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dimanche, 10 février 2013

Pour qu'adviennent la république, le socialisme et l'indépendance!

rebellium

17:33 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rebellium

jeudi, 03 janvier 2013

Du printemps québécois à l’hiver canadien

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Depuis le début de l’année 2012, le Québec bouillonne. D’une certaine façon, au diapason de ce que le monde semble se faire l’écho. Après un printemps québécois, fleurissant d’espoir et de perspective, nous avons passé à l’été torride du « vous allez voir ce que vous allez voir » pour finalement atteindre l’automne du Parti Québécois. Et fatalement nous y voilà ! L’amer retour de l’hiver canadien, qui s’annonce plus désespérant et plus satirique que jamais. Le Québec bout à des niveaux assez rarement atteints dans son histoire, mais il bout aussi d’une manière bien contradictoire, de telle sorte qu’au lieu d’ébouillanter le cuisinier, on lui offre un spectacle presque divertissant. C’est parfois dommage de voir que malgré toute l’énergie que notre flamme sait dégager, il n’en sort que de petites trépidations ne sachant que s’entrechoquer entre elles. De sorte que le mauvais génie qui s’emploie à faire ces grossières recettes n’en soit presque jamais affecté. Évidemment, l’esprit ténébreux qui transperce ces lignes n’est pas nouveau et passera peut-être aux premières lueurs du printemps, mais comme certaines sagesses nous rappellent que dans tous états d’esprit l’on peut découvrir une forme de vérité, alors laissons le crépuscule faire son œuvre.

Le Québec bouillonne dans une exaspération plutôt partagée, pour ce qui a trait le rejet du monde vers lequel nous nous dirigeons. Les multiples indices qui s’offrent à nous le confirment aussitôt que nous avons l’audace de leurs demander. Ce potentiel est réel et étonnement grand, quoiqu’on en pense. Le problème qui tend à corrompre ce potentiel, outre la tout de même centrale question de l’individualisme de notre société de consommation, c’est le poison qu’occasionnent ces nouvelles vagues idéologiques. Idéologies qui sont d’autant plus injectées massivement que leurs manques de fraîcheur s’en trouvent apparents. Avec de tels abus, on finira par perdre beaucoup plus que ce qu’elles prétendent donner à notre société, si spécifiquement affectée. Non pas que l’idéologie est en soi une mauvaise chose. Il est vrai que de mettre de la « logique » dans ses idéaux est profitable, mais comme le sage Hippocrate l’a un jour dit « ce qui fait le poison, c’est la dose » ! Et c’est bien en abusant de la camelote défraîchie de pays, que nous imitons bien à tort, que l’on pourrait compromettre cette si forte volonté qui nous habite.

Ne l’oublions pas, ce que l’idéologie génère de meilleur, c’est son potentiel à rendre claire et intelligible un système d’idée, potentiellement complexe, à un grand nombre et offrant l’opportunité à celui-ci de faire face à un pouvoir de par son unité des volontés. Bien sur, il faut mettre des guillemets à ce « grand nombre », car il va de soit que l’idéologie a toujours eu beaucoup plus le potentiel de diviser que d’unir, car il peut y avoir à-peu-près autant d’idéologies que de personne pour les incarner. C’est pourquoi l’idéologie est une arme à double tranchant qu’il faut savoir user avec modération.

Ce que cela comporte, en ces temps d’effervescence encore trop peu syncrétique, c’est qu’elles ont tendance à se neutraliser entre elles et se polariser assez vite à l’excès. Et quand cela survient, bien nous en arrivons rapidement aux extrêmes et à la perte de toutes nuances . La polarisation de l’idéologie apporte aussi parfois, avec son lot d’extrémismes, un abus d’antagonisme qui pose un problème jusque dans la définition même de l’idéologie que l’on incarne. De cette façon, elles peuvent finir par n’être que l’inverse d’une autre qui elle-même n’est que le fantasme de ce que l’on veut qu’elle soit. Autrement dit, se limiter à n’être qu’un jeu de miroirs manichéen (des anti). Et je vous avoue que ce type de dichotomie est rarement vecteur positif de changement, c’est le moins que l’on puisse dire ! Je dirais même qu’il est tout à fait classique de les voir se confronter dans le statu quo le plus total. Ce qui les laisse s’embourgeoiser au point de perdre tout le sens qu’elles ont pu un jour avoir. Le bipartisme gauche/droite à la sauce franco-américaine est l’incarnation parfaite de cette dénaturalisation idéologique et est étrangement la version grand publique de ces concepts qui tentent de faire leur place chez nous, sous l’apparence d’un vent de fraîcheur.

Évidemment, comme toute la politique contemporaine est bâtie sur la partisanerie politique, on serait bien en droit de me demander « qu’est-ce que j’ai contre l’idéologie et plus particulièrement contre la dichotomie gauche/droite » ? Ceux qui s’attendraient à me voir pondre un texte de valorisation béate sur la gouvernance libérale vont probablement se trouver assez déçus de m’entendre répéter que l’on ne soigne pas une surdose d’idéologie par son bannissement pur et simple, mais par une élémentaire, mais nécessaire, mise en perspective afin d’y voir plus clair. Ce qui pose problème c’est que les systèmes d’idées sont souvent capables (sans trop d’effort) de se passer du réel pour exister, quand ceux qui l’incarnent se trouvent à être intellectuellement embourgeoisés. Les écrits de Carl Schmitt nous rappellent fort justement que « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi » et c’est tout le problème, car si une idéologie politique nouvelle a besoin de faire ses preuves en se confrontant efficacement avec la réalité pour mériter d’exister, une idéologie intellectuellement embourgeoisée n’a pratiquement besoin que de son antagonisme (ennemi) pour être. Et je dirais même qu’il est pratiquement possible qu’ils puissent s’en passer. C’est pourquoi il est possible de nos jours de faire son pain idéologique avec de l’anticommunisme ou de l’antifascisme, sans passer pour un rigolo, malgré le fait qu’il n’y ait jamais eu de tels régimes (ou même de chance qu’il y en ait) dans notre Histoire. Ces idéologies même si elles ne sont pas ancrées sur le réel du terrain politique, ont tout de même un effet sur lui et celui-ci est la diabolisation, car résultant du besoin de projection qu’on ces idéologies afin d’avoir un semblant d’existence. Quoique la stigmatisation qu’occasionne la diabolisation, soit certes compréhensible sur le plan de l’ami et de l’ennemi, elle pose tout de même des problèmes sur le plan de la politique réelle et cela ce constat régulièrement et surtout lors des fronts communs.

