mercredi, 11 avril 2012

Comprendre l’Empire et y survivre


Soral / San Giorgio : comprendre l'Empire et y... par ERTV
Soral / San Giorgio : comprendre l'Empire et y... par ERTV
Soral / San Giorgio : comprendre l'Empire et y... par ERTV

 


mercredi, 29 février 2012

Cuba : modèle de résistance ou résistance d'un modèle ?

Conférence de Viktor Dedaj, journaliste et propriétaire du site de ré-information "Le Grand Soir".
Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu'indispensable. L'exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs.
Sur le même sujet, nous vous conseillons également cet entretien de Viktor Dedaj sur la Radio Vraiment Libre.

mercredi, 25 janvier 2012

Le Socialisme originel - Conférence de J.C. Michéa

michea.jpgConférence de plus de 2h de Jean-Claude Michéa sur le socialisme le 9 décembre dernier à Montpellier.

Première partie
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Seconde partie
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Troisième partie
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dimanche, 08 janvier 2012

L’empire du moindre mal

Compte-rendu de la réunion du MAUSS du 16 février 2008 avec J.-C. Michéa autour de son ouvrage L’empire du moindre mal, 2007. Une note de lecture est disponible ici. Comme pour les fois précédentes, si nous nous sommes efforcés de rendre compte des idées des intervenants, nous ne prétendons pas les avoir restituées avec exactitude.

Alain Caillé commence en remerciant pour son honnêteté intellectuelle J.-C. Michéa qui, dans ses ouvrages, sait reconnaître avec constance ses dettes à l’égard du MAUSS (et de bien d’autres) et ce malgré des réserves qu’il lui est arrivé d’émettre dans des courriers privés, par exemple sur L’enseignement de l’ignorance, si suggestif mais où A. Caillé (on est prof ou on ne l’est pas) aurait aimé plus de références savantes, ou sur Impasse Adam Smith qui selon lui faisait trop l’impasse sur La Théorie des sentiments moraux. Peu de gens acceptent les critiques, même amicales. La qualité humaine de Michéa ressort assez du fait qu’il a su ne pas s’en formaliser. Du coup A. Caillé se réjouit encore plus que Michéa ait enfin accepté de renoncer à ses parties de foot ou aux plages de Montpellier pour venir à une réunion du MAUSS. Puis, pour lancer son invité, le Directeur de La Revue du MAUSS évoque un article paru le matin même dans Libération intitulé « ces intellectuels qui rejettent la démocratie » [2]. Manifestement, le rejet de la démocratie est « tendance ». Nous voilà donc avec J.-C. Michéa en compagnie d’un auteur qui n’est pas tendance !

Trajectoire.

D’abord, J.C. Michéa évoque les débuts de son histoire avec le MAUSS, qui commence vers 1986 dans une librairie anarchiste de Montpellier où il tombe par hasard sur l’un des premiers numéros du bulletin trimestriel du MAUSS, attiré par un débat entre Serge Latouche et l’ex-situationniste Jean-Pierre Voyer. Il rappelle avec nostalgie la facture artisanale de ces premiers bulletins souvent « brochés à l’envers », ce qui obligeait le lecteur à quelques contorsions. Confirmations dans la salle… c’était une belle époque ! Puis il poursuit : « Il m’a fallu des années pour mesurer le sens et l’ampleur réels des enjeux philosophiques liés au paradigme du don ». A l’instar du jeune Sartre lisant pour la première fois l’ Idéologie allemande et Le Capital, dit-il, la lecture du Bulletin du MAUSS l’avait certes immédiatement fasciné mais sans pour autant modifier en profondeur ses convictions de l’époque. Puis, a succédé une phase assez longue (au moins « huit ans ») au cours de laquelle il éprouvait le sentiment croissant que ces textes contenaient les prémisses d’une révolution philosophique majeure, mais sans toutefois être encore capable d’en tirer toutes les conséquences.

Pour J.-C. Michéa, cette difficulté à comprendre le paradigme du don tient d’abord à son héritage marxiste. Marx, ou plutôt la vulgate marxiste, place l’histoire sous le double signe de la nécessité et du primat de l’économie : c’est bien cette dernière qui vient déterminer en dernière instance l’histoire de l’humanité. Or à partir du moment où le capitalisme est pensé comme une étape logique et inévitable du développement historique on est conduit à lui conférer une certaine naturalité. J.-C. Michéa souligne qu’on peut retrouver aujourd’hui les dogmes essentiels de cette vulgate dans l’œuvre de Toni Négri. Bref, ce que le marxisme ne permet pas de penser sérieusement c’est à la fois la contingence de l’Histoire et l’importance décisive des facteurs symboliques, rejetés du côté des effets « superstructuraux ». Or le paradigme du don ne peut justement être compris en profondeur que si l’on réintroduit ces deux dimensions philosophiques. Paraphrasant Jean-Jacques Rousseau, J.-C. Michéa dit qu’il en est ainsi venu progressivement à penser l’apparition du capitalisme comme le produit d’« un concours fortuit de causes étrangères », une exception civilisationnelle plutôt qu’un moment « historiquement nécessaire » de l’aventure occidentale.

Le projet de l’Empire du moindre mal, précise J.-C. Michéa, consiste donc à réintroduire cette contingence dans l’histoire de la modernité. Certes, le projet capitaliste n’aurait pu être formé sans le développement spectaculaire des rapports marchands à la fin du moyen-âge européen. Mais, comme l’a bien montré Jean Baechler, on retrouve en d’autres lieux et en d’autres temps un essor similaire des activités marchandes (L’Irak des Abassides, la Chine des Song, la Rome impériale) sans que cet essor ait jamais conduit au système capitaliste et à une révolution industrielle. C’est donc bien qu’aussi importantes que puissent être les considérations économiques et matérielles dans cette histoire, elles ne peuvent pas être déterminantes à elles seules. Pour autant J.-C. Michéa n’entend pas proposer une nouvelle explication monocausale de la naissance du capitalisme. Le rôle qu’il attribue aux guerres civiles idéologiques (les « guerres de religion ») dans l’émergence de la modernité est plutôt celui, dit-il, d’un phénomène catalyseur ou encore d’un élément surdéterminant. On peut même, selon lui, les comparer à un « traumatisme originel », au sens freudien du terme.

Sur la notion de Guerre civile idéologique.

Elle constitue, selon la formule de Pascal, « le plus grand des maux » rappelle J.-C. Michéa, parfaitement illustré sur ce point par Caran d’Ache dans son célèbre dessin du 19ème siècle, "un dîner en famille". Il fait également remarquer que la volonté de neutraliser les effets « démoralisants à tous les sens du terme » de ce type de conflit a toujours conduit, dans l’histoire, à imaginer des procédures exceptionnelles : par exemple, après le conflit entre partisans de la démocratie et partisans de l’oligarchie, au lendemain de la guerre du Péloponnèse, les Athéniens ont opté pour une stratégie de refoulement. C’est ainsi que le fameux décret de 403, rapporte Michéa, stipule qu’il sera désormais interdit, sous peine de mort, d’évoquer les évènements de cette guerre civile, autrement dit de parler de ce qui a divisé les Athéniens. C’est par une autre sorte de refoulement que les modernes ont entrepris de conjurer les divisions propres à la guerre civile de religion. Mais il s’agissait moins, cette fois, d’interdire entièrement les paroles de divisions (morales, philosophiques ou religieuses) que de résoudre le problème en plaçant les nouvelles bases de la vie politique commune sous l’autorité « impartiale » de discours à prétention scientifique, tel que le modèle venait alors d’en être donné par la révolution galiléenne. « Le problème n°1 » de la modernité est donc bien pour J.-C. Michéa celui de la pacification idéologique de la société, pacification qui va s’effectuer selon lui en deux moments successifs que l’on peut simplifier ainsi : un moment humaniste au XVIème siècle, puis un moment « politique » au XVIIème.

J.-C. Michéa nous signale qu’il a lu trop tard pour pouvoir l’intégrer dans son essai le remarquable ouvrage d’Olivier Christin sur La paix de religion, dans lequel celui-ci montre que pour mettre fin aux guerres civiles idéologiques, la méthode adoptée a d’abord été celle des « colloques » (comme par exemple ceux de Ratisbonne, de Worms ou de Poissy) organisés selon les principes de la disputatio médiévale et réunissant des théologiens et des Humanistes soucieux de trouver un accord philosophique fondé sur des valeurs intellectuelles, religieuses et morales communes. Cette première méthode s’est soldée par un échec.

Dans une seconde étape les théologiens et les Humanistes ont progressivement cédé la place aux « Politiques » (dont la figure emblématique est Michel de L’Hospital) et aux « juristes » (d’où la célèbre maxime de l’époque : « Bon juriste, mauvais catholique ») qui rejetaient le projet initial de s’accorder sur des valeurs philosophiques communes au profit de l’idée « réaliste » qu’on ne pouvait résoudre le problème politique qu’en se soumettant aux seules exigences de la « raison d’Etat » et de l’équilibre des forces. L’idée s’installe alors peu à peu que l’unique manière d’empêcher le retour des guerres civiles idéologiques est de s’en remettre à un Etat axiologiquement neutre, c’est-à-dire un Etat qui annule toute référence à des valeurs morales, religieuses ou philosophiques et qui ne tienne par conséquent qu’un discours d’ « expert ».

Critique de la modernité et du libéralisme.

