entre l'art et les minarets ? Bien, il me semble que si la culture et l'art s'incarnent bien quelque part, c'est bien dans l'architecture. Et là nous voyons clairement que c'est par une incarnation esthétique de leur idéologie que les chantres de la tolérance se battront pour les minarets ici et probablement se battraient pour des cathédrales à Istanbul s'ils en avaient l'occasion. En fait, c'est à grand coup d'immeubles néomoderne et de contrastes culturels qu'ils veulent construire notre futur. Finalement, la protection des droits leur est d'un bien grand secours pour encourager les musulmans au prosélytisme culturel, car façonnant de cette façon le métissage visuel de nos sociétés. L'idée n'est en aucuns points de protéger les droits des gens à conserver leur culture (les immigrants), car ce droit est celui même (des autochtones) qui est remis en cause depuis le vote suisse.

Évidemment, après avoir rappelé ces petits détails, le relativisme culturel devrait faire son entrée. À celui-ci je dirai tout simplement que pour que l'art devienne culture, il doit d'abord se concentrer, s'homgéniser, pour pouvoir exceller et qu'ensuite il puisse perdurer pour finalement s'incarner en culture. L'art d'un seul homme, aussi nombreux est-il, ne peut être considéré comme « La culture » du peuple, car « La culture » est (à l'instar de la philosophie et de la science) une continuité qui s'appuie sur le bon du passé pour pouvoir s'incarner en futur. Cette continuité est cher au peuple, car émanant et appartenant à un peu tout le monde et devient ainsi un coagulant social qui nous permet d'accéder à une solidarité nationale réellement naturelle. Alors, il est plutôt normal que ceux-ci veuillent la protéger, particulièrement quand il en a l'occasion par l'entremise d'un vote référendaire.

Je ne ferai pas de longs discours sur l'art et la culture dans ce petit édito, car cela m'amènerait beaucoup trop loin de l'essentiel : la nouvellement classique remise en cause de la démocratie. Sérieusement, pour qui se prennent-ils pour juger de la morale des gens !? Sont-ils tellement moraux que leurs voix devraient valoir plus que celle des autres, eux qui nous font constamment le même reproche quand on essai de protéger notre culture ? Est-ce qu'ils auraient oublié que le principe primordial de la démocratie est qu'elle n'est pas morale, mais juste (1) ? Mais bref, il semble que la vraie démocratie devienne de plus en plus du populisme aux yeux de la haute classe qui croient voir venir la fin de l'Histoire. Mais vous savez, la fin de l'Histoire n'est certes pas près d'arriver, car il y aura toujours des tyrans à combattre, des tyrans qui voudront asservir et dominer la masse à leur vision du monde, car leur dogmatisme idéologique les auront amenés à perdent toute notion de justice et donc, de moralité.

Vortigern Zifendel  

1- Je sais bien que je suis plus du genre proner que le bien précède le juste, mais comme je crois au bon sens des gens, le juste nous amène généralement au bien par l'entremise d'un vote juste.

 

mercredi, 02 décembre 2009

La métamorphose de la question nationale

128425.jpgLe récent colloque du Parti québécois sur les questions liées à l'identité québécoise a été bien accueilli par sa base militante. Il confirme le sérieux du tournant identitaire enclenché à l'automne 2007 et la sortie de la longue décennie post-référendaire qui avait vu les souverainistes se convertir au multiculturalisme en dissociant de plus en plus la cause de l'indépendance de celle de l'identité québécoise.

Plusieurs analystes ont expliqué un tel virage par des considérations strictement stratégiques. Ces dernières ne sont pas absentes. Le souverainisme sans nationalisme a correspondu au long déclin d'une option vidée de sa pertinence et placée sous le respirateur artificiel d'un argumentaire technicien, basculant entre le registre comptable et celui du «projet de société progressiste».

Mais la raison stratégique n'explique pas tout et ce virage correspond à une mutation en profondeur de la question nationale, qui passe lentement de la question constitutionnelle à la question identitaire.