Si au Québec la gauche et la droite ont eu une réalité incarnée, c’est bien entendu dans la question de la souveraineté nationale du Québec qu’elle tire sa source. D’un côté, la majorité francophone généralement pauvre cherchant dans le syndicalisme et la lutte d’indépendance une manière de s’émanciper de la tutelle du pouvoir colonial anglo-canadien. De l’autre, le pouvoir économique anglo-américain cherchant dans l’institution du parlementarisme britannique le moyen de conserver les rênes pouvoir. D’un côté la subversion et de l’autre conservation de l’ordre établi ou bien « gauche et droite ». À partir du moment où l’on importe des idéologies qui ont des fondements étrangers à notre Histoire (comme la méfiance envers le fait national qu’ont les Français pour des raisons qui ne concerne pas notre Histoire ou bien la hantise des Américains envers l’État provenant de raisons qui leur sont tout aussi propres), on est en droit de se demander ce qu’elles peuvent bien apporter de bon à nos débats politiques afin de compenser la confusion qu’elles occasionnent. Si pour un Français, la fleur de lys est un symbole monarchique réactionnaire pour des raisons très franco-françaises, bien pour nous elle signifie notre singularité et notre droit à l’autodétermination. Si pour un Américain le droit de s’acheter un « Gun » à la pharmacie est le summum de la liberté, bien pour nous c’est plutôt le summum de la barbarie. Enfin, je pourrais continuer comme ça bien longtemps, mais je crois que vous devez commencer à comprendre de quoi il en retourne si nous importons des idéologies préconçues comme on importe n’importe quelle autre marchandise. Le problème est simplement celui de ne pas confondre l’idéologie que l’on souhaite incarner avec le look de nos jeans et de garder à l’esprit les faits qui font que le Québec est ce qu’il est, car autrement il est impossible de régler les problèmes politiques que ces faits ont malheureusement générés.

Pour terminer, et aussi pour revenir un peu plus concrètement à notre sujet d’introduction, je suis tombé récemment sur un court métrage (1) me rappelant certains des points les plus décevants du printemps dernier, mais qui apparemment m’étais sortie de l’esprit, lors des marches qui s’y pratiquaient quotidiennement. Bannières aux lys, tricolores patriotes, drapeaux rouges et étendards noirs faisaient front commun pour une cause commune. Mais surtout, y faisait bon ménage. Le mot d’ordre officieux était « ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Mais quelques fois, il arrivait que de mauvais esprits se permettent de faire valoir l’idée selon laquelle des « nazionalistes (2) » n’y avaient pas leur place ! Bien sûr, ce n’était pas une majorité, mais tout de même l’idée y était et tout ce qui me le rappelle m’évoque un profond malaise. Est-il possible qu’une idéologie par un trop-plein de purisme révolutionnaire en devienne de facto réactionnaire ? Se pourrait-il qu’une idéologie puisse attraper une espèce de cancer ? Car, pour ce qui est du film, si celui-ci se présente comme une critique radicale du mouvement étudiant et de son leader sur le principe que celui-ci est d’une certaine façon organisé à la manière de tous les mouvements revendicatifs. Et bien, faute de trouver meilleure façon d’agir, cette critique ne sert que la dissension du mouvement, donc la réaction. De plus, et c’est bien ce que je trouve le plus effronté, ce film dénonce de façon très claire une supposé récupération du mouvement par les souverainistes , qui serait un mouvement « xénophobe », « bourgeois », « réactionnaire » et aux « idées coloniales » (faut le faire !). Il est possible que l’objectif de notre poète (au passage fort talentueux) soit de faire démentir l’adage populaire qu’est « l’union fait la force », malgré toute l’efficacité qu’il a prouvée dans l’Histoire. Loin de moi l’idée de condamner le besoin qu’on certain de se prendre pour des purs et durs de la gauche la plus à gauche du monde, mais quand on se réclame du peuple bien il faut faire avec lui. Et comme le mouvement progressiste au Québec est, au sens large, plutôt majoritairement souverainiste, bien on fait avec ou bien on le combat. C’est en même temps très immoral et très contreproductif de prétendre faussement que celui-ci n’est pas progressiste, parce qu’il ne cadre pas dans des critères idéologiques qui n’ont pas vraiment de réalité chez nous. On ne va sûrement pas accepter le régime canadien que parce que certaines franges marginales du mouvement veulent jouer à la CNT contre de soi-disant « nationalistes antisociaux ». S’ils veulent se battre contre notre projet de tierra y libertad, bien ils peuvent rejoindre les rangs de la droite et se battre contre les méchants « séparatistes ». De toute façon, tous ceux qui se battent contre la souveraineté servent la réaction quoiqu’il en pense, car aucune - je dis bien aucune ! – réformes sociales, encore moins une révolution, n’est possible sans une souveraineté au préalable ! Pas plus qu’il n’est possible à un individu de s’émanciper en prison.

El pueblo unido jamás será vencido (3) chantait le groupe Quilapayún et aujourd’hui reprit en coeur dans l’action subversive. Ironiquement, ce slogan est souvent scandé par ceux-là mêmes qui le divisent (volontairement ou non) en voulant le purifier par excès idéologique. Pour ma part, je me refuse, quand une revendication centrale est en jeu, de combattre des alliés sur la base de questions purement théoriques. C’est pourquoi je n’ai pas l’intention de faire plus avant de critiques sur ceux qui veulent faire une révolution en s’en interdisant les moyens pour de pures questions de purisme idéologique. Je lasserai, par contre, ces dernières phrases à de grands Français dont la pensée devrait être mieux connue chez nous, car s’appliquant si harmonieusement à notre situation :

« Non, l’internationalisme n’est ni l’abaissement, ni le sacrifice de la patrie. Les patries, lorsqu’elles se sont constituées, ont été une première et nécessaire étape vers l’unité humaine à laquelle nous tendons et dont l’internationalisme, engendré par toute la civilisation moderne, représente une nouvelle étape, aussi inéluctable.

(...) la patrie humaine que réclame l’état social de la production, de l’échange et de la science, ne s’opère pas, ne peut pas s’opérer aux dépens des nations de l’heure présente, mais à leur bénéfice et pour leur développement supérieur.

On ne cesse pas d’être patriote en entrant dans la voie internationale qui s’impose au complet épanouissement de l’humanité, pas plus qu’on ne cessait à la fin du siècle dernier d’être Provençal, Bourguignon, Flamand ou Breton en devenant Français.

Les internationalistes peuvent se dire, au contraire, les seuls patriotes, parce qu’ils sont les seuls à se rendre compte des conditions agrandies dans lesquelles peuvent et doivent être assurés l’avenir et la grandeur de la patrie, de toutes les patries, d’antagoniques devenus solidaires.

En criant Vive l’Internationale ! Ils crient Vive la France du travail ! Vive la mission historique du prolétariat français qui ne peut s’affranchir qu’en aidant à l’affranchissement du prolétariat universel ! » (4)

 ***

[1] http://vimeo.com/55680273

[2] Jeu de mots douteux entre « nationalistes et nazi » tellement pervers et stupide dans un cadre comme celui des manifestations du printemps dernier qu’il serait presque possible qu’il soit fait par des agents provocateurs.