Conjurer les guerres civiles idéologiques par un pouvoir axiologiquement neutre et fondé sur l’idéal de la science : tel est le projet de la modernité et donc du libéralisme, même si toute la modernité n’est pas libérale. Anticipant une critique qui lui est parfois faite, J.-C. Michéa précise que les modernes ont bien évidemment conçu d’autres solutions que le libéralisme pour conjurer la guerre civile idéologique. Ainsi celle de Hobbes qui propose de neutraliser les rivalités mimétiques par l’institution d’un pouvoir absolu. Certes cet Etat tout-puissant est axiologiquement neutre (c’est ce qui rapproche Hobbes des libéraux). Mais on est cependant loin du libéralisme véritable dans la mesure où Hobbes ne fonde jamais la possibilité de la paix civile sur le libre jeu de mécanismes impersonnels et « autorégulateurs ». Le Leviathan est, en un sens, le prix politique à payer pour l’absence d’une théorie libérale du Droit et du Marché autorégulé : dans l’univers hobbesien il y a bien des marchands dont l’intérêt doit être pris en compte mais le Marché n’y joue jamais le rôle philosophique que lui assignera le libéralisme.

Du côté du libéralisme, J.-C. Michéa distingue deux courants : le libéralisme économique et le libéralisme politique. Contrairement aux apparences, le libéralisme économique constitue d’abord une philosophie politique. Il s’agit bien, à travers la théorie du « doux commerce », de résoudre le problème de la pacification idéologique de la société en déléguant sa gestion concrète aux mécanismes impersonnels du marché « autorégulé ». Cette idée d’un pilotage essentiellement économique de la vie en commun exige moins la disparition complète de la morale, que sa pure et simple privatisation. Il suffit en effet, pour que la commercial society puisse fonctionner de manière harmonieuse, que la morale arbitraire des hommes ne vienne jamais perturber le libre jeu des mécanismes « naturels » du marché. Quant au libéralisme politique il s’organise autour de l’idée du droit de chacun à vivre comme il l’entend, sous la protection d’un Droit axiologiquement neutre uniquement chargé de veiller à ce que la liberté des uns ne nuise pas à celle des autres. Ainsi perçues, les deux formes du libéralisme sont à la fois parallèles et complémentaires. Cependant, pour J.-C. Michéa, « le libéralisme politique est toujours, tôt ou tard, contraint d’accepter les appuis que lui offre le libéralisme économique », et cela parce qu’aucune société humaine ne peut se passer d’un langage commun minimal. Cela signifie que si l’Etat libéral entend renoncer par principe à définir ce qu’est la « vie bonne », c’est le marché (et à travers lui l’imaginaire de la croissance et de la consommation) qui se chargera de facto de définir la manière concrète dont les hommes devront vivre. Non que la réciproque soit entièrement vraie, précise d’ailleurs Michéa : il évoque ainsi un entretien de F. Hayek réalisé en 1981 à Santiago du Chili où le pape du libéralisme, chantre de l’ordre marchand spontané, admet l’idée d’une dictature libérale provisoire (nous avons retrouvé cet entretien et le reproduisons en Annexe. SD). Bien sûr, pour J.-C. Michéa, le projet libéral de construire un monde commun reposant sur un pouvoir axiologiquement neutre, et dans lequel la morale et la philosophie ne pourraient au mieux exister que comme activités privées, est voué à l’échec.

Que faire ?

Puis, anticipant toujours les critiques qui peuvent lui être faites, J.-C. Michéa en vient à poser la question des alternatives politiques qui se présentent à nous dès lors que le choix du libéralisme apparaît inopérant. Pour lui, une « société décente », au sens orwellien du mot, suppose évidemment que les hommes puissent s’accorder sur une définition minimale de ce qu’est la « vie bonne » (et ni l’intérêt bien compris ni le « discours sans sujet » de la science ne peuvent par définition offrir les bases d’un tel accord). Mais cette philosophie minimale commune ne doit pas non plus être une « idéologie métaphysique du Bien » ou exiger, selon le modèle républicain originel, une vertu héroïque et spartiate, toujours susceptible de conduire à une politique de Terreur. D’où l’intérêt de la théorie orwellienne de la common decency, laquelle est du reste indissociable d’une théorie du common sense (pour Orwell, la perte du sens commun - dont le délire idéologique est une variante bien connue - est toujours fondée sur une absence de sens moral). C’est également en ce sens que J.-C. Michéa peut revendiquer un certain anarchisme. Non pas celui qui clame qu’il ne faut pas de pouvoir institué ou d’Etat, mais cet anarchisme défendu par Orwell, qui considère, comme dans Animal Farm, que les révolutions les plus égalitaires finiront toujours par être perverties si l’on ne neutralise pas la volonté de puissance, consciente ou inconsciente, qui anime toujours un certain nombre d’individus, quel que soit le type de société. J.-C. Michéa signale ainsi que même le mouvement pour la décroissance, dont il partage les principes, n’apparaît pas toujours à l’abri des conflits d’ego et de pouvoir (dont le signe le plus caractéristique est généralement le goût prononcé de quelques uns de ses leaders pour les exclusions, la violence verbale et la mauvaise foi polémique) alors même que ces militants devraient théoriquement se comporter d’une manière particulièrement exemplaire dans la mesure où la philosophie de la décroissance exige par définition un changement radical de nos manières quotidiennes de vivre et un degré supérieur de droiture et de désintéressement. Il est vrai, ajoute-t-il, qu’en tant que montpelliérain, soumis depuis trente ans à la folie néronienne d’un Georges Frêche et de ses courtisans, il est particulièrement bien placé pour comprendre l’intérêt pratique de la critique orwellienne de la volonté de puissance.

Enfin, histoire peut-être d’inviter son auditoire à la vigilance démocratique, l’auteur de L’empire du moindre mal évoque la question du pouvoir chez Saint François d’Assise. Ce dernier est parfois présenté comme un précurseur de l’anarchisme. Et de fait il y a dans les règles initiales de l’ordre franciscain un véritable souci égalitaire et une volonté remarquable d’éradiquer toute domination de type patriarcal. Comment expliquer alors le sentiment d’étouffement qu’ont souvent éprouvé ses premiers disciples, et le fait que Saint François finissait toujours par imposer ses vues à ses compagnons, tout en respectant apparemment à la lettre les règles égalitaires de l’ordre ? J.-C. Michéa note que, dans sa correspondance avec ses plus proches disciples, Saint François répète très souvent qu’il intervient auprès d’eux sicut mater, c’est-à-dire « en tant que mère » et « pour leur bien ». Si l’on sait que la volonté de puissance de la mère castratrice est toujours inconsciente d’elle-même (à la différence du pouvoir de type patriarcal toujours plus facile à identifier et à combattre) on aura sans doute là, constate Michéa, de quoi éclairer les mésaventures répétitives de bien des organisations militantes aux idées officiellement généreuses.

« Je viens me ressourcer au sein du berceau originel du mouvement », termine J.-C. Michéa, dans l’espoir, peut-être, de conjurer la guerre civile qui s’annonce avec ses discutants MAUSSiens… On verra que sur le mode de la parole donnée, reçue et rendue, on ne s’en sort pas trop mal ….

lundi, 12 décembre 2011

Serge Ayoub en Conférence à Montréal

Serge Ayoub était l'invité de 3e voie qc afin d'exposer le projet solidarisme ainsi que la révolution sociale qu'elle implique.


Serge Ayoub en Conférence à Montréal 1/2 par front_alternationaliste


Serge Ayoub en Conférence à Montréal 2/2 par front_alternationaliste

mercredi, 21 septembre 2011

Demain l'apocalypse? - Conférence de Michel Drac

gal_6278.jpgUn rapide tour d’horizon, pour ouvrir le débat. Aucune technique financière : nous allons résumer la situation sans entrer dans les détails. On pourra le faire dans les questions, si vous le souhaitez.

La crise actuelle n’est pas une simple crise d’ajustement. Ce n’est pas une crise comme celle de la fin des années 50, comme celle des années 70, comme celle de 1993. Selon les points de vue, on peut la regarder comme un effondrement civilisationnel, un coup d’Etat ou une crise du sens.

Effondrement civilisationnel, j’ai presque envie de dire religieux, parce que ce qui implose, c’est une religion, une religion qui servait de soubassement à une civilisation : la religion du Progrès. Cette religion annonçait que l’humanité fabriquerait elle-même le Millenium, le millénaire d’or, par la technoscience et le développement quantitatif indéfini.

Coup d’Etat, parce que les « élites » de cette civilisation défunte vont tenter de sauver leur rêve, jadis fait pour toute l’humanité, en le restreignant en gros à elles seules, et, disons, à une minorité qui leur sera associée – ceux qu’un Jacques Attali appelle les hypernomades.

Crise du sens, enfin, si l’on remonte aux interprétations les plus hautes, parce que derrière la religion du Progrès, ce qu’il y avait, c’était une certaine façon de concevoir l’élaboration du sens dans le cerveau global des grands systèmes fédérateurs – une élaboration du sens par la quantité.

Cette crise, ou plutôt cet effondrement, a commencé en réalité depuis plusieurs décennies.  La réalité a été cachée depuis plusieurs décennies par la combinaison de la virtualisation, de la croissance fictive par endettement et d’une confusion savamment entretenue entre un moment dans l’Histoire, la croissance de la Chine et de l’Inde comme source de la consommation occidentale, et une réalité structurelle : la chute de l’Occident comme pôle dominant dans le monde. L’ensemble de ces artifices avait fini par fabriquer une sorte d’hologramme, une représentation fictive tridimensionnelle, dans laquelle nous évoluions en affectant de ne pas voir la réalité.