Très longtemps, la question nationale s'est déclinée sur le registre constitutionnel. Il s'agissait d'institutionnaliser le dualisme du Canada historique et depuis 1982, de réparer une constitution fondée sur la négation explicite du Québec comme État national. Avec l'échec des réparations constitutionnelles des années 90 et la loi C-20 quelques années plus tard, nous avons assisté à la consolidation d'un nouvel ordre constitutionnel tirant définitivement un trait sur la réforme du fédéralisme selon la vision québécoise du Canada. Sans surprise, les griefs historiques des Québécois se sont attiédis en s'habituant au nouvel ordre des choses canadien. Si on peut se désoler d'un tel état d'esprit, on ne peut le nier.

Cela ne veut pas dire que la question nationale se dissolve pour autant. Avec la diffusion partout en Occident du multiculturalisme, on peut dire qu'elle se métamorphose. Si les discussions sur l'identité nationale traversent toutes les sociétés, c'est parce que le multiculturalisme diffuse un virus idéologique, celui de la haine de soi, qui affecte de manière particulièrement virulente les couches supérieures de la population. Depuis une quinzaine d'années, nous avons assisté au retournement des élites dominantes contre l'identité nationale qui ont mené contre elle une guerre idéologique de tous les instants. Le programme était partout le même: remplacement de l'identité nationale par les chartes de droits, inversion du devoir d'intégration, dénationalisation de l'enseignement de l'histoire, disqualification des symboles nationaux et censure du malaise identitaire.

C'est avec la crise des accommodements raisonnables que le Québec a découvert à sa manière les problèmes du multiculturalisme mondialisé. De la question constitutionnelle à la question identitaire, la question nationale regagne sa pertinence dans la société québécoise. Cela ne veut pas dire que la constitution canadienne ne pèse plus sur le Québec, comme le jugement sur la loi 104 nous l'a rappelé, mais tout simplement que la dynamique idéologique du nationalisme est moins porteuse d'un désir de réaffirmation du Québec au sein du Canada que de la majorité francophone dans le Québec même. Il n'est plus seulement demandé aux nationalistes de se tenir fermement devant Ottawa, mais de défendre l'identité québécoise contre une idéologie qui travaille à sa dislocation. Le malaise identitaire des Québécois est moins généré par le Canada fédéral qui les indiffère que par leurs propres élites gagnées au multiculturalisme qui les exaspèrent.

Pour les nationalistes, il reste à passer de la rhétorique identitaire à un programme centré sur le démantèlement du multiculturalisme québécois. Mais on ne peut sérieusement combattre le multiculturalisme sans lutter contre les élites qui l'ont transformé en religion d'État. Il reste ainsi au Parti québécois à assumer la nécessaire polarisation idéologique de l'électorat pour passer d'une stratégie de conquête illusoire d'un centre mou à celle d'une majorité nationaliste qui lui donnera l'élan pour mener les grandes réformes nécessaires à l'affirmation décomplexée de l'identité québécoise.

Si les souverainistes parviennent à marquer un contraste fort entre le Canada multiculturel et un Québec enfin sorti d'un tel modèle, il n'est pas impensable que l'indépendance sorte du cul-de-sac où elle est enfoncée.

Mathieu Bock-Côté

jeudi, 01 octobre 2009

Quand les médias nous disent que le ciel est vert

Towers_911.jpg

Depuis quelque temps déjà, je suis souvent estomaqué par la violence qu’ont les médias français[1] envers ceux qui doutent de la version officielle du 11 septembre. Évidemment, ce sujet pourrait être épineux pour les Américains (et ça se comprendrait déjà mieux), mais depuis peu les médias français en font beaucoup plus que nos voisins du sud et attaquent systématiquement, et avec toute la mauvaise fois dont ils sont capable, les gens qui doutent de la version officielle et qui ne sont, soit dit en passant, pas tous si détestables que ça (Jean-Marie Bigard entre autres). J'ai particulièrement été surpris d'entendre traiter ceux qui doutent de la version officielle de négationnisme ! Des nazies en gros !? Encore une preuve qu’on peut maintenant traiter n’importe qui de nazie… Mais heureusement, les personnes qui questionnent le 11 septembre et ceux qui questionnent la shoah n'ont pas toujours les mêmes objectifs et d’ailleurs le seul fait de questionner l'histoire officielle (en règle général) n'est en aucuns cas une preuve de machiavélisme, sinon la science n'aurait pas autant avancé depuis la bible.