[3] « Le peuple uni ne sera jamais vaincu »

[4] Jules Guesde et Paul Lafargue, 23 janvier 1893

mercredi, 19 décembre 2012

Jaurès et le socialisme du peuple

Jaures1.JPG« Quand on dit que la révolution sociale et internationale supprime les patries, que veut-on dire ? Prétend-on que la transformation d’une société doit s’accomplir de dehors et par une violence extérieure ? Ce serait la négation de toute la pensée socialiste, qui affirme qu’une société nouvelle ne peut surgir que si les éléments en ont été déjà préparés par la société présente. Dès lors, l’action révolutionnaire et internationale, universelle portera nécessairement la marque de toutes les réalités nationales. Elle aura à combattre, dans chaque pays, des difficultés particulières ; elle aura, en chaque pays, pour combattre ces difficultés, des ressources particulières, les forces propres de l’histoire nationale, du génie national. L’heure est passée où les utopistes considéraient le communisme comme une plante artificielle qu’on pouvait faire fleurir à volonté, sous un climat choisi par un chef de secte. Il n’y a plus d’Icaries. Le socialisme ne se sépare plus de la vie, il ne se sépare plus de la nation. Il ne déserte pas la patrie ; il se sert de la patrie elle même pour la transformer et pour l’agrandir. L’internationalisme abstrait et anarchisant qui ferait fi des conditions de lutte, d’action, d’évolution de chaque groupement historique ne serait plus qu’une Icarie, plus factice encore que l’autre et plus démodée.

Il n’y a que trois manières d’échapper à la patrie, à la loi des patries. Ou bien il faut dissoudre chaque groupement historique en groupements minuscules, sans liens entre eux, sans ressouvenir et sans idée d’unité. Ce serait une réaction inepte et impossible, à laquelle d’ailleurs, aucun révolutionnaire n’a songé ; car, ceux-là mêmes qui veulent remplacer l’Etat centralisé par une fédération, ou des communes ou des groupes professionnels, transforment la patrie ; ils ne la suppriment pas, et Proudhon était Français furieusement. Il l’était au point de vouloir empêcher la formation des nationalités voisines. Ou bien il faut réaliser l’unité humaine par la subordination de toutes les patries à une seule. Ce serait un césarisme monstrueux, un impérialisme effroyable et oppresseur dont le rêve même ne peut pas effleurer l’esprit moderne. Ce n’est donc pas par la libre fédération de nations autonomes répudiant les entreprises de la force et se soumettant à des règles de droit, que peut être réalisée l’unité humaine. Mais alors ce n’est pas la suppression des patries, c’en est l’ennoblissement. Elles sont élevées à l’humanité sans rien perdre de leur indépendance, de leur originalité, de la liberté de leur génie. Quand un syndicaliste révolutionnaire s’écrie, au récent congrès de Toulouse : «A bas les patries ! Vive la patrie universelle !», il n’appelle pas de ses vœux la disparition, l’extinction des patries dans une médiocrité immense, où les caractères et les esprits perdraient leur relief et leur couleur. Encore moins appelle-t-il de ses vœux l’absorption des patries dans une énorme servitude, la domestication de toutes les patries par la patrie la plus brutale, et l’unification humaine par l’unité d’un militarisme colossal. En criant : «À bas les patries !» il crie : «À bas l’égoïsme et l’antagonisme des patries ! À bas les préjugés chauvins et les haines aveugles ! À bas les guerres fratricides ! À bas les patries d’oppression et de destruction !». Il appelle à plein cœur l’universelle patrie des travailleurs libres, des nations indépendantes et amies.

Qu’on ne dise point que les patries, ayant été créées, façonnées par la force n’ont aucun titre à être des organes de l’humanité nouvelle fondée sur le droit et façonnée par l’idée, qu’elles ne peuvent être les éléments d’un ordre supérieur, les pierres vivantes de la cité nouvelle instituée par l’esprit, par la volonté consciente des hommes. Même si elles n’avaient été jusqu’ici que des organismes de force, même si on oubliait la part de volonté, de pensée, de raison, de droit, de libre et sublime dévouement, qui est déjà comme incorporée dans la patrie, c’est dans les grands groupements historiques que doit s’élaborer le progrès humain. L’esprit, même s’il est le premier dans le monde, a accepté de se produire dans la nature, selon sa nature. Sa force, sa victoire, ce n’est pas de répudier la nature, c’est de l’élever à soi, de la transformer par degrés. L’individu humain, lui aussi, est le produit d’une terrible évolution de nature. Il est l’héritier de bien des forces brutales, il porte en lui bien des instincts d’animalité. Va-t-il maudire en lui la nature et la refouler ? Où sera son point d’appui pour s’élancer plus haut ? Et que sera le prix de sa victoire s’il n’offre en quelque sorte, au gouvernement de la raison, qu’une âme morte et une sensibilité éteinte ?

Dès maintenant, c’est une joie pour tous les militants du socialisme international, c’est une fierté et une force de faire appel, en vue de l’ordre nouveau, à ce que les patries ont de plus noble dans leur tradition, dans leur histoire, dans leur génie. Tous les actes de courage et de noblesse qui marquent le niveau où peut se hausser la nature humaine, tous les efforts d’invention, toutes les audaces de l’esprit, tous les progrès de liberté, de démocratie et de lumière, qui ont préparé une civilisation supérieure et qui ont disposé le peuple à y participer, nous les appelons à nous, nous les évoquons. Nous disons aux hommes : «Pourquoi ce mouvement s’arrêterait-il ? Pourquoi tous ceux qui sont restés jusqu’ici dans la dépendance et dans l’ombre ou dans la pénombre ne seraient-ils pas élevés à la liberté et à la clarté ?» Mais n’est-ce pas dans un régime de coopération sociale que toutes les initiatives trouveront la garantie que toutes les intelligences et les consciences auront leur plein essor ?

Nous prenons à témoin la patrie elle-même dans sa continuité et dans son unité. L’unité sera plus forte quand, à la lutte des classes dans chaque patrie, sera substituée l’harmonie sociale, quand la propriété collective servira de fondement à la conscience commune. La continuité sera plus profonde quand tous les efforts du passé aboutiront à l’universelle libération, quand tous les germes d’égalité et de justice s’épanouiront en une magnifique floraison humaine, quand le sens vivant de l’histoire de la patrie se révélera à tous par un accomplissement de justice, quand les œuvres les plus fines et les plus hautes du génie seront enfin, dans la culture individuelle et la culture sociale agrandies, l’orgueil et la joie de toutes les intelligences. Par là, la patrie sera le miroir vivant où toutes les consciences pourront se reconnaître. Par là, les prolétaires qui n’eurent, au cours des temps, qu’une possession partielle et trouble de la patrie en auront enfin la possession pleine et lumineuse. Elle sera bien à eux, même dans le passé, puisque, par leur effort suprême, tout le travail des siècles aura abouti à leur exaltation dans la justice.

Ainsi les patries, en leur mouvement magnifique de la nature à l’esprit, de la force à la justice, de la compétition à l’amitié, de la guerre à la fédération, ont à la fois toute la force organique de l’instinct et toute la puissance de l’idée. Et la classe prolétarienne est plus que toute autre classe dans la patrie puisqu’elle est dans le sens du mouvement ascendant de la patrie. Quand elle la maudit, quand elle croit la maudire, elle ne maudit que les misères qui la déshonorent, les injustices qui la divisent, les haines qui l’affolent, les mensonges qui l’exploitent, et cette apparente malédiction n’est qu’un appel à la patrie nouvelle, qui ne peut se développer que par l’autonomie des nations, l’essor des démocraties et l’application à de nouveaux problèmes de toute la force des génies nationaux, c’est-à-dire par la continuation de l’idée de patrie jusque dans l’humanité.