Ce qui se passe depuis 2007, c’est la panne progressive de cet hologramme. L’hologramme est en train de grésiller, de trembloter. Il est encore en état de fonctionnement, mais on devine déjà qu’il va se dissiper. Déjà, des pans s’effondrent. Il faut en toute hâte les réactiver en sacrifiant d’autres pans. C’est la fin.

Depuis 2007, les dirigeants font semblant de diriger un système encore vivant. En réalité, il est mort. Depuis 2007, ils maintiennent coûte que coûte l’hologramme. Mais on approche du moment où l’hologramme va disparaître, révélant le réel qu’il dissimulait.

C’est pourquoi le moment de décision approche. Quand l’hologramme disparaîtra, le réel obligera à prendre de vraies décisions, parce qu’il faudra bien décider de ce qu’on fait pour gérer la catastrophe.

C’est pour bientôt.

Quand exactement ?

Vraisemblablement, quand les cautions en dernier recours vont reconnaître leur incapacité à garantir les masses d’actifs fictifs qui constituent l’essentiel de la fausse richesse actuelle. C’est à mon avis une affaire de mois, au plus un ou deux ans, avant qu’on entre dans le vif du sujet. La disparition complète de l’hologramme pourrait bien durer encore quelques années. Mais le moment où des pans vont commencer à disparaître sans remède est proche.

Je prends quelques risques en disant cela. Il faut garder en tête que le système actuel nous communique des informations comptables totalement biaisées, ce qui fait qu’on a beaucoup de mal à prévoir exactement ce qui va se passer à quel moment. Mais il semble bien qu’on soit proche de la rechute décisive, de l’instant où, après que les Etats ont sauvé les banques, les Etats eux-mêmes seront en faillite.

A mon avis, et à mes risques et périls, je dirais : la Grèce en faillite avant la fin de l’année, l’Italie et/ou l’Espagne avant la fin 2012.

Pour les USA, je pense qu’il n’y aura pas de faillite avouée, puisqu’on est dans un système monétaire différent, qui reste souverain bien que n’étant pas public – il y a une souveraineté à New York, mais ce n’est pas celle du peuple américain, c’est la souveraineté privée de la FED. Mais même aux USA, il y aura une faillite de facto, à travers une stagflation très dure, voire, si le système échappe à son propre contrôle, une hyperinflation.

Pour la Grande Bretagne, il est difficile d’être précis, tant la City joue un rôle spécifique. Sa base territoriale est gérée par la finance globale selon des critères particuliers et opaques. En tout cas, sur le plan de l’économie réelle, on ne voit pas comment la Grande-Bretagne pourrait éviter un naufrage complet.

Pour la France enfin, elle sera attaquée prochainement, et il est très probable qu’elle se trouvera tôt ou tard en situation de défaut technique. L’organisation de cette faillite française est tout à fait dans les cordes des « marchés financiers », c'est-à-dire en fait de quelques institutions anglo-saxonnes, ou disons basées dans le monde anglo-saxons. Des institutions qui pilotent en réalité l’évolution des marchés.

Ce qui va se passer ensuite, c’est que, d’abord, les pays touchés vont connaître une situation comparable à celle de la Grèce actuellement – une austérité insupportable, soit par disparition de l’Etat social, soit par une fiscalité écrasante, soit un mélange des deux. Ensuite, les super-souverains eux-mêmes (FMI, BCE) se reconnaîtront impuissants dans le cadre de leurs pouvoirs actuels. Il est probable qu’ils vont dans ces conditions ou cesser d’exister, n’avoir plus qu’une existence fictive, une apparence en quelque sorte, ou au contraire chercher à étendre indéfiniment leurs attributions, dans une fuite en avant. Tout indique qu’ils choisiront cette deuxième voie.

C’est là que les classes dirigeantes devront prendre des décisions. Fini la gestion par l’hologramme. Il va falloir agir dans le monde réel.

*

Quelles sont les décisions possibles ?

En gros, il y a quatre voies que les classes dirigeantes  actuelles peuvent suivre.

Commençons par dire qu’elles ne suivront pas la voie qui devrait être suivie. Ce dont nous aurions besoin, c’est tout simplement de refonder une civilisation nouvelle. Mais les classes dirigeantes actuelles sont incapables d’accomplir la révolution mentale nécessaire pour une telle refondation.

Ce n’est pas que les individus qui les composent soient stupides. Lire à ce sujet, par exemple, Luc Ferry, ou même Attali, qui est monstrueux par certains côtés, mais qui a manifestement pris conscience des vrais enjeux. C’est tout simplement que le fonctionnement du cerveau global constitué par ces élites est paraphrénique ; la réflexion tourne en circuit fermé, c’est un auto-cautionnement. Ce cerveau global est incapable de se confronter au réel. Il est fou, si vous voulez. C’est comme ça, c’est une dynamique holistique qui dépasse les capacités d’action des individus qui composent le collectif.

Restent trois voies possibles, dans le cadre de la paraphrénie institutionnelle de nos classes dirigeantes. Trois voies qui visent à sauver une civilisation défunte – la civilisation capitaliste pour faire simple.

Première voie : la dictature sans la guerre. Deuxième voie, la guerre limitée et la dictature. Troisième voie : la guerre totale et la dictature.

Dans tous les cas, au programme : la dictature.

Il est évident que les classes dirigeantes actuelles ne pourront pas faire avaler aux peuples le passage à la forme dégradée de l’idéologie du progrès. Cette forme dégradée, comme je le disais, visera à sauver le principe idéologique du Millénium par l’action de l’humanité sur elle-même, en restreignant le Millénium aux soi-disant « élites ». En d’autres termes : pour l’élite, le paradis selon Jacques Attali, et pour les autres, l’alignement rapide des classes moyennes et populaires occidentales sur les standards chinois et indiens, peut-être un peu améliorés.

Impossible de faire avaler cela aux peuples dans un cadre démocratique.

Il y aura donc la dictature. C’est pourquoi on peut dire : crise ou coup d’Etat ?

Cette dictature ne sera probablement pas une dictature comme celle du temps jadis. On a beaucoup progressé, si j’ose dire, dans l’art de fabriquer le consentement des populations. Les formes extérieures de la démocratie seront probablement sauvegardées, mais en réalité, les dirigeants élus ne décideront plus grand-chose. Pour occuper le terrain, on leur laissera le sociétal (adoption par les couples gays, développement des mères porteuses, etc.). Sociétal en outre utilisé pour détruire les formes collectives capables de s’opposer au pouvoir en secrétant un cerveau global distinct de celui construit par les oligarchies. C’est la poursuite des tendances actuelles, mais considérablement renforcées.

La gestion sera située au niveau d’institutions technocratiques entre les mains, en pratique, du capital globalisé. Les super-souverains étant devenus incapables de jouer leur rôle dans le cadre actuel de leurs attributions, on va les transformer en garde-chiourme, en instances supranationales qui, en pratique, décideront sur toutes les variables économiques réelles. La BCE, par exemple, pourrait devenir le bras armé d’un gouvernement économique européen piloté par la commission de Bruxelles, avec le droit d’encadrer toutes les décisions des ministères des finances nationaux.

On y est presque déjà, d’ailleurs. L’Union Européenne est en train de se transformer en machine à dresser les peuples européens les uns contre les autres. Avec l’Allemagne  dans le rôle du bon élève et du méchant professeur. Ne vous y trompez pas : c’est un pur jeu d’acteur. Le véritable ennemi n’a probablement pas de base territoriale stable – et s’il en a une, ce n’est pas Berlin.

Enfin, bref, voilà un choix déjà fait : la dictature. La « crise » est orchestrée pour servir de prétexte à un coup d’Etat.

Reste la variable sur laquelle le moment de décision approche : la guerre.

Au-delà d’une crise du système financier, ce qui commence, c’est un effondrement civilisationnel, la fin d’un mythe progressiste quantitatif, la fin d’une manière de construire le sens uniquement par le quantitatif. Cet effondrement provient du fait que le système industriel contemporain ne peut pas étendre son mode de fonctionnement à une humanité de neuf milliards d’hommes. Si Chinois et Indiens consomment comme des Américains, la terre est plusieurs fois trop petite, tout simplement.

Une parenthèse : on m’objectera ici que des perspectives  technologiques peuvent changer la donne. Energies nouvelles, fusion, etc. A ce stade et sous réserve d’informations nouvelles, je préfère quant à moi m’en tenir à ce que me disent les ingénieurs et scientifiques de ma connaissance : au-delà des fantasmes, dans le réel, les contraintes énergétiques et écologiques vont peser de plus en plus lourd. Il reste des marges de progression dans les univers virtuels. Mais dans l’univers matériel, le pic pétrolier est une réalité – on pensera ici à la levée de toutes les restrictions sur le forage off shore en 2008, aux USA, juste après le début de l’effondrement financier, et à la marée noire dans le golfe du Mexique. Il  y a là un enchaînement de faits apparemment disjoints, mais dont l’enchaînement, précisément, donne à réfléchir.

Revenons à la question de la guerre.

Si vraiment la civilisation de la quantité, c'est-à-dire de la croissance, est incompatible avec l’émergence d’une humanité entrée massivement dans l’ère industrielle et consumériste, les classes dirigeantes occidentales ont trois options : accepter cette émergence, et donc gérer l’alignement brutal des niveaux de vie occidentaux sur ceux des pays émergents, pour les masses du moins ; refuser cette émergence en essayant de mettre la main sur les ressources en matières premières et énergétiques avant que l’avantage stratégique militaire occidental ait disparu ; ou alors, détruire purement et simplement les économies rivales, par la guerre totale.