 

Mais bref, je n'ai aucunes envies dans ce petit texte de jouer à l'érudit du 11 septembre, mais je dois quand même soulever un point qui me semble particulièrement criant quand des journaleux à la con accusent de « conspirationisme » les gens comme vous et moi dans le but de nous diaboliser. Si c'est absurde de dire que le 11 septembre aurait pu être orchestré de par l'intérieur du pays, malgré tous les avantages que cela a pu apporter à certains et que l'on oublie que les Américains sont (juste comme ça) les grands champions des complots dans le monde, alors pourquoi parle-t-on d’un complot d'Al-Qaida ? Vous savez, ce groupe de petits bons hommes dans les montagnes avec des fusils kalachnikov et un peu de dynamite. Vous savez, ces gens qui se font botter le cul par tout le monde, qui élèvent des chèvres et n’ont rien à manger ? Même si certains sont peut-être très intelligents, sont-ils capables de passer outre toutes les sécurités américaines (le supposé pays le plus fort du monde) et assez cons pour croire que cela leur apportera autre chose que l'annihilation totale ? Non sérieux, on nage en pleine fiction. Comment peut-on en être rendu là ? Se faire traiter de complotiste et de négationniste, uniquement parce que l'on questionne un complot officiel incohérent, revient au délire total. Cette situation ne peut à terme qu’alimenter la suspicion du peuple.

 

Même si je n'ai pas d'expertises, ni une grande connaissance des donnés concernant le 11 septembre, je sais très bien (par simple bon sens) qu’il y a là anguille sous roches et on ne viendra surtout pas me traiter de débile parce que je ne crois pas que les p'tits Afghans des montagnes sont capables d'organiser des complots aussi monumentaux que celui du 11 septembre et de les réussir avec autant de perfections. Si je me trompe, alors je veux bien me faire terroriste et peut-être vais-je pouvoir botter le cul aux Ricains, moi-même et cela juste avec mon coupe-ongles et un turban !!!     

 

Vortigern Zifendel



[1] Au Québec, personne ne s’en offusque outre mesure

 


Bigard chez Paul Amar sur le 11 Septembre
envoyé par JeanMarieBigard. - Regardez plus de vidéos comiques.

 

jeudi, 23 avril 2009

Pas facile d'être anti-raciste à l'ONU...

"Le clash est inévitable" nous assène Michel Danthe dans Le Matin Dimanche du 19 avril. Quel clash ? "Ceux qui doutent encore que la planète ne soit confrontée à ce que le politologue américain Samuel Huntington a appelé le choc des civilisations verront à l’œuvre ce qu’il signifie". Quel est diable cet événement cataclysmique que le journaliste nous annonce avec un ton si menaçant ? La troisième guerre mondiale ? Les invasions barbares ? Non, tout simplement Durban II, la conférence internationale de l’ONU contre le racisme… Déroutant, non ? 

A feuilleter Le Matin Dimanche, d’ailleurs, on se rend assez vite compte qu’il n’est pas le seul de cet avis et que la glorieuse lutte anti-raciste, d’habitude considérée très favorablement par les médias, semble être passée de mode pour quelques jours, en tout cas le temps que l’ONU lève la séance et que chacun rentre chez soi. Etrange tout de même : pour une fois que quelque chose se passe de concret au niveau international pour engager la lutte contre le racisme, nous devrions plutôt avoir envie d’applaudir, non ? Et bien non, répètent les maîtres à penser matino-dominicaux. Non, parce que cette conférence, qui se tient actuellement à Genève, accueille, entre autres chefs d’Etat, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et que celui-ci, en plus d’avoir le mauvais goût d’être bronzé et musulman (ce qui n’est plus très à la mode chez les anti-racistes institutionnels), a exprimé quelques réserves sur la délicatesse des autorités israéliennes en matière, justement, de droits de l’homme et de discrimination ethnique. Face à un tel outrage, nous sommes bien d’accord, la tolérance a tout de même ses limites… 
 