Voilà pourquoi, en tous ses congrès, l’Internationale ouvrière et socialiste rappelle aux prolétaires de tous les pays le double devoir invisible de maintenir la paix, par tous les moyens dont ils disposent, et de sauvegarder l’indépendance de toutes les nations. Oui, maintenir la paix par tous les moyens d’action du prolétariat, même par la grève générale internationale, même par la révolution. Combien de malentendus volontaires ou involontaires, combien de méprises et de calomnies les adversaires du socialisme ont accumulé sur cet objet ? »

Jean Jaurès , L’Armée nouvelle, 1910

mercredi, 07 novembre 2012

LE NPD N’EST PAS UN PARTI FÉDÉRAL, MAIS « NATIONAL »

20121102_npd.jpgUne des erreurs majeures du Bloc Québécois à l’égard du NPD a été d’avoir attendu les dernières semaines de la campagne électorale avant de critiquer son programme. Sa plate-forme électorale était inconnue du grand public, qui ignorait donc qu’elle ne contenait rien sur le Québec.

La même erreur s’est reproduite lors de la dernière campagne électorale québécoise à l’égard de Québec solidaire. On a laissé QS répéter comme un mantra le « scrutin proportionnel », sans passer au crible de la critique sa plate-forme électorale.

On connaît le résultat de ces deux fautes politiques impardonnables. Le NPD a raflé 59 députés le 2 mai 2011 et Québec solidaire a privé le Parti Québécois d’une majorité en septembre dernier.

Dans le cas du NPD, le politologue André Lamoureux apporte une contribution inestimable à l’analyse de ses positions dans un article paru dans l’édition automne 2012 du Bulletin d’histoire politique. Spécialiste québécois du NPD, André Lamoureux est l’auteur de l’ouvrage de référence Le NPD et le Québec, 1958-1985 (Éditions du Parc), dont une édition revue et augmentée est en cours de préparation.

Selon Lamoureux, la présence de 59 députés québécois n’a pas modifié fondamentalement l’attitude du NPD à l’égard du Québec. Six semaines après l’élection, au congrès de Vancouver, aucune résolution concernant la question québécoise n’a été présentée, alors que les élus du Québec formaient plus de la moitié de la députation.

Bien plus, à ce congrès, le NPD a ressuscité la vieille étiquette « nationale » pour dénommer les instances de l’organisation. Ainsi, Nycole Turmel a été désignée présidente du caucus « national » du parti plutôt que du caucus « fédéral ».

Ce n’est pas anodin. Lamoureux rappelle qu’en 1961, la délégation du Québec, dirigée par Michel Chartrand, avait mené une charge à fond de train pour faire changer toutes les appellations des instances du parti et adopter le qualificatif « fédéral » en remplacement du terme « national ». C’était dans le cadre d’une lutte épique menée pour la reconnaissance de l’existence des « deux nations ».

Lamoureux a également relevé les positions prises par le NPD depuis la dernière campagne électorale. Sur la question linguistique, il rappelle que le député néo-démocrate Joe Comartin faisait partie du consensus des cinq députés qui ont soumis la candidature de l’unilingue anglophone Michael Moldaver au poste de juge à la Cour suprême.

Dans son projet de loi visant la protection de la langue française dans les entreprises de juridiction fédérale, le NPD a inscrit un article qui permet au gouvernement fédéral une exemption des dispositions de la loi.

Rien d’étonnant de la part d’un parti dirigé par Thomas Mulcair, un ancien avocat d’Alliance Québec. Il sera intéressant de voir la position qu’adoptera le NPD lors du dépôt par le Parti Québécois de sa nouvelle mouture de la Charte de la langue française.

Au plan social, le NPD a adopté une position pour le moins hésitante sur le registre des armes à feu et le projet de loi C-10 sur les jeunes contrevenants.

Au chapitre économique, Lamoureux ne manque pas de rappeler le soutien enthousiaste de la députation canadienne-anglaise du NPD au contrat de 30 milliards $ aux chantiers navals de la Colombie-britannique et de la Nouvelle-Écosse, et qui laissait scandaleusement sur le carreau le chantier de la Davie à Lévis.

Il note également que le NPD a donné son approbation à l’aide du gouvernement fédéral au projet hydroélectrique du Bas-Churchill du gouvernement terre-neuvien, une aide dénoncée par un vote unanime de l’Assemblée nationale du Québec et réprouvée par le gouvernement ontarien de Dalton McGuinty. 

Nous pourrions ajouter l’’appui récent en catimini du NPD au libre-échange – complètement occultée par la presse québécoise – qui représente un virage à 180 degrés pour ce parti. Mentionnons également la prise de position favorable à l’inversion de l’oléoduc de la compagnie Enbridge qui acheminera du pétrole des sables bitumineux au Québec et, éventuellement, vers l’Asie.

Par contre, Thomas Mulcair est résolument contre l’oléoduc Northern Gateway, destiné à amener le pétrole de l’Alberta vers la côte Ouest. Une position calquée sur celle du NPD de la Colombie-britannique, pour ne pas nuire aux chances de ce dernier de prendre le pouvoir lors d’élections prévues pour l’an prochain.

André Lamoureux consacre de longs passages de son article à la fameuse Déclaration de Sherbrooke de 2006, qui représenterait la position du NPD sur le Québec. Il montre la contradiction entre cet énoncé politique qui reconnaît le droit du Québec à devenir un pays indépendant avec « 50% + 1 » des suffrages et le soutien du NPD à la Loi sur la clarté référendaire. 

Il faut féliciter le Bloc Québécois de remettre cette question à l’ordre du jour du Parlement canadien. Déjà, nous avons vu les contorsions du député Yvon Godin affirmant qu’il n’y avait pas de contradiction entre les deux!

Mais la négation des droits inaliénables du Québec va encore plus loin. Nous avons déjà démontré que, dans cette Déclaration de Sherbrooke, le NPD hésite à reconnaître l’existence même de la nation québécoise. 

Pierre Dubuc

jeudi, 11 octobre 2012

Conférence d'Alain Soral et Piero San Giorgio à Montréal

Deuxième conférence conjointe de l’intellectuel et sociologue dissident français Alain Soral et du survivaliste et auteur suisse Piero San Giorgio, organisée par Les Fils de la liberté et PréparationQC et enregistrée le 30 septembre 2012.

jeudi, 20 septembre 2012

"Survivre à l’effondrement économique" : la version audio

Survivre à l’effondrement économique.JPG

La suite ici

mercredi, 12 septembre 2012

Les Anglais se réveillent !