Quand on y réfléchit attentivement, ces trois options sont toutes les trois absurdes du point de vue du bien général. C’est pourquoi on peut dire : crise économique ou crise du sens ? De toute manière, la façon dont le sens est construit dans la civilisation actuelle nous conduit droit dans le mur.

La première option, pas de guerre, imposera une sorte de relégation d’une grande partie de la population dans un univers de croissance quantitative virtuelle, puisque c’est là qu’il reste des territoires de croissance. Cela suppose une économie de pénurie dans le monde réel, mais une débauche de distractions virtuelles. Toute la question est de savoir si les classes dirigeantes estimeront qu’elles ont les moyens, par le virtuel, de rendre la situation supportable, pour les populations, dans un cadre non démocratique mais préservant les apparences.

La deuxième option, la guerre limitée pour s’emparer des matières premières, consiste en gros à alléger le poids de l’ajustement supporté par les peuples jusque là riches, en leur réservant une bonne partie des futures capacités de production, ou en tout cas de consommation. Dans ce cas, il faut s’attendre à une décennie d’opérations conduites sur le modèle de ce qui vient de se passer en Lybie. C’est à mon avis le plus probable. En tout cas, c’est semble-t-il ce vers quoi les classes dirigeantes occidentales sont en train de se diriger.

Enfin, il y a la troisième option : la guerre totale. Ce peut d’ailleurs être une option forcée, si la guerre limitée dérape. A priori, cela paraît impossible. Mais nous ne savons peut-être pas tout concernant les armements stratégiques dont dispose l’Empire occidental. On ne peut pas non plus exclure une décision allant dans le sens d’une diminution brutale de la population mondiale, par un mélange de guerre inter-étatiques et de guerres civiles métalocales, sur le modèle esquissé par Huntington dans son choc des civilisations, mais appliqué, sans la finesse de Huntington, par des brutes néoconservatrices.

Attention, je ne dis pas que c’est le plan. Je dis qu’il faut avoir conscience du fait qu’il peut y avoir des gens, dans les milieux dirigeants, qui ont ce type de plan en réserve, parce que nous savons que ces gens ont l’idéologie pour justifier ces plans. Se souvenir ici que le capitalisme est, depuis l’origine, une entreprise de prédation d’une partie de l’humanité sur le reste ; et se souvenir que dans le monde de demain, au fond, les masses ne servent plus à grand-chose du point de vue de leurs maîtres.

*

En conclusion, que dire ?

Le moment de décision pour les classes dirigeantes sera aussi un moment de décision pour nous tous.

De toute manière, nous savons que cette « crise » est un coup d’Etat. Et nous subodorons qu’elle sera aussi la porte ouverte vers la guerre. Alors que faire ?

Deux voies sont généralement évoquées : la révolte des nations ou la gouvernance globale, pour parler comme Alain Soral. On peut poser le problème ainsi, mais alors, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la révolte des nations, en Europe du moins, ne prendra certainement pas une forme révolutionnaire du passé. Les peuples tunisiens et égyptiens ont pu se débarrasser de leurs dictateurs en suivant un schéma révolutionnaire très classique, très 1789. Mais ce sont des peuples jeunes, avec beaucoup de jeunes gens qui sont, justement, à l’âge où l’on fait les révolutions. Et ces peuples jeunes étaient confrontés à des dictatures, si j’ose dire, à l’ancienne.

Chez nous, c’est très différent. D’une part, nous sommes des peuples vieux. L’âge moyen en France est de 40 ans. Dans certains pays européens, c’est encore plus élevé. Or, si à 20 ans, on fait la révolution dans la rue, à 40 ans, c’est différent.

Bref, si par « révolte des nations » on imagine des  foules  dans la  rue et une émeute qui prend d’assaut l’Elysée, je n’y crois pas – et quand bien même cela arriverait, il n’en sortirait rien de durable. De toute manière, le Pouvoir n’est plus à l’Elysée.

Dans les pays occidentaux, les capacités de l’oligarchie à préempter toute forme de contestation ont atteint une quasi-perfection. La fabrique du consentement est désormais une usine zéro défaut. Avant même que vous ne pensiez, mes chers amis, le Pouvoir a déjà implanté en vous les catégories qui prédéterminent votre pensée. Et c’est tout un travail à accomplir sur soi pour se libérer de ce conditionnement. Nous sommes arrivés au point où le Pouvoir connaît le peuple mieux que le peuple ne se connaît lui-même. L’ingénierie sociale que nous subissons est d’une perversité extraordinaire. C’est bien, bien plus fort que les dictatures à l’ancienne.

Alors, me direz-vous, c’est fini ? Il n’y a plus qu’à subir la dictature, voire la guerre ?

Non, pas nécessairement. Une révolte est possible, mais elle doit adopter une forme postmoderne pour affronter des dictatures postmodernes.

Point crucial : il y a des monstres, des psychopathes, parmi les individus qui forment nos classes dirigeantes. Mais il n’y a pas que cela. Je pense que les individus qui forment nos classes dirigeantes ne sont pour la plupart pas mauvais en tant qu’individus. Je pense que c’est le cerveau global qu’ils forment qui est mauvais, parce qu’il est fou. C’est lui qui rend mauvais les individus qu’il intègre.

Si nous construisons une alternative à ce cerveau global, alors les individus qui se trouvent à l’intérieur du système, parfois à de hauts niveaux de responsabilité, vont pouvoir penser autrement, eux aussi. Souvenons-nous qu’une grande partie des oligarchies actuelles vient du monde d’avant, du monde de la démocratie, ou en tout cas de l’essai de démocratie, du monde de la nation, de la patrie. Par exemple, les officiers de l’armée française n’ont pas fait Saint-Cyr pour défendre Lazard Frères et Goldman Sachs. Une partie non négligeable des grands corps de l’Etat est malgré tout restée à peu près saine. Je pourrais, si je ne craignais pas de leur nuire, vous citer des polytechniciens qui pensent à peu près comme moi. Pas d’énarque, il est vrai. L’ENA, apparemment, ça ne pardonne pas…

Bref, revenons au fond du débat. Il est temps de conclure. A un certain moment, il faut sortir de l’analyse et entrer dans la proposition d’action.

Voilà ce que je propose : il faut former un cerveau global parallèle. Un cerveau global de la dissidence, si vous voulez. Un cerveau global qui, lui, sera capable de résoudre la crise du sens, en inventant une nouvelle façon de construire le sens dans les systèmes fédérateurs humains.

Et je suis persuadé que nous pourrons compter sur une certaine tolérance de la part des individus qui forment les classes dirigeantes, si nous allons dans cette direction, parce qu’il se trouve parmi eux beaucoup de gens qui se rendent compte du caractère monstrueux du monde qu’ils sont en train de produire collectivement. Nous devons être très attentifs à ce qui se passe à l’intérieur des classes dirigeantes. Il faudra savoir pousser les monstres à se dévoiler, pour que les individus sensés prennent la mesure des risques que l’humanité affronte.

Je crois que c’est là-dessus qu’il faut jouer. A mon avis, c’est la seule lueur d’espoir : non pas contre le système, mais en dehors, pour agir dessus depuis l’extérieur.

Toute la question étant de savoir comment fabriquer l’identité de ce cerveau global dissident…

Et c’est sur cette question que je conclurai.


Michel Drac : "Crise, le moment décisif... par LeLibreTS
Michel Drac : "Crise, le moment décisif... par LeLibreTS

mardi, 24 mai 2011

Tous à la fête des patriotes!

En l’honneur des patriotes de 1837/1838, cette année nous avons encore marché afin de montrer aux usurpateurs que nous sommes toujours restés debout malgré tous leurs efforts !  Plusieurs centaines de personnes se sont donc déplacé dans cette marche symbolique et ont dit « non » à leur disparition. Malgré certains commentaires désobligent d’un commentateur venu clairement faire un peu de récupération politique, les nationalistes québécois ont répondu par un cri d’unité à l’appel de la révolution nationale québécoise !

Québec, Jeunesse, Révolution !!!     


LE TESTAMENT DE CHEVALIER DE LORIMIER par front_alternationaliste

mercredi, 04 mai 2011

La question raciale - Michel Drac

Voici enfin une présentation vidéo du (selon moi) plus fascinant essai de Michel Drac. Posant la question raciale sur des bases solides, il nous démontre que le racisme et l'antiracisme ne sont que les deux faces de la même médaille, soit la justification de la domination capitaliste sur des bases autres que son propre rapport de force.


La question raciale par M.DRAC, Bistrot FLASH 1/2 par GENERATIONFA


La question raciale par M.DRAC, Bistrot FLASH 2/2 par GENERATIONFA

lundi, 28 mars 2011

1793-2011, des sans-culottes à Troisième voie, histoire du nationalisme-révolutionnaire français

186058_748449215_1810931_n.jpgJe vais traiter ce soir d’un thème quasi-inédit à ma connaissance, à savoir, l’histoire sur les 250 dernières années environ d’un courant politique français : le nationalisme-révolutionnaire.

Avant d’aborder l’histoire du nationalisme-révolutionnaire il convient d’analyser précisément ce qui se cache derrière ce terme. On peut utiliser pour ce faire trois définitions : la première considère le nationalisme-révolutionnaire comme une version européenne des mouvements de libération nationale des pays du tiers monde, la deuxième le voit comme une gauche nationaliste, enfin la troisième en fait une idéologie où se rejoindraient les extrêmes politiques.