C’est ce qui fait dire, dans le même journal, à Bernard Henri-Lévy, rhéteur de salon dépoitraillé et bien connu, que "la présence même de cet homme dans une enceinte supposée évoquer la question des droits de l’homme est une provocation insensée". Que faire, ô maître ? demande alors le journaliste, accroché aux lèvres éloquentes de l’immortel plumitif. La réponse ne se fait pas attendre : "[Il faudrait] en interdire l’accès [à la Commission des Droits de l’homme de l’ONU] à des pays notoirement dictatoriaux, criminels ou génocidaires." J’ai bien sûr d’abord cru qu’il parlait d’Israël – ce qui m’a un peu étonné de sa part – car la définition y correspondait assez bien mais en fait, non, il voulait parler de l’Iran. L’éternelle histoire de la paille et de la poutre. Toujours dans le même numéro (à croire qu’ils se sont donnés le mot), Pascal Décaillet, qui est tout de même un peu plus rigolo que BHL (lequel doit avoir en moyenne autant d’humour qu’un édito de Philippe Val), choisit le registre de l’ironie pour dénoncer ses petits camarades qui n’ont pas eu l’heur de faire preuve de la même vigilance républicaine que lui : "[Ahmadinejad] est un chef d’Etat, il doit être accueilli comme tel, c’est du moins ce que répètent à l’envi mes chers confrères pour qui la volonté, clairement affichée, de détruire l’Etat d’Israël, n’apparaît pas comme motif de bouderie sur la sublime solitude d’un tarmac". Quels vilains confrères il a, ce M. Décaillet ! 
 
Comme tout ça ne suffisait pas encore, on en rajoute quelques couches. Hans-Rudolf Merz était-il obligé de manger avec le président iranien lors de son arrivée à Genève ? Notre conseiller fédéral devra s’expliquer de ce manque de tact devant la communauté internationale, vocifère-t-on dans la presse. Et Micheline Calmy-Rey suivra-t-elle, comme le demandent ses maîtres, le vertueux exemple des Etats-Unis qui se sont retirés de la conférence au dernier moment ? Dans ses actualités du lundi matin, la Radio suisse-romande appelle à la barre le président de la section genevoise de la LICRA, haute instance morale s’il en est, qui nous dit en gros que lutter contre le racisme c’est bien, mais de là à serrer la main à un Iranien, c’est tout de même un peu trop demander… J’espère que Doudou Diène a bien pris note de tout ça, histoire qu’il puisse nous rappeler à l’occasion que bien des progrès doivent encore être faits en Suisse pour lutter contre les discriminations ethniques… 
 
Rappelons toutefois un ou deux petits détails à ces messieurs : 
1)      Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que les Iraniens, tout bronzés qu’ils soient, entrent également dans la définition communément admise de l’humanité. Il va falloir faire avec.
2)      Contrairement à ce qui a été répété à l’envi dans tous les médias, le président Ahmadinejad n’a jamais appelé à rayer Israël de la carte ; une brève recherche sur internet vous permettra de voir que ses paroles ont été tronquées pour les besoins d’une certaine propagande.
3)      Plusieurs pays occidentaux reprochaient à juste titre à certains pays musulmans de vouloir faire adopter par cette conférence contre le racisme l’interdiction de se moquer des religions ; cette requête ayant été abandonnée par ceux qui la proposaient, il n’y a plus aucune raison de les ostraciser de la réunion.
4)      Il est de notoriété publique que Tsahal et le gouvernement israélien se sont rendus et se rendent toujours coupables de crimes de guerre et de crimes racistes ; la dénonciation de ces crimes a sa place toute désignée dans cette conférence de Durban II.
5)      Si on exclut tous les "mal-pensants" de cette réunion, on risque de se retrouver juste entre Occidentaux blancs et ça ne ferait pas très joli sur la photo pour une conférence internationale contre le racisme… 
 
Voilà, c’est tout.  
David L’Epée - Unité Populaire
 

lundi, 30 mars 2009

TA RACE !?

Tout le monde, je crois, a entendu parler du dernier scandale d’Eric Zemmour, ce vilain monsieur s’étant permis de faire remarquer, lors d’une émission sur les bienfaits du métissage, que les races existaient, ajoutant même pour preuve à son interlocutrice, qui s’offusquait, qu’il était blanc et qu’elle était noire !