Le climat était déjà fort explosif au Québec, et cela, avec raison. Nous étions probablement plusieurs à croire que la situation ne pouvait que s’améliorer après 8 mois de conflit étudiant moussé à l’extrême par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le régler. Mais finalement, voilà le grand soir ! Le 4 septembre nous assistons enfin à la fin du règne du candidat Charest, dans sa circonscription de Sherbrooke, et du même coup à celle de sa belliqueuse tribu de libéraux. Cette douce victoire, loin d’être totale, a malheureusement été accompagnée de plusieurs déceptions : parti libéral encore très fort, gouvernement péquiste minoritaire, perte du soldat Aussant, etc. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, cette petite douceur, pourtant prédestinée à être en une le lendemain, fut encore plus enfiellée qu’elle ne l’était déjà par un autre évènement aussi insolite qu’inattendu. Eh oui ! Il semblerait que cette petite victoire, aussi insignifiante soit-elle et ayant beaucoup plus à voir à de l’alternance qu'à un mouvement de masse, ait quelque chose d’assez intolérable pour mériter que l’on essaie de massacrer ceux qui ont eu l’audace de soutenir le parti. Parti qui lui a commis comme crime d’avoir quelques petites positions identitaires dans son projet. Cet attentat plongea évidemment dans l’effroi une bonne partie de la population, mais étrangement pas tout le monde. Cet évènement, qui aurait pu être conclu de manière cordiale, par un minimum de consensus sur le caractère politique et extrémiste de l’acte (du moins de la part des médias comme c’est généralement le cas un peu partout dans le monde dans des situations équivalentes) fut une véritable débandade de propos plus ou moins ignoble en provenance non seulement des médias anglais, mais aussi francophones.


Cette incroyable situation, aux vues des réactions aussi absurdes et inconséquentes qu’elles ont suscitées, ne peut être comprise autrement que comme l’incarnation d’une haine viscérale qu’ont certains citoyens du Canada envers la volonté d’émancipation qu’a le Québec, et ceci, pour ne pas simplement parler de racisme grossier dans bien des cas. Ce visible et soudain éclatement de haine, ne pourra que réveiller (en tout cas, je l’espère) ceux qui lévitaient encore une peu trop dans le doux rêve de la bonne entente anglo-québécoise. Bonne entente, que cultivent encore bien des gens de caractères modérés chez nos vaillants souverainistes. Il ne l’a pas officiellement mentionné dans son dernier article, mais j’espère que ceux comme Mathieu Bock côté, qui trouvait dont absurde(1) la comparaison entre le protectorat Français en Algérie et celui que nous connaissons aujourd’hui, vont commencer à voir nos voisins comme ils sont, soit des gens qui ne nous voient aucunement comme des égaux, mais comme des indigènes, si ce n’est pire (2). On me répliquera bien sûr qu’il n’existe aucunes comparaisons factuelles entre le gentil empire britannique et l’horrible empire français ! Les Français, c’est vrai, sont d’horribles colonialistes racistes n’ayant une culture de valeur que lorsque celle-ci est vectrice de cosmopolitisme, de bons vins et d’accessoires de luxe. Alors pour ce qui est de nous… Culturellement inférieur, car rustique et enraciné, contrairement nos cousins et en même temps dépourvue de toute la gentillesse qu’ont nos voisins anglais et étasuniens qui, contrairement à nous, aiment apporter la démocratie aux pays barbares. En n’oubliant pas, du même coup, le doux commerce néolibéral qui vient avec. Il est donc tout à leur honneur de nous aider à atteindre ce « Bien suprême » qu’est l’anglitude en neutralisant nos volontés politiques par la tricherie dans un jeu démocratique déjà tronqué d’avance. S’ils trichent, ce n’est pas une raison d’être en colère voyons donc ! C’est pour notre bien ! Sinon un Québec souverain mettrait en place immédiatement une horrible dictature où les anglophones n’auraient que des droits équivalents aux notes !!! Qu’elle horreur hein !? Faudrait bien être fou pour donner l’autonomie à ces crypto nazis là. Il faut les dominer, les assimiler et assassiner leurs leaders, du moins c’est ce que crois les angryphones des sites comme Park Avenue Gazette ou No dog or no anglophones qui ne sont, je vous l’accorde, pas les plus représentatif des dominants. La grosse majorité d’entre eux ne veulent que la domination politique, l’assimilation viendra d’elle-même avec le temps. Avant de continuer l’élaboration de ce torrent d’aberration que sont les relations anglo-québécoises, laissez-moi revenir un moment sur les faits saillants de la soirée du 4 septembre pour ne pas perdre de vu la gravité des évènements :    


Peu avant minuit mardi soir, Pauline Marois, chef du parti québécois et première ministre élue, prononçait son discours de victoire, au Métropolis de Montréal.


Vêtu d’un peignoir et d’une cagoule, un monsieur du nom de Richard Henry Bain, résidant de 61 ans de La Conception, s'est approché de l'entrée des artistes, derrière le Métropolis.


Bain aurait tiré en direction de la salle et atteint deux techniciens. À l'intérieur de la salle, le son de l'arme aurait été couvert par les acclamations des militants, qui n'ont rien entendu.


Denis Blanchette, technicien de scène de 48 ans, père d'une fille de 4 ans, fut tué sur place en empêchant le tireur d'entrer dans le Métropolis.


Un autre technicien de 27 ans, Dave Courage, a aussi été touché au niveau du bassin. Il a été opéré et a survécu.


Rapidement, les agents de la Sûreté du Québec ont tiré les blessés à l'intérieur du Métropolis et ont verrouillé la porte. Le suspect aurait alors allumé un incendie à l'extérieur de la salle.


Les policiers sont ensuite intervenus et plaqué au sol notre assassin. Celui-ci, devant les caméras arrivées aussitôt, cria « Les Anglais se réveillent! It's gonna be fucking payback !» Un policier en civil aurait saisi au moins deux armes au suspect, une arme de poing et un fusil d'assaut, ressemblant à un AK-47.


Au même moment, alors qu'elle prononçait toujours son discours en direct à la télé, Mme Marois a été entraînée subitement dans les coulisses par ses gardes du corps. Elle est ensuite retournée au micro et a demandé aux militants de quitter la salle calmement.

Une fois le suspect mis hors d’état de nuire, les policiers ont fouillé son véhicule, garé tout près et y auraient trouvé un bidon de liquide inflammable ainsi qu’une scie.

C’est donc ainsi que débuta la carrière d’assassin de Bain et aussi le supposé régime de terreur du parti québécois. Régime de terreur minoritaire dois-je le rappeler et qui sera probablement incapable de faire les réformes attendues par son électorat. Malgré cette situation très attendue et tout sauf révolutionnaire, la colère et la peur de nos camarades anglophones leur imposa la connerie en gros titre comme celui du Calgary Herald qui nous explique que le souverainisme québécois est intolérant ou bien The Gazette qui accuse le PQ de xénophobie. Sans compter, nos propres larbins de La Presse qui décrivent Bain comme « Un amoureux du Canada à l’âme troublée »! Beau portrait, ne trouvez-vous pas, d’un homme qui a tenté d’assassiner la nouvelle première ministre du Québec ? C’est sûrement un acte de foi pour sauver la démocratie canadienne de la terreur péquiste nous dira-t-on? Enfin, tout ceci et je n’ai même pas fait mention de ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux comme appels au meurtre et commentaires haineux en provenance d’autres gentils « amoureux du Canada »!   