L’idée du nationalisme-révolutionnaire comme une version européenne des mouvements de libération nationale des pays du tiers monde est séduisante, elle a été en particulier développée par François Duprat dans ses écrits des années 1970. Cela correspond bien à une réalité géopolitique : l’Europe occupée, à partir de 1945, par les USA et l’URSS, puis par les USA uniquement. Par contre, où cette définition pèche c’est par son côté trop restrictif : tout d’abord elle ne s’applique qu’à une période historique récente, ensuite elle ne permet pas de saisir les spécificités idéologiques du mouvement NR.

On peut alors aller plus loin, et compléter ce que l’on vient de dire en affirmant que ce courant est une gauche nationaliste. L’idée est défendue en Europe par un certain nombre de groupes qui ont prit cette définition comme nom, j’en connais au moins des exemples en Italie - ou le grand quotidien NR Rinascita se présente comme l’organe de la gauche nationale - et en Espagne.

Dans la première moitié des années 2000, Thomas Ferrier, un jeune historien nancéen a publié plusieurs écrits théoriques sur ce thème.

Pour lui, il n’existerait que six courants politiques, trois à gauche et trois à droite. À savoir : la gauche sociale-démocrate, la gauche internationaliste, la gauche nationaliste, la droite libérale-démocrate, la droite conservatrice et la droite nationaliste.

Partant de ces prémisses, il a développé la thèse suivante : « la gauche sociale-démocrate et la droite libérale-démocrate se rejoignent au centre. La droite nationaliste est à mi chemin entre la gauche nationaliste et la droite conservatrice. La gauche nationaliste est à mi chemin entre la droite nationaliste et la gauche internationaliste.

Pour simplifier la gauche nationaliste a le programme économique de la gauche internationaliste et le programme politique de la droite nationaliste. Au socialisme international de l'extrême gauche, la gauche nationaliste oppose le socialisme national. »

Il proposait ensuite un certain nombre de clivages permettant de différencier la gauche nationaliste de la droite nationaliste :  « Le clivage prolétaire/bourgeois: la droite nationaliste défend la bourgeoisie alors que la gauche nationaliste défend le modèle du travailleur (Ernst Jünger) ou du prolétaire (Filippo Corridoni), associé au culte du héros (Carlyle, Nietzsche).

Le clivage laïcisme/christianisme: la droite nationaliste est naturellement chrétienne ou pour accorder au christianisme une grande place; la gauche nationaliste est souvent athée et généralement laïque.

Le clivage 1789/anti-1789: la gauche nationaliste se reconnaît comme héritière de la révolution française alors que la droite nationaliste est hostile à 1789.

Le clivage république/monarchie: la gauche nationaliste est républicaine et la droite nationaliste est naturellement monarchiste, même si parfois elle prétend accepter le principe républicain.

Le clivage démocratie/pouvoir du chef-aristocratie: la gauche nationaliste est pour la démocratie alors que la droite nationaliste y est très opposée.

Le clivage socialisme/libéralisme: la gauche nationaliste est socialiste, la droite nationaliste est antisocialiste et libérale économiquement.

Le clivage Europe/anti-Europe: la gauche nationaliste est pour l'unification européenne, voire même pour le concept de nation européenne ; la droite nationaliste est hostile à toute construction européenne, tout au plus défend elle le concept oxymorique d'Europe des Nations. »

On a là quelque chose d’assez séduisant mais qui, à mon sens n’est pas totalement satisfaisant tant historiquement qu’idéologiquement. En effet, le nationalisme-révolutionnaire à des origines historiques, nous le verrons, à la fois de droite et de gauche et il défend des idées qui sont souvent des synthèses issues de la droite et de la gauche. Se déclarer ainsi de « gauche nationale » a donc à mes yeux un effet amoindrissant quand à notre spécificité.

D’où la troisième définition que je vous propose. Pour la comprendre, il faut abandonner l’idée d’une représentation linéaire du monde politique où les extrêmes fuient vers l’infini au profit d’une représentation circulaire où il existe une droite et une gauche se faisant face et deux centres se faisant face de même : l’un mou et l’autre dur. Un auteur français, Fabrice Bouthillon, a bien expliqué cela dans un texte récent où il écrit « C’est pour renouer ce qui avait été dénoué par la révolution française que se sont multipliées dans toute l’Europe, après 1789, ces tentatives de compromis entre la Droite et la Gauche que constituent les centrismes. (…)  Il existe deux types de centrisme, soit par soustraction, soit par addition des extrêmes. » Le modèle du second, qui est en fait un centrismes radical, combinant et l’extrême gauche, et l’extrême droite, c’est ce que nous nommons le nationalisme-révolutionnaire : un courant qui assimile les notions de droite et de gauche.

L’idée n’est pas récente, on la retrouvait déjà chez les NR allemands des années 1930 qui se présentaient comme des « links leute von recht » et chez Oswald Mosley, après la deuxième guerre mondiale, pour ne citer que deux exemples. L’universitaire Jean-Pierre Faye avait d’ailleurs déjà développé, dans les années 1970, une analyse a peu près similaire en estimant que les NR était ceux qui se trouvait entre les pôle d’un aimant ayant la forme traditionnelle d’un fer à chaval.

Thomas Ferrier, que j’ai cité à l’instant, quand il nous parlait de la gauche nationaliste, nous en proposait aussi, un arbre généalogique ainsi conçu : « Les révolutionnaires les plus nationalistes en 1789, les communards les plus nationalistes (les blanquistes, Louis Rossel), la tradition du socialisme national français du XIXème siècle : Charles Fourier, Joseph Proudhon, Auguste Blanqui, Benoît Malon, Albert Regnard, Georges Sorel, Jules Guesde, Jean Allemane, Jean Jaurès, Maurice Barrès jeune, le socialisme national français des années 1920 et 1930: Georges Valois, Marcel Déat, le belge Henri de Man, Gaston Bergery, le socialisme national français de la résistance (Charles de Gaulle d'une certaine manière, Philippe Barrès) et de la collaboration (Charles Spinasse, le journal Le Rouge et le bleu, Pierre Drieu la Rochelle, toujours Marcel Déat, etc.), le socialisme national d'après-guerre, parfois devenu socialisme européen : le Jean-Pierre Chevènement de Patrie et progrès, des gens comme Jean Thiriart ou François Duprat. »

On a là l’essentiel de ce que je vais vous développer ci-après, avec la réserve que Thomas Ferrier ne percevait pas, ou ne voulait pas percevoir, l’influence de certains courants purement de droite dans la genèse du courant NR, sur lesquels je vais un peu insister.

Dans un premier temps, intéressons nous à nos lointains ancêtres, à ceux dont l’action historique a inspiré l’engagement des nôtres que ce soit hier ou aujourd’hui : les sans-culottes, la montagne blanche et le bonapartisme radical.

Dans ces trois cas, il convient avant d’aller plus loin de noter que les groupes concernées eurent un recrutement essentiellement populaire, voire prolétarien. C’est important et il convient de noter la persistance de ce phénomène résumé plus tard par Jean Jaurès dans sa célèbre phrase : « À celui qui n’a plus rien, la nation est son seul bien ». De plus, ces trois courant furent dans leurs revendications essentiellement favorables à une plus grande démocratie, voire à une sorte de lutte des classes puisqu’ils identifiaient parfaitement l’appartenance à la classe bourgeoise de leurs ennemis.

Pendant la Révolution de 1789, les sans-culottes avaient pour mot d’ordre « Vive la Nation ! » Pourquoi ? Parce que la Grande Révolution avait transformé le royaume de France en nation française. Les sujets était alors devenu un peuple de citoyens et l’apparition de la nation n’avait pas été celle d’un principe abstrait mais d’une pratique politique permettant l’élaboration des règles de droit défendant l’intérêt collectif face aux intérêts individuels.

Sous la Convention, la constitution du 24 juin 1793 (ou de l’an I) est sans doute un modèle pour nous en ce qu’elle cherche à établir une véritable souveraineté populaire grâce à des élections fréquentes au suffrage universel, le mandat impératif, la possibilité pour les citoyens d'intervenir dans le processus législatif et tous les pouvoirs attribués à un corps législatif élu pour un an. Mais ce qui est le plus intéressant pour nous, c’est le décret du 23 août 1793 concernant l’Armée de l’an II. On y trouve le thème du peuple en arme et de la mobilisation totale, base de toute vision NR de la société. Je cite ce fameux décret : « Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l’unité de la République »

De plus, il n’est pas insignifiant, à mes yeux, que certains généraux jacobins comme Moreau et, à un moindre titre, Pichegru, participent à des conspirations avec des royalistes radicaux comme Cadoudal sous le consulat. On a là le début d’un oxymore politique qui s’est continué avec la montagne blanche – courant aussi nommé carolo-républicanisme -, un mouvement royaliste légitimiste apparu dans le sud de la France suite à la révolution de Juillet 1830.

Bien qu’il soit assez fascinant, il est très peu connu dans nos milieux alors qu’il aura une influence non négligeable à son époque, au point que Karl Marx l’évoque dans son Manifeste du Parti communiste.

Sans s’attarder sur les détails, on peut en donner trois caractéristiques :

1 – c’est un mouvement populaire (petits agriculteurs, artisans, tacherons) opposé à la bourgeoisie louis-philipparde qui opprime politiquement et socialement ses membres,

2 – c’est un mouvement démocratique qui invoque le suffrage universel comme seul moyen de restaurer la monarchie légitime,

3 – c’est un mouvement qui dépasse les clivages politiques puisqu’il va faire de nombreuses alliances avec les républicains les plus radicaux pour faire obstacle aux candidats bourgeois louis-philippards ou républicains modérés.