Aussitôt, tollé général des journalistes et des politiques, castes complémentaires réputées pour leur courage, leur indépendance et leur profondeur de vue…
Pour ne pas leur faire l’honneur de les citer tous, deux sommets :

Pour les Noirs : Patrick Lozès, président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires, c’est dit dans l’intitulé) s’indignant qu’on ose le définir par la couleur de sa peau ! Et ce après s’être réjouit, comme Rama Yade, de l’élection d’un Noir à la présidence des USA sans du tout se soucier de son programme politique et social…

Comme quoi la schizophrénie au moins n’a pas de couleur !

Pour les Blancs : M. Wievorka, directeur d’études à l’EHESS, directeur du CADIS et président de l’Association internationale de sociologie (excusez du peu), demandant que Zemmour, pour ce blasphème - et pour tout argument - soit sanctionné et que la justice soit saisie ! (Rappelons au passage que la dite “incitation à la haine raciale” sera bientôt passible de peines de un à trois ans de prison dans toute l’Union européenne…).

Ce climat absurde, ou des Noirs qui se revendiquent comme tels - avant toute détermination sociale - se scandalisent qu’on ose les prendre pour ce qu’ils disent être eux-mêmes ! démontre à quel point Zemmour a raison :
• après le racialisme délirant des années trente de funeste mémoire (et dont les grands champions - tant sur le plan théorique que pratique, furent d’abord, rappelons-le, les Américains…), nous voilà en plein dans l’antiracisme délirant.

Pour tenter d’élever le débat, je vais oser récapituler pour vous les trois phases successives de l’antiracisme :

Un. Les races inférieures n’existent pas.

Discours d’élite des années trente devenu majoritaire après 1945 et les souffrances que l’on sait, ce qui tombait bien en pleine période de décolonisation – comme quoi la science a souvent à voir avec l’histoire et l’idéologie… D’où le succès de Claude Levi-Strauss nous démontrant, par l’anthropologie structuraliste, que la pensée primitive n’existe pas, contrairement à ce qu’affirmaient aussi péremptoirement ses prédécesseurs - eux aussi de gauche - Durkheim et Lévy-Bruhl…

Partant de cette affirmation-démonstration que les races inférieures n’existent pas, on passe ensuite à la phase deux : les races tout court n’existent pas !

Nouveau discours dominant des années 60/70, avec comme nouvelle justification théorique l’argument beaucoup plus court du “c’est plus compliqué que ça”. Soit, sous prétexte que le vocable de “race” est trop flou et qu’on devrait parler plutôt “d’entités ethno-culturelles”, le saut à la disparition pure et simple des races. Argument un peu léger puisque selon cette approche - dite de la complexité - il n’existe plus, dès lors, ni couleurs ni notes de musique (eh oui, entre deux couleurs ou deux notes, comme entre deux races, il n’y a pas non plus de frontières absolues mais une progression du jaune au orange, de l’orange au rouge… des demi-tons, des quart-de-tons, des septième-de-tons même dans la musique indienne… )

Affirmation idéologique de l’inexistence des races, pour raison de limites et de bornes (vieux marronnier philosophique) qui poussent ensuite lesdits “antiracistes” – le niveau continuant à descendre – à confondre race et espèce… Et du coup à entendre, quand Zemmour dit à une jeune femme noire qu’ils ne sont pas de la même race, qu’ils ne sont pas de la même espèce, comme s’il parlait de chiens et de chats, pire, d’hommes et de singes, alors qu’il ne faisait qu’évoquer le basset et le chiwawa…

(Petit rappel pour les incultes : dans le monde animal, il y a des races différentes, mais reproductibles entre elles : les Noirs et les Blancs, les bassets et les chiwawas… et les espèces, non reproductibles entre elles comme les hommes et les singes, les chiens et les chats… Les Noirs et les Blancs, s’ils ne sont pas de la même race, sont donc bien de la même espèce, l’espèce humaine – que les anti-espècistes se rassurent – puisque leur accouplement produit des métis, l’équivalent du bâtard chez le chien.