Que doit-on conclure de cette affaire et de son aspect profondément révélateur ? Il est difficile de ne pas voir une aberrante condition de deux poids deux mesures dans ces réactions. On parle, sans le moindre complexe, de terrorisme pour les étudiants qui ont enfumés le métro, mais Bain lui ce n’est qu’une âme troublée? J’aimerais bien voir les gens de La Presse nous parler d’Anders Behring Breivik ou de Timothy McVeigh comme de grands amoureux de la Norvège et des Etats-Unis. Ça serait impensable à première vue, mais ici il faut croire que tout est possible au nom du sacro-saint beau Canada, le plusss beau pays du monde ! Évidemment, l’on me rétorquera que le nombre de morts n’est pas comparable (même si l’intention y était). La remarque est peut-être valable pour les gens de mauvaise foi, mais je ne crois pas que sur le principe qu’il a manqué son coup, La Presse ou tout autre officine médiatique du même ordre, feraient l’éloge de Umar Farouk Abdulmutallab comme d’un amoureux de la sagesse musulmane à l’âme troublée! Non c’est juste au Québec que ce genre de situation arrive, on est vraiment une province distincte !


Notre cas, si vous ne l’aviez pas encore remarqué, est tout à fait singulier en ce qui a trait le double standard. Nous sommes un des rares peuples (si ce n’est pas le seul) à qui reviennent le chapeau de l’exploiteur et la condition de l’exploité. Nous sommes de méchants dominateurs de part notre volonté d’exister, mais en même temps nous sommes incapables de le faire appliquer convenablement de par notre statut de minorité dans les formes politiques du pays. De là les accusations délirantes des sites angyphones qui dans la même phrase nous traite de peuple d’arriéré (c’est la signification propre du terme Kebeckistan) et en même temps de nazi. C’est vraiment le statut le moins enviable que l’on puisse imaginer. D’un côté l’infériorisation morale du dominant et de l’autre l’incapacité et la stigmatisation du dominé. « Big deal! »


Enfin bref ! Rien n’est plus révélateur que la situation actuelle pour illustrer les relations anglo-québécoises et le pourquoi de la nécessité de se battre pour avoir notre pays. Rien n’est plus faux que de croire que c’est en courbant l’échine que l’on obtiendra le respect. Si on se couche, ils vont nous piller dessus, mais si nous restons debout et que nous résistons, ils vont nous haïr, mais ils vont nous respecter, disait Falardeau. Et c’est exactement ce qui arrivera si nous nous assumons fermement et cessons de faire de l’aplaventrisme. Encore une fois, rappelons-nous d’autres des sages paroles du feu soldat Falardeau, le moment de le crier n’aura jamais été si fort qu’en ce dramatique moment :


« La lutte pour la libération de notre pays n'est pas une lutte constitutionnelle. C'est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir enfin un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l'indépendance n'appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l'ensemble du peuple québécois. Chacun, quelle que soit sa langue, son origine ethnique ou la couleur de sa peau, est personnellement responsable. Responsable de tous. Il y a un prix à payer pour la victoire ou pour la défaite. Chacun devra rendre les comptes. Le choix est simple : ou la liberté, ou la mort ! » 

(1) La situation n’est pas la même actuellement, c’est certain. Mais si les choses iraient dans le même sens, la réplique serait au moins équivalente.

(2) Bien sûr je sais qu’il ne faut pas généraliser, alors je dirai seulement « des » anglo-canadiens  et non pas « tout » les anglo-canadiens. 

vendredi, 07 septembre 2012

Entretien avec René Balme

Interview ReOpen911 : Le maire de Grigny, René Balme répond à la campagne de propagande lancée par Ornella Guyet l'associant au conspirationnisme et à l'antisémitisme pour avoir, entre autre, relayé sur un site qu'il animait, des articles de notre association.

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lundi, 03 septembre 2012

La p’tite Politique ou la perversion du bon sens

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Si l’on dit que l’on reconnaît la valeur de quelqu’un à ses actes, je crois que l’on peut aussi dire que l’on reconnaît de nos jours le manque de valeur d’un parti politique à sa démagogie. Et de la démagogie on en a entendu depuis le début de la campagne électorale, enclenchée par notre cher matamore frisé de la sécurité publique (si tant est que ça soit possible d’être pire). Il va sans dire que cette soudaine élection, quoique anticipée de manière théorique, déclencha aussitôt une machine électorale visiblement pas tout à fait au point chez les autres partis. Quoique l’objectif de cette peau de banane ait bel et bien marché, les casseroles du parti libéral étaient tellement nombreuses que l’avantage supposé de ce départ précipité ne fût pas tel qu’escompté. Ce qui impliqua pour eux un désagréable retour sur le ring. Retour au ring électoral d’autant moins agréable, pour le parti libéral, que cette élection-ci se compose de nombreux paramètres nouveaux, ne pouvant que compromettre la victoire d’un parti dont l’avantage principal reste l’inertie. Mais retournons à nos moutons. Que se passe-t-il dans la tête de nos politiciens pour que leur démagogie atteigne de tels niveaux ? En fait, je crois que c’est d’abord parce que la course se trouve à être plus serrée que prévu et que le manque de préparation stratégique impose instinctivement le « bitchage » bas de gamme. Bien sûr, ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’une élection se joue serré (même à trois), mais à mon sens, il semble qu’en plus des conjonctures, les circonstances sociopolitiques du moment (locales comme mondiales) jouent indubitablement un grand rôle dans l’ambiance de cette élection.

Plus profondément encore, il me semble de plus en plus clair que nous arrivons dans une nouvelle ère politique et que cette fin de cycle (pour ne pas citer un livre du même nom) soit aussi la cause d’une effervescence qui travaille les têtes. Par contre, cette effervescence ne doit pas être confondue avec une quelconque situation révolutionnaire. Tout au plus, le début d’une phase de frustration pouvant éventuellement déboucher sur une ébauche de retour à la conscience collective. Mais bref, nous sommes sans conteste dans une phase de fin de cycle et non pas encore dans du neuf, car le ménage des élites n’est toujours pas fait et est plus que nécessaire pour tourner la page. Enfin, la situation actuelle étant tout de même vraisemblablement insupportable pour tout le monde, le moment où l’inévitable changement de cap devra arriver doit donc être très proche. Simplement, ce qui doit être le plus agaçant pour les politiciens de profession, c’est que l’orientation de ce changement de cap est encore très dure à anticiper ! Et c’est là le paramètre qui s’avère le plus singulier de nos jours pour ceux qui aiment surfer sur la récupération politique, car les dernières élections (provinciales comme fédérales) nous ont tout donné sauf de la logique et de la cohérence.

2007 (provinciale), le Québec vote en masse pour l’ADQ (défaite historique du PQ)

2008 (provinciale), le Québec ne vote pas en masse (donc victoire par défaut du PLQ)

2011 (fédérale), le Québec vote en masse pour le NPD (défaite historique du BQ et du PLC) et majorité conservatrice[1]     

Le seul point commun à ces trois élections[2], serait à bien des égards, le vote (ou le non-vote) contestataire. Qui relève plus de l’effet de vague que d’un désire de changements précis, car, admettons-le, si l’on veut du changement, il faut bien savoir ce que l’on veut sinon on nage dans les phrases vides et les mots creux de politiciens. Mais les mots creux et les phrases vides, même s’ils ne veulent de facto rien dire, ont fait gagner bien des élections passées et comme les mandats ne sont pas révocable (comme ils devraient l’être en démocratie) bien pourquoi se gêner ? Voilà selon moi les bases principales de la démagogie actuelle. 