Quant au bonapartisme radical, c’est celui qui après 1870 ne va pas se rallier progressivement au camp des modérés et des conservateurs mais va continuer le combat politique pour une restauration impériale. La aussi, comme pour la montagne blanche, il fait preuve d’un hyper-démocratisme en se déclarant en faveur des plébiscites et du référendum, allant jusqu’à en adopter les noms comme auto-désignation synthétisant son orientation puisqu’il se dénomma successivement Comité plébiscitaires et Parti de l’appel au peuple.

Ce qu’il est important de relever aussi c’est que c’est la première structure politique nationaliste avec laquelle il n’y a pas de solution de continuité entre elle et nous puisque les organisations que je viens de citer existèrent jusqu’à la deuxième guerre mondiale et qu’elles donnèrent nombre de militants aux mouvements nationalistes des années 1930.

Quand je parlais des Sans-culottes ou de la Montagne blanche, nous étions dans une filiation de désir ou de référence, là on est dans une filiation idéologique réelle puisque des personnalités qui peuvent nous avoir influencées l’ont été elles mêmes par les idées de ces partis ou de leur organes de presse comme L’Appel au peuple ou L’Autorité.

Puisque je parle de filiation directe, on arrive maintenant aux premiers groupes que l’on peut considérer comme réellement NR. Ce sont ceux que Zev Sternhell a défini comme la droite révolutionnaire. Je vous conseille de lire son livre qui existe dans une édition de poche. Vous y trouverez, à la charnière du XIXème et du XXème siècle, bien des thèmes que nous défendons toujours et qui sont réellement apparus alors.

Marc Crapez, un autre auteur qui a traité de cette période, préfère, à juste titre, au terme de droite révolutionnaire celui de socialisme national et il estime que c’est un courant directement issu de la Révolution française. Il date sa première manifestation à la fin du second Empire avec un renouveau de l’hébertisme (nom venant de Jacques-René Hébert, dirigeant de ma fraction « les exagérés » qui étaient les montagnards les plus ultras et les plus nationalistes) auquel il fait succéder les boulangistes, les blanquistes et les syndicats jaunes de Biétry. Dans cette mouvance, assez vaste et parfois confuse, il faut dire un mot d’une expérience courte mais significative qui résume bien ce que fut cette famille politique : il s’agit de La Cocarde. Ce quotidien parut de mars 1888 à 1905. De septembre 1894 à mars 1895, il fut un organe « socialiste national » sous la direction de Maurice Barrès. La Cocarde illustra, au tournant du siècle, les multiples convergences entre extrême gauche et extrême droite (critique de la démocratie représentative et du républicanisme modéré, activisme, nationalisme, revanche, etc.). La Cocarde fut antiparlementaire et xénophobe, mais elle parlait avec estime de Jean Jaurès et avec émotion de la Révolution française. Barrès, durant la période où il dirigea le quotidien, tenta de concilier nationalisme et socialisme. Il voulait organiser le travail, supprimer le prolétariat et réduire par la décentralisation l'omnipotence de l'État.

Dans l’héritage de ce socialisme national on trouve Gustave Hervé. Il est issu de l’extrême gauche et en 1912, il entame une évolution vers le patriotisme de cœur et de raison. En juillet 1914, il devient un des socialiste les plus virulents en faveur de la défense nationale.

Il transformera même le titre de son organe de presse La Guerre sociale en La Victoire, en janvier 1916.

En 1919, Gustave Hervé créa un petit Parti socialiste national, où il fut rejoint par des figures de l’extrême gauche d’avant la guerre comme Alexandre Zévaès, ancien député guesdiste, Jean Allemane, leader d'un des partis socialistes de la période 1890-1902, et Emile Tissier (lui aussi ex-marxiste guesdiste).

Lors de la Marche sur Rome (1922), Hervé saluera son « vaillant camarade Mussolini ». Son Parti socialiste national deviendra, en 1925, le Parti de la république autoritaire puis la Milice socialiste nationale en 1932 dont il confiera la direction à un certain Marcel Bucard qui le quittera, fin 1933, pour fonder le Francisme.

Dans une tradition plus marquée par la droite, et un peu plus tardivement, il faut prendre en compte, en 1912, l’expérience du Cercle Proudhon de Georges Valois qui issu de l’anarchie était entré à l’Action française.

Valois, nous sert de pont avec les années 1930. Vous n’ignorez pas qu’il fondera, en 1925, le Faisceau doté d’un quotidien, Le Nouveau Siècle. Le Faisceau est créé sur le modèle mussolinien, mais il est « ni anti-socialiste, ni anticommuniste, ni antisémite ».

Dénonçant l’impuissance du parlementarisme, la faillite des vieux partis, la « paix manquée », le Faisceau a pour but de créer au-dessus des partis et des classes un véritable « État national et populaire ». L’accent est mis aussi sur la défense des intérêts ouvriers et l’organisation de la justice dans la vie sociale.

Quand Valois dissout le Faisceau en mars 1928, une partie de ses proches manifestent leur désaccord avec lui et créent le Parti fasciste révolutionnaire avec Philippe Lamour et Pierre Winter. On les retrouvera peu de temps après parmi les animateurs de ce qu’on a nommé les « non-conformistes des années 30 », créant, avec l’architecte Le Corbusier, des revues comme Plans et Prélude, travaillant de concert avec des groupes de petites taille comme Ordre nouveau, le Mouvement travailliste français, le Front social ou le Front national syndicaliste. C’est incontestablement d’eux dont nous sommes les héritiers directs, 1000 fois plus que des ligues.

Vient ensuite la période sombre de la deuxième guerre mondiale. Nul n’ignore que le national-socialisme a, en Allemagne, sévèrement réprimé le courant NR dont les principaux dirigeants ont connu l’exil ou les camps.

En France, une partie de nos grands anciens choisira, à un moment où à un autre, la résistance soit intérieure soit à Londres. Certains y perdront la vie comme Jean Arthuys ou Georges Valois. Au lendemain de la guerre on les retrouvera pour certains au RPF, tandis que d’autres comme Alexandre Marc, continueront, via La Fédération, puis divers cercles, un travail idéologique assez proche du nôtre et l’influençant souvent tournant principalement autour du nationalisme européen.

Une autre partie de ceux dont nous nous revendiquons aura une attitude possibiliste voire collaborationiste motivée par des réflexions qui ne sont plus guère compréhensibles actuellement.

Sans doute une partie de ce que l’on nomme la gauche collaborationiste, en particulier Marcel Déat, est-elle sur des bases idéologiques assez intéressantes et mériterait une étude dépassionnée. Il faudrait aussi parler du Mouvement social révolutionnaire où milita Abellio ainsi que du Mouvement nationaliste-révolutionnaire constitué par des trotskistes ralliés à la révolution nationale.

Je viens de citer Marcel Déat et les partisans de Léon Trostsky. D’une manière surprenante, c’est un disciple du second René Binet et un neveux du premier, Charles Luca, qui maintiendront la flamme du nationalisme-révolutionnaire dans les années 1940-1960.

René Binet commença à militer dans les années 1930 aux Jeunesses communistes du Havre. Exclu en 1935, il s'orienta vers la IVème Internationale et participa à la fondation du Parti communiste internationaliste en mars 1936, dont il fut élu membre du comité central. Il écrivit également dans le journal trotskiste La Vérité et il anima la revue locale du PCI, Le Prolétaire du Havre. Durant la guerre, il devint collaborateur. Une thèse a été avancé affirmant qu’il avait d’abord été infiltré par le mouvement trotskiste dans un groupe collaborationniste de gauche avant d’être gagné aux idées de l’ordre nouveau. Quoiqu’il en soit, après la guerre, en 1946, il créa le Parti républicain d'unité populaire (PRUP), regroupant quelques centaines de personnes, pour la plupart d'anciens trotskistes ou militants du PCF — dont Maurice Plais, ancien adjoint communiste à la mairie de Clamart —, qui fusionna en 1947 avec les Forces françaises révolutionnaires et devint en 1948 le Mouvement socialiste d'unité française, qui fut interdit l’année suivante. Il fut le contact en France de Francis Parker Yockey et il contribua à la création, avec Maurice Bardèche, du Mouvement social européen. Il décéda accidentellement en 1957.

À cette date, il avait déjà été remplacé par Charles Luca. Celui-ci créa une série d’organisations qui furent successivement dissoutes : en 1947, les Commandos de Saint-Ex, dissout par le ministre de l'Intérieur Jules Moch en novembre 1949 pour trouble à l'ordre public. Ils furent immédiatement reconstitués, sous le nom de Mouvement national Citadelle qui prit le nom de Parti socialiste français en octobre 1953 puis, deux ans plus tard, de Phalange française.

Significativement, ce groupe sera le parti frère en France de la Deutsche Soziale Union d'Otto Strasser.

Il sera dissout en mai 1958 par un décret du gouvernement Pflimlin. L'organisation se reconstitua aussitôt sous le nom de Mouvement populaire français (nom signifiant car l’organisation internationale des strasseriens se nomme alors le Mouvement populaire européen) qui sera dissout de nouveau à l'été 1960. Charles Luca quittera alors l’exposition de premier plan et il est décédé il y a une dizaine d’année. J’ai eu l’occasion d’être en contact avec lui dans ses vieux jours.