Qu’il n’y ait pas de races inférieures (ou plutôt que cette question soit si complexe qu’il ne soit pas possible de rien affirmer péremptoirement) n’empêche pas qu’il y a des races différentes. Méconnaissance et confusion actuelle qui nous conduit tout droit à la troisième et actuelle phase de l’antiracisme, celle qui mène à l’assomption de Patrick Lozès et Rama Yade, et qui dit en substance :
les races n’existant pas, il nous faut donc promouvoir les Noirs (qui n’existent pas) et pousser à tout prix les Noirs et les Blancs (qui n’existent pas non plus) à se métisser !

Ajoutons, pour ne pas conclure sur cette déconfiture totale de la pensée, que cette volonté à tout prix de voir disparaître les différences de la surface de la terre - cette haine de la différence en somme – est sans doute la définition la plus rigoureuse que l’on peut aujourd’hui proposer du racisme !

Liberté pour l’Histoire… mon cul !

Pour changer en apparence de sujet, intéressons-nous ensuite aux conclusions de l’association “Liberté pour l’Histoire” pilotée par Pierre Nora. Un collectif d’intellectuels et d’historiens censés libérer le droit de recherche historique des débilitantes “lois mémorielles”…

Alors qu’on s’acheminait, en toute logique, vers une conclusion prônant l’abrogation de toutes ces lois mémorielles à tiroirs qui ont conduit, comme l’antiracisme institutionnel, au blocage complet de la possibilité de penser (sans oublier la criminalisation sans limites de toutes les majorités historiques…), Monsieur Nora, à la suite d’une argumentation parfaitement jésuitique, nous apprenait qu’il était, quant à lui, pour l’abrogation de toutes les loi mémorielles… à l’exception de la loi Gayssot. Soit de celle qui constitue pourtant la jurisprudence et la matrice de toutes les autres, passées et futures !

Loi Gayssot qui, je le rappelle, institue pour la première fois en régime démocratique et laïque, une vérité historique établie une fois pour toute par un tribunal militaire et dont l’orthodoxie est désormais confiée aux tribunaux !

Immédiatement Madame Taubira - bénéficiaire de la jurisprudence Gayssot au titre de la loi mémorielle sur l’esclavage, institué à son tour “crime contre l’humanité” (en attendant la colonisation, la civilisation…) — demandait poliment au communautaire Nora s’il se foutait de sa gueule ?!… Et la courageuse association de conclure, à l’unisson de son président, que les lois mémorielles étant effectivement mauvaises, il faut se dépêcher de ne pas y toucher et de s’opposer en revanche à toutes celles à venir !

Une position moralement indéfendable - et sans doute légalement intenable - qui, aux dernières nouvelles, déplairait fortement aux Arméniens !

Alain Soral

vendredi, 27 mars 2009

Quand l’antifascisme arrive à son crépuscule

De nos jours, on entend de plus en plus parler de cas d'ex-gauchiste se ralliant aux mouvements nationalistes, développant ainsi une aile dite socialiste nationale. Malgré le fait que ces gens proviennent de diverses tendances de la gauche, ils semblent toujours quitter leurs groupes antifascistes et internationalistes pour les mêmes raisons : la pertinence du combat. Pourtant, si l'on en croit la littérature de ces cocus, le fascisme est en pleine essor et tout ces groupes nationalistes (même revendiqués de gauche) ne serait que d'ignoble ramassis d'ordures nazies* à l’image du NSDAP* et cela sans distinctions ni nuances sur le fond. À en croire les textes de ces organisations, (comme REFLEXes, pour ne citer que celui-là) on croirait que l'extrême droite est une maladie et que le nationalisme en est le symptôme. Par exemple, un communiste ou un socialiste qui aimerait son pays deviendrait, pour ces gens-là, automatiquement un national-bolchevique, un rouge-brun… en somme, une ignoble ordure nazie. Et leurs thèses sont toujours bien garnies de liens pour expliquer cette pathologie, car si on étudie avec soin toutes les relations du patient, on finit généralement par trouver un autre malade qui lui, l'a attrapé d'un autre et ainsi de suite. En regardant leurs thèses, on croirait vraiment qu’ils vivent en plein « Night of the living dead » où lorsque quelqu'un est mordu par un zombie (même si c'est un mec bien), ce quelqu'un devient un autre zombie qu'il faut absolument exterminer, car ce qu’il dit est forcément une basse manipulation dans le but de perpétuer son espèce. En fait, pour eux c'est simple, si t’es d'extrême droite, tu n’est plus un homme, mais un monstre à exterminer. Et, bien sûr, c'est eux qui font le diagnostique et celui-ci est sans appel*.