Mais avant de continuer, qu’est-ce que j’entends par démagogie ? Car il est normal qu’un discours politicien soit quelque peu démagogique. Aucune des grandes figures du 20e siècle n’a pu se prétendre vierge de propos minimalement démagogiques, c’est la politique de toute l’éternité qui est comme ça, des Grecs jusqu’à nous.

« Action de flatter les aspirations à la facilité et les passions des masses populaires pour obtenir ou conserver le pouvoir ou pour accroître sa popularité. »[3]

D’une certaine façon, Charles de Gaulle, dans son fameux discours du 24 juillet 1967, pouvait facilement être vu comme un démagogue, même si je crois sincèrement que ce discours était tout sauf irrationnel. Enfin, tout pour dire que la démagogie (celle dont je déplore les effets) est surtout caractérisée par son caractère sophistique et mensonger et c’est là-dessus que ma critique se porte.

Les exemples de concepts bidon ces derniers temps sont légion et tous les grands partis sont plus ou moins coupables. Par exemple, le PQ et son soi-disant vote utile ou de raison. Un certain Jean-François Lisée (pour ne pas le nommer), nous apprend même que les souverainistes et les progressistes du Québec, qui ne voteraient pas PQ, seraient (grosso modo) des irresponsables qui ne cherchent, par leur vote non péquiste, qu’à se faire de petits plaisirs égoïstes !? Ces gens seraient à blâmer un peu comme ceux qui aiment prendre des douches trop longues ou ceux qui jettent leurs déchets recyclables aux ordures plutôt qu’au recyclage. En sommes, des gens qui croient que leur petit vice ne compterait pas vraiment[4]. Enfin, je ne sais pas pour vous, mais il semble vraiment nous prendre pour des cons avec son air de papa moralisateur!

D'autres, et surtout les militants, nous parleront de division du vote... Bien sûr ! Un vote PQ est un vote rationnel, mais seulement si l’on oublie plusieurs détails de tailles, comme le fait de ne pas être nécessairement en accords avec eux sur un tas de trucs ou peut-être celui de ne simplement plus leur faire confiance. Sans compter qu’ils ont été les premiers à refuser les alliances stratégiques avant la campagne, ce qui donne à leur argument une légitimité proche du zéro. Le thème du PQ est particulièrement clair, ils veulent le pouvoir et compte sur la haine envers Charest pour y arriver. Donc ils jouent la culpabilité et la peur du pire contre le moins pire (eux en sommes). Comme je l’ai dit, nous sommes dans une croisée des chemins et si le PQ veut se réserver le pouvoir pour ne rien faire de vraiment mieux (Exemple : l’époque Bouchard-Landry), sans le partager et surtout sans changer le mode de scrutin (pour que cesse ce foutu vote utile), bien ils devront apprendre à le perdre comme tous bons partis dits de gouvernement.        

Le second gros canon de la démagogie est la nouvelle CAQ, avec son expert et candidat poids lourd, Gaétan Barrette, qui nous rassure qu’avec eux y’en aura pas de référendum d’initiative populaire[5] ni de référendum tout court. Ouf ! Une chance ! Que ferait-on si l’on tombait dans un tyrannique régime démocratique ! Mon Dieu ! Avec la CAQ, c’est sûr, il n’y en aura pas de chicane, comptez sur nous. On va tout régler tout tout tout de suite ! Évidemment, il n’y aura pas grand monde de politisé pour ne pas trouver ce parti comme étant l’incarnation même de la démagogie, en commençant pas son slogan de campagne « C’est assez, faut que ça change! ». Mais changer pourquoi ? Pour un nouveau parti libéral qui nous dira que les référendums ce n’est pas bon pour la démocratie et qui fera encore les mêmes choses qu’on ne veut plus, mais en mieux ? La CAQ est une grossière construction des sondages de Quebecor sur « les vraies affaires », l’équivalent des boys band, mais version politicaillerie. C’est tellement grossier et artificiel comme montage que le parti est déjà un ramassis d’opportunistes et de parjures. On oublierait probablement après 2 jours que l’on a changé de gouvernement s’ils s’avéraient à être au pouvoir. Ah oui ! Un petit commentaire au passage. La démocratie implique la chicane, car les idées par définition ça divise. Alors si vous voulez vraiment régler tous les problèmes tout de suite et sans chicane ni référendum, bien arrêtez de faire semblant d’être démocrate et assumez-vous comme autocrates. Comme ça les choses seront claires !

Les derniers et non les moindres, sont les champions toutes catégories de la démagogie et malgré leurs exploits en la matière le printemps dernier, ils nous surprennent encore. En fait, le parti libéral c’est de la démagogie à 100 %. D'ailleurs, leur discours est vraiment simple à comprendre en ce sens.

Pour le Québec ou : 

Pour l’économie

Pour les libéraux, qu’est-ce que c’est l’économie ? C’est simplement les entreprises privées. Et qu'est-ce qu’une économie qui va bien ? Des entreprises privées qui vont bien. Ensuite, si les compagnies font un maximum de profit, ils laisseront nécessairement tomber un maximum de miettes pour le petit peuple. C’est ça l’économie pour les libéraux et aucuns concepts keynésiens ou d’intérêts collectifs quelconques n’ont de sens dans leurs têtes. Pourtant, c’est bien ce que le peuple devrait comprendre par une économie en santé, car l’économie est une science humaine qui n’a pas de sens en elle-même. Alors, que les billets bougent de mains en mains et qu’il y ait des chantiers partout OK, mais à quoi bon si la collectivité n’en profite pas ? Le seul lobby qui compte c’est les administrés, ceux qui votent. Pas les personnes morales.

Pour la sécurité

Là, c’est de la démagogie typique avec le bon vieux truc du pompier pyromane. L’on crée le problème puis on joue au sauveur. Provoquer les gens, leur taper dessus puis chialer à l’intimidation comme une victime quand il y a riposte. Vraiment, faut le faire ! Sans compter le summum du summum. Parler d’accessibilité des universités (dans le sens de bâtiment aux portes ouvertes) pour tenter de contredire des piqueteurs qui font grève pour l’accessibilité à l’éducation. Je me demande si ce n’est pas une première mondiale dans le domaine du sophisme justement.   

Pour le statu quo

Enfin, dernier point et d’importance. L’utilisation du système de représentation britannique à un tour, sans révocation de mandat (bien sûr !), ni date d’élection fixe (évidemment !), pour justifier la légitimité et l’assentiment de ses décisions. Quand on sait que toutes personnes habitant dans un château fort du parti adverse et que toutes personnes ne se reconnaissant pas dans les partis « dits de gouvernement », n’ont de facto pas le droit de vote (car presque nul sur le plan du résultat final). Et que même pour ceux qui ont la chance d’avoir un vote d’impact, il n’existe aucuns moyens de faire respecter les promesses pour lesquelles ceux-ci se sont fait élire. On est en droit de croire que le pouvoir du peuple (démocratie) c’est du pur bobard. La démocratie ! C’est vraiment le mot creux de politicien par excellence. Tellement, qu’ils finissent par nous le faire détester, à force de l’associer à des décisions antisociales.