Le temps sera alors venu pour Jean Thiriart, lui aussi un ancien trotskiste passé à la collaboration.

Condamné à trois ans de prison à la Libération, Thiriart ne refait politiquement surface qu'en 1960, en participant, à l'occasion de la décolonisation du Congo belge, à la fondation du Comité d'action et de défense des Belges d'Afrique qui devient quelques semaines plus tard le Mouvement d'action civique. En peu de temps Jean Thiriart transforma ce groupuscule poujadiste en une structure révolutionnaire qui - estimant que la prise du pouvoir par l'OAS en France pourrait être un tremplin pour la révolution européenne - apporta son soutien à l'armée secrète.

Parallèlement, une réunion est organisée à Venise le 4 mars 1962. Participent à celle-ci, outre Thiriart qui représente le MAC et la Belgique, le Movimento sociale italiano pour l'Italie, le Sozialistische Reichspartei pour l'Allemagne, et l’Union Movement d'Oswald Mosley pour le Royaume-Uni. Dans une déclaration commune, ces organisations déclarent vouloir fonder « un Parti national européen, axé sur l'idée de l'unité européenne, qui n'accepte pas la satellisation de l'Europe occidentale par les USA et ne renonce pas à la réunification des territoires de l'Est, de la Pologne à la Bulgarie, en passant par la Hongrie ». Mais le Parti national européen n'eut qu'une existence brève, le nationalisme des Italiens et des Allemands leur faisant rapidement rompre leurs engagements pro-européens.

Cela ajouté à la fin de l'OAS fait réfléchir Thiriart qui conclut que la seule solution est dans la création de toute pièce d'un Parti révolutionnaire européen - le « Parti Historique » - et dans un front commun avec des partis ou pays opposés à l'ordre de Yalta.

Aboutissement d'un travail entamé dès la fin 1961, le MAC se transforme en janvier 1963 en Jeune Europe, organisation européenne qui s'implante en Autriche, Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal et Suisse, et qui aura aussi pour nom en 1965 le Parti communautaire européen (PCE).

L'originalité de Jeune Europe réside dans son idéologie, le Communautarisme national-européen, que Thiriart présente comme un « socialisme européen et élitiste », débureaucratisé et vertébré par un nationalisme européen. Récusant la notion romantique de nation, héritée du XIXe siècle, qui s'inscrit dans un déterminisme ethnique, linguistique ou religieux, Thiriart considère comme plus conséquent le concept de nation comme communauté de destin tel que décrit par José Ortega y Gasset, c'est-à-dire comme dynamique, en mouvement, en devenir. Sans rejeter totalement le passé commun, il pense que « ce passé n'est rien en regard du gigantesque avenir en commun (...) Ce qui fait la réalité et la viabilité de la Nation, c'est son unité de destin historique ». Se définissant comme un « Jacobin de la très grande Europe », il veut construire une nation unitaire et se prononce pour un « État-fusion », centralisé et transnational, héritier politique, juridique et spirituel de l'Empire romain, qui donnera à tous ses habitants l'omnicitoyenneté européenne. « L'axe principal de ma pensée politico-historique est l'État unitaire, centralisé, État politique, et non pas État racial, État souvenir, État historique, État religieux », résumera-t-il en 1989.

Bien qu'implantée dans six pays, cette structure militante ne regroupera jamais plus de 5.000 membres à travers toute l'Europe. Sur ce total, les deux tiers sont concentrés en Italie. En France, du fait de son soutien à l'OAS, Jeune Europe sera interdit, ce qui contraindra le mouvement à rester dans une semi-clandestinité et expliquera sa faible influence, ses effectifs n'y dépassant pas les 200 adhérents.

Le nouveau mouvement est néanmoins très fortement structuré, il insiste sur la formation idéologique dans de véritables écoles de cadres dès octobre 1965, Thiriart ayant élaboré une « physique de la politique » fondée sur les écrits de Machiavel, Gustave Le Bon, Serge Tchakotine, Carl Schmitt, Julien Freund, et Raymond Aron. Il tente aussi de mettre en place une centrale syndicale, les Syndicats communautaires européens. De surcroît, Jeune Europe souhaite fonder des Brigades révolutionnaires européennes pour débuter la lutte armée contre l'occupant américain, et chercher un poumon extérieur. Ainsi des contacts sont pris avec la République populaire de Chine, la Yougoslavie et la Roumanie, de même qu'avec l'Irak, l'Égypte et l'autorité palestinienne.

La presse de l'organisation, tout d'abord Jeune Europe, puis La Nation européenne, a une audience certaine et compte des collaborateurs parmi lesquels on peut citer l'écrivain Pierre Gripari, le député des Alpes-Maritimes Francis Palmero, l'ambassadeur de Syrie à Bruxelles Selim El Yafi, celui d'Irak à Paris Nather El Omari, ainsi que Tran Hoai Nam, chef de la mission vietcong à Alger, des personnalités telles que le leader noir américain Stockeley Carmichael, le coordinateur du secrétariat exécutif du FLN Cherif Belkacem, le commandant Si Larbi et Djambil Mendimred, tous les deux dirigeants du FLN algérien, ou le prédécesseur d'Arafat à la tête de l'OLP, Ahmed Choukeiri, acceptent sans difficultés de lui accorder des entretiens. Quant au général Peron, en exil à Madrid, il déclare : « Je lis régulièrement La Nation Européenne et je partage entièrement ses idées. Non seulement en ce qui concerne l'Europe mais le monde. »

Si Jean Thiriart est reconnu comme un révolutionnaire avec lequel il faut compter - il rencontre Zhou Enlai, alors Premier Ministre chinois, en 1966 et Nasser en 1968, et est interdit de séjour dans cinq pays européens - et si l'apport militaire de ses militants au combat antisioniste n'est pas contesté - le premier Européen tombé, les armes à la main en luttant contre le sionisme, Roger Coudroy, est membre de Jeune Europe - ses alliés restent prudents et n'accordent pas à Jeune Europe l'aide financière et matérielle souhaitée. De surcroît, après les crises de la décolonisation, l'Europe bénéficie d'une décennie de prospérité économique qui rend très difficile la survie d'un mouvement révolutionnaire. En 1969, Jean Thiriart mettra un terme à l’expérience de Jeune Europe. La date est assez étrange et marque qu’il n’avait pas du tout saisi l’importance des événements de mai et l’influence que ceux-ci auraient. Il va disparaître du champ jusqu’aux années 1980 où on le verra réapparaître et militer un temps avec nous.

Le nationalisme-révolutionnaire va alors connaître une période de très basse eaux où ne seront actifs que l’Organisation lutte du peuple d’Yves Bataille et, au niveau théorique, Les Cahiers du CDPU de Michel Schneider.

À l’OLP, je crois que nous n’avons jamais été plus de 30 membres mais, avec l’équipe des Cahiers, nous avons marqué l’histoire de la mouvance NR française en étant des mainteneurs dans une période difficile et des passeurs idéologiques. C’est là que s’est maintenue la pensée de Thiriart et c’est par ce canal que les thèses des groupes italiens de l’époque, dont celle de Freda, ont pénétrées en France.

En parallèle et un petit peu plus tard, c’est François Duprat, qui a partir de 1973, va, en étudiant les exemples des réussites et des échecs dans les pays étrangers, convaincre un certain nombre de militants que le groupuscularisme ne sert plus à rien et qu’il est préférable d’agir comme un aiguillon idéologique et stratégique au sein d’un grand parti électoraliste.

Il se positionne là en rupture avec le souhait manifesté, durant les 25 années précédentes de créer des partis NR de type léniniste.

C’est ce tournant stratégique qui explique l’oscillation qui va marquer l’histoire future des groupes NR jusqu’à nos jours et qui explique ses principales scissions. Une oscillation entre la volonté de créer un parti autonome et celle de pratiquer un certain entrisme. Choisiront ainsi la forme de tendance plus ou moins organisée au sein du Front national les GNR et Unité radicale, et celle du mouvement autonome le Mouvement nationaliste-révolutionnaire, Troisième voie et Nouvelle résistance. Quand un certain nombre de cadres de Troisième voie voudront changer de stratégie, elle connaîtra la scission qui l’emportera, il en sera de même pour Nouvelle résistance et Unité radicale.

De 1973 à nos jours on va donc voir se succéder cinq organisations qui vont naître les unes des autres.

Tout n’est pas de valeur identique et il y aura incontestablement un mouvement de dépérissement des organisations qui va toucher la mouvance à partir de la fin des années 1990. La montée du Front va y attirer tous les cadres de valeur qui jusqu’alors encadraient les groupuscules d’où un recul très net de la qualité de ceux-ci tant au niveau organisationnel qu’intellectuel.

À partir de 1973, Duprat lance donc Les Cahiers européens qui, en 1974, apportent un soutien important à la première campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. En juin, le leader du FN leur adresse un message clair; il y affirme : « La place des nationalistes-révolutionnaires est au sein du FN, qui autorise la double appartenance et respecte les choix idéologiques de ses adhérents. » En conséquence, en septembre 1974, Duprat et ses partisans entrent au FN ; dès novembre ce sont eux qui créent Le National, l’organe du parti.