Ceci étant dit, je voudrais revenir sur la manifestation de soutien aux palestiniens du 24 janvier 2009 à Paris, qui vous le savez peut-être, a eu son lot de casse en ses rangs. Pour faire simple, certaines organisations dites nationalistes (et vous voyez le concept déjà) ont décidé de participer à cette manif qui fut organisée par des groupes communautaires et d'extrêmes gauches (CNT, notamment). Voyant ce groupe de contaminés voulant parader avec eux, ils ne pouvaient que réagir, et cela, quoiqu’il arrive. Donc, avec l'aide des forces de l'ordre et de miliciens sionistes* bien entraînés à bastonner des gens pour leurs opinions, ces officiers de la santé publique ont pu nettoyer le terrain à coup de barre de fer et les flics, à coup de panier à salade. Finalement, après cette belle aventure, flics, miliciens et anarchistes ont pu festoyer gentiment ensemble sur ce travail de lavage bien fait.

Évidemment, je vous invite à ne pas prendre mes propos au pied de la lettre, car il s'agit bien d'un des plus grands actes d'aliénation qu'ait réalisé l'extrême gauche depuis bien longtemps. Car si on réfléchit un peu et que l'on oublie nos préjugés (antinationaux notamment), on ne voit que des groupes anti-impérialistes et nationalistes être solidaires avec la Palestine et s'ajouter à ceux de la gauche classique. Cette manifestation était le moment parfait pour faire front ensemble dans une cause commune et oublier (ne serait-ce qu'un instant) les divergences politiques. Mais il semble que les antifascistes avaient trop peur de cette maladie contagieuse qu'est l'extrême droite et dont eux seuls ont le droit de diagnostiquer.

Bon, maintenant parlons un peu des principes de bases qui régissent le bon sens. Inutile de vous dire que pour les antifascistes, la lutte des classes et le combat social, c'est bien moins important que de combattre le nationalisme (car avouons-le, il n'y a plus de fasciste, donc il faut en inventer !!!). Cela devient encore plus évident quand nous les voyons s'unir avec des flics (leur supposé ennemie no.1) et un groupuscule raciste comme le betar pour bastonner des Arabes du centre Zahra (porteurs de la maladie par association) et des nationalistes (et je n'exclus pas les femmes dans cette agression, car ces révolutionnaires sont égalitaires même dans la baston) venus soutenir une cause humaniste. Vous pourrez juger ces évènements par vous-même avec cette vidéo ci-dessous qui montre explicitement les actions expliquées plus haut, mais il faut comprendre que le radicalisme déraisonnable de certains groupes arrive généralement en phase de déclin et qu'il est parfaitement compréhensible et même souhaitable que plusieurs quittent des associations basées sur le combat de quelque chose qui n'existe plus… le fascisme. Et tout particulièrement quand ceux-ci font des actes aussi insensés et surtout avec un partenariat des plus dégoûtants.

Vortigern

 

 

  • Pour les groupes antifascistes, devenir un nazi est facile. Vous n’avez qu’à aimer votre pays, et cela, peu importe le reste de vos opinions.
  • NSDAP : (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), Parti national-socialiste des travailleurs allemands ou bien vrai nazi.
  • Les groupes se considérant d’extrême droite sont très rares, mais quand un antifasciste dit que vous être un nazi, vous êtes considéré comme tel pour toujours même s’il ne s’agit que de calomnies (et c’est généralement le cas à 99,9% du temps). Vous pouvez ensuite servir de référence pour accuser quelqu’un d’autre (un ami, un parent, etc.) dans le cadre du crime par association. Je dois insister sur le fait que les médias et les politiciens utilisent fortement ces conclusions. Cela expliquerait peut être pourquoi REFLEXes est en partie financé par la CIA.
  • Cette milice sioniste s’appelle le BETAR et est reconnu comme terroriste dans plusieurs pays dont Israël. Ces gentils enfants de cœur considèrent les juifs comme le peuple élu (le politiquement correct de race supérieur) et ne tolère aucune critique d’Israël même lorsque ceux-ci massacrent des gens.