Au sein du FN, Duprat est chargé de la Commission électorale, c’est-à-dire qu’il est responsable des questions stratégiques et propagandistes : en somme, c’est lui qui fait tourner la machine. Pour Alain Rollat (in Les Hommes de l’extrême droite, Calmann-Lévy, 1985.) « François Duprat apparaît comme le véritable numéro deux du parti. Il est un remarquable organisateur en même temps que l’éminence grise de Jean-Marie Le Pen. Le FN lui doit sa discipline interne. »

En parallèle, François Duprat développe sa tendance. Pour ce faire, en 1976, il crée les Groupes nationalistes-révolutionnaires dont l’influence au sein du FN est bientôt importante :  Alain Renault qui est le bras droit de Duprat devient secrétaire général adjoint du Front et aux législatives de 1978 un tiers des candidats sont issus des GNR.

Mais tout ne se passe pas sans heurts et, dès le quatrième congrès du FN (Bagnolet, 1976), certains éléments nationaux ne cachent pas leur hostilité aux NR. Cependant, l’importance politique de François Duprat fait qu’ils sont intouchables. Dès qu’il est assassiné, tout change et c’est la purge! Elle est menée par Michel Collinot et Jean-Pierre Stirbois. Au congrès du FN de novembre 1978, Alain Renault tente de convaincre qu’« aucune épuration n’est dirigée contre les véritables nationalistes-révolutionnaires, et qu’ils continuent d’avoir toute leur place au sein du Front », mais personne ne le croit. Les militants NR soit sont exclus, soit démissionnent ; ils participent alors avec ce qui reste de l’Organisation lutte du peuple et des Groupes d’action jeunesse (qui avaient refusé la stratégie du Front national d’Ordre nouveau) à la création du Mouvement nationaliste-révolutionnaire que va diriger Jean-Gilles Malliarakis. Mouvement qui se transformera en Troisième voie en 1985 et éclatera entre pro- et anti-lepeniste en 1991. Les seconds créant Nouvelle résistance.

Troisième voie a connu quelques beaux succès. Elle a publié quelque temps un mensuel de qualité diffusé en kiosque, je me souviens d’une réunion où nous avions rempli la Mutualité, etc. Ce qui l’a pénalisé et au final a entraîné sa disparition ce fut la montée du Front national qui a mangé la quasi-totalité de son espace, mais surtout la personnalité de son leader Jean-Gilles Malliarakis qui empêchait tout travail d’équipe et qui a été la cause du départ les uns après les autres de tous ses cadres de qualité.

Nouvelle résistance sera la dernière expérience purement NR en France. J’en étais, j’en étais même le deus ex machina et j’avoue qu’on a été loin dans l’hystérie politique et dans le gauchisme national. On a fait aussi un travail théorique non négligeable, on a publié un hebdomadaire et un a mis un journal imprimé dans les kiosques. Mais on était en déphasage total avec la mouvance ce qui explique que parti à 175 de Troisième voie on a fini à une trentaine quelques années après. D’où la nécessité de créer Unité radicale et de modifier en apparence la ligne de fond en comble pour maintenir la tête hors de l’eau.

Ce dernier groupe a été présenté par les médias de manière toute à fait caricaturale et l’affaire Maxime Brunerie n’a pas arrangé les choses.

Dans la réalité, on était très loin de ce qui a pu être raconté et le modèle organisationnel qui nous inspirait était le travail des trotskistes de Militant au sein du Labour, c’est dire !

En fait, c’est la scission du FN et le mauvais choix fait alors qui a été la cause de notre échec final.

Avant de conclure, je vais aborder un thème sans lequel mon exposé ne serait pas complet : le désir qui a toujours animé, dès l’origine, les NR de mener un combat à l’échelle continentale.

Vous me direz que, d’une certaine mesure, c’est normal pour un courant professant un nationalisme grand européen. C’est exact, mais ce qu’il faut prendre en compte c’est que la volonté de créer une internationale NR s’est manifestée même avant que cette composante de la pensée NR apparaisse réellement. Sans doute parce que c’est le seul courant nationaliste où l’on se bat plus pour une conception de l’homme qui inclut un rattachement à une nation que véritablement pour défendre une nation indépendamment de l’idée qu’elle véhiculerait.

Quoiqu’il en soit. Dès Biétry, il y a une tentative de création d’une structure européenne avec, entre autre, des liens assez étroits avec l’Union du peuple russe. Dans les années 1930, on retrouvera l’équipe de la revue Plans et Ordre nouveau tentant de créer une coordination européenne et à ce titre entrant en contact avec Ramiro Ledesma Ramos, Harro Sulze-Boysen et Otto Strasser. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale on verra se succéder le Front européen de libération de Francis Parker Yockey, le Mouvement populaire européen d’Otto Strasser, Jeune europe de Jean Thiriart, le Comité de liaison des européens révolutionnaires, le Groupe du 12 mars et un nouveau Front européen de libération…

Je ne crois pas révéler un secret d’État en vous disant que Serge travaille actuellement à développer les relations de Troisième voie au niveau européen.

Cela étant que faut-il penser de ces relation internationales ? Sont-ce une internationale des boites postales comme certains ont pu ironiser où cela va-t-il plus loin ?

Pour avoir été un des animateurs du Front européen de libération, je peux vous dire que l’intérêt politique est immense. Il peut y avoir ainsi une mutualisation des idées et des thèmes de combat, la possibilité de découvrir de nouveaux champ d’action et de nouvelles stratégies, de s’enrichir des expériences idéologiques menées ailleurs, et aussi de mener des campagnes au niveau européen contre un ennemi commun.

Bien sur, le combat européen n’est pas la panacée, mais ce serait une erreur de le négliger.

J’arrive maintenant au moment de conclure.

Depuis le début de mon exposé, je n’ai fait que de vous parler de groupuscules. Durant 35 ans pleins, j’ai appartenu à un certain nombre d’entre eux et j’en ai dirigé d’autres, je suis donc bien placé pour savoir de quoi il retourne, pour ne pas être dupe sur leur nombre de militants et sur leur influence réelle.

Vous êtes donc en droit de vous interroger sur l’intérêt réel de cet engagement. Je l’ai fait aussi, et à de très nombreuses reprises : pourquoi tant de dépense de temps et d’argent, pourquoi tant de sacrifices humains, pour, au final, ne faire que labourer la mer ?

À vous dire vrai. Il y a très longtemps que j’ai abandonné l’espoir d’une réussite organisationnelle. Par contre, j’ai toujours été convaincu – et je le suis encore – par la justesse des idées et par leur influence possible. Ainsi, je me retrouve assez bien dans cette citation de Gilles Martinet, qui lui a passé une partie de sa vie dans des groupuscules de la gauche dure : « Je n’ai jamais cru à l’avenir des petites organisations se situant en marge des grandes formations historiques. Et pourtant, j’ai participé moi-même à la constitution et à la direction de plusieurs de celles-ci. C’est que je croyais que leur existence et que leur combat pouvaient entraîner des changements au sein des grands partis. » 

Le rôle qu’ont eu les NR français au sein du mouvement national a été de servir de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées. C’est ce qu’a très bien vu Nicolas Lebourg, un universitaire hostile mais honnête, qui dans sa thèse Les nationalistes-révolutionnaires en mouvements (1962-2202) écrit (p. 704) : « Au sein même du système politique concurrentiel, les groupuscules trouvent leur importance en leur travail de “veilleur” et de fournisseur de concepts et d’éléments discursifs aux structures populistes qui ont, quant à elles, accès à l’espace médiatique. » et d’expliquer que les nationalistes-révolutionnaires ont fourni au Front national nombre de ses idées essentielles dont l’anti-américanisme et l’anti-immigration et, selon ses propres termes, « l’ont ainsi armé lexico-idéologiquement ». Une action de fond qui, je l’espère, n’est pas terminée.

Mais pour jouer ce rôle de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées, encore fallait-il avoir une structure, une presse, des activistes, etc. C’est ce qui justifiait les constructions groupusculaires auxquelles j’ai participé et c’est ce qui les justifie toujours.

Christian Bouchet

mercredi, 16 mars 2011

La Révolution Conservatrice Allemande : Conférence de F.G. Dreyfus

jeudi, 10 mars 2011

L'histoire des défaites de l'empire

François ASSELINEAU nous propose une passionnante quoique très personnelle conférence sur 1500 ans d’histoire de France. Selon le conférencier, les mêmes lignes de force et les mêmes embuches se seraient perpétuées sous tous les régimes et malgré toutes les révolutions.


U.P.R. L'Histoire de FRANCE. François ASSELINEAU... par lucinthesky33

jeudi, 17 février 2011

La bataille de Monbéliard : Conférence de Serge Ayoub

mercredi, 19 janvier 2011

Le nouveau jeu politique Français - Conférence d'Alain de Benoist

mercredi, 10 novembre 2010

Entretien avec Serge Ayoub au sujet de 3ème voie suivie d'une conférence sur le syndicalisme

Entrevue de Serge Ayoub sur Troisième Voie (novembre 2010) from zentropa on Vimeo.

 

mardi, 17 août 2010

Conférence sur l'échec de l'utopie socialo-libérale


L'idéologie face aux réalités du XXIe siècle - Partie 1
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L'idéologie face aux réalités du XXIe siècle - Partie 2
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L'idéologie face aux réalités du XXIe siècle - Partie 4
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L'idéologie face aux réalités du XXIe siècle - Partie 5
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samedi, 05 juin 2010

Conférence sur le nationalisme révolutionnaire

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jeudi, 22 avril 2010

Marx face à l'État et la Nation


samedi, 05 décembre 2009

Le libéralisme selon Jean-claude Michéa

mardi, 03 novembre 2009

Discours sur le renouvellement du nationalisme au Québec