En conclusion, je ne crois pas du tout que nous sortirons du marasme actuel après les élections du 4 septembre, car les probabilités d’avoir autre chose que le pire, le chaos ou bien le moins pire au pouvoir sont pratiquement nulles à cause du régime politique actuel. Malgré tout, je vous encourage à ne pas vous laisser avoir par la démagogie des partis de gouvernement et à soutenir les partis émergents peu importe lesquels, car ils ne peuvent, de par leurs situations de petits partis, contenir autant d’opportunistes et de carriéristes que les autres. C’est à cause d’eux si la politique ressemble à une mauvaise téléréalité et il faudra tôt ou tard faire le vrai ménage... le vrai. La mort des gros partis est le dernier obstacle avant l’avènement du nouveau cycle. Alors, donnez-leur un coup de pied dans les urnes ! ON[6] a besoin de tous pour bâtir la suite!


[1] Je néglige volontairement les élections de 2006 et 2008 au fédéral, car s’inscrivant dans la tendance débutée en 2000 (baisse du PLC) dans le reste du Canada. Ce qui est symptomatique de l’élection de 2011, c’est surtout ce qui s’est passé au Québec (la défaite du bloc face au NPD). 

[2] À l’exception, bien sûr des défaites des partis souverainistes, qui ne sont selon moi pas du tout due à une défaite du souverainisme comme mouvement, mais à des paramètres beaucoup plus complexes.

[3] Définition du Larousse.

[6] Désolé, il fallait que je les place!

vendredi, 31 août 2012

François Legault, ce n'est pas du changement

mardi, 14 août 2012

L’extrême gauche de l’extrême droite

mercredi, 01 août 2012

Les préludes de Narcisse

Lasch.jpgL'individu occidental ressent la brutalité de la société. Il sait que les injustices y sont importantes, que la pauvreté et les inégalités progressent. Il voit les mendiants dans la rue, les chiffres du chômage. La société ne lui apparaît pas comme un système harmonieux ou bienveillant, mais plutôt comme un univers de conflits, avec des perdants et des gagnants, des dominants et des dominés.

Il a conscience des menaces qui pourraient ravager l’humanité, qu’elles soient d’ordre écologique (virus, catastrophe nucléaire, réchauffement climatique...), social et/ou politique (guerre, terrorisme, surpopulation, famine...). Ces apocalypses sont régulièrement brandies par les médias. Elles lui apparaissent à la fois proches et lointaines. Proches dans la mesure où il en entend souvent parler. Lointaines dans la mesure où il n’a pas prise sur elles. L'individu occidental se sent dépassé.

Chaque reportage lui présente une nouvelle catastrophe, arbitraire, imprévisible, sans aucune continuité avec le jour précédent. 

Il se sent tout petit face à ces gigantesques problèmes. Convaincu que ses gestes quotidiens auront peu d’impact, il ne voit pas comment il pourrait, à son niveau, changer quoi que ce soit. Il sait que sa vie pourrait être bouleversée à tout instant. Il n'est pas à l’abri d’un accident, d'un licenciement, d’une agression, d’une maladie fulgurante, d’une souffrance intenable. Il va mourir, et il le sait. Plus le temps passe, plus cette pensée le hante. La vieillesse lui semble être une souffrance socialement cachée ou niée. Il pourrait se retrouver dans une maison de retraite sordide où, chaque jour, la pauvreté relationnelle s’ajoute aux souffrances physiques.

Quel est le sens de sa vie : la réussite professionnelle ? L’amour parfait ? Des
enfants ? La quiétude ? L'individu occidental cherche du sens. Un profond vide intérieur l'étreint, une insatisfaction permanente, une frustration profonde. Il ne trouve pas de conduite claire à suivre. Les religions lui paraissent généralement désuètes ou dangereuses. Ce sentiment est accentué par les contradictions flagrantes de la plupart de ceux qui les pratiquent autour de lui. Même s'il tente parfois de se fixer une éthique personnelle, celle-ci est extrêmement difficile à atteindre, ce qui le culpabilise encore davantage. Pourtant, il rêve de devenir un grand sage apaisé et serein au milieu du tumulte social.

Son environnement social est globalement aride et impersonnel. Il peut, bien sûr, créer des liens amicaux dans son entourage, construire sa ''tribu bienveillante''. Mais les comportements égoïstes, agressifs et impersonnels constituent son quotidien, dans les transports en commun, dans les magasins, sur les routes, sur les plages, etc. Ses relations professionnelles sont également superficielles, le plus souvent empêtrées dans des rapports hiérarchiques ou intéressés. Il se sent interchangeable, stressé, fatigué, dans l’attente du bouquet compensatoire ''salaire-congés payés''

A l’école, au travail, dans les magasins, dans ses loisirs, il évolue dans un univers d’indifférence, de relations éphémères, de rapports marchands. Son univers familial lui-même lui semble destructuré ou destructurable. Qui n'a pas entendu parler autour de lui de divorces, de familles dépecées, de luttes intestines entre fratries, d’enfants placés, de couples en souffrance ?

L'individu occidental n'a généralement aucun espoir de réel changement social ou politique. Les sphères de pouvoir lui paraissent lointaines, déconnectées de sa vie quotidienne. Il perçoit la ''politique'' comme un monde de corruption, de manipulation, de mensonge. Il n’y croit pas ou plus. Sa citoyenneté de soi-disant ''démocrate'' est vide, superficiellement sollicitée pour des élections dont les candidats ont été sélectionnés d’avance et dont il n’a qu’une vague connaissance des programmes, ou encore pour des campagnes de sensibilisation comme celles sur la sécurité routière, la contraception ou le tabagisme. La législation lui semble extrêmement complexe, incompréhensible - et d’ailleurs rarement expliquée. Il ne connaît que très partiellement ou confusément le fonctionnement de l’État ou de l’administration. Il est dépendant des experts pour comprendre cet univers (avocat, juriste, ingénieur, etc.).

Toutes ces pensées ne forment pas un ''Tout'' conscient en permanence dans le psychisme de chaque individu. Elles émergent plutôt de manière éparse, dans l’état de demi-conscience d’un réveil blafard, au creux d’un cauchemar, en filigrane d’une discussion, d’une pensée ou d’un soupir. C’est bien souvent un sentiment diffus, aussi bien dans la sphère consciente que dans l’inconscient.

Mais ce climat social plonge l'individu occidental dans une angoisse sourde et latente. Au plus profond de lui, bien qu'il n'en ait pas forcément toujours conscience, il est désespéré. Narcisse est prêt à naître.

Né du désespoir, Narcisse va rechercher le soulagement. L’être humain ne peut, en effet, raisonnablement vivre dans un tel climat d’angoisse et d’insécurité. Inconsciemment, son psychisme va mettre en place toute une série

de mécanismes de défense....Société inhumaine, travail éreintant, désastres menaçants... Vous connaissez tous cette petite phrase si souvent entendue : ''De toute façon, on ne peut rien faire''… L'attitude de Narcisse reflète « la perte de tout espoir de changerla société, et même de la comprendre ». Il n'a aucune réelle espérance dans l'action étatique ou dans la participation au monde politique. Lorsque Narcisse vote, c'est généralement sans grande conviction ; il ne s'implique dans aucun parti ou syndicat...

Christopher Lasch (La culture du narcissisme)

samedi, 28 juillet 2012

« À celui qui n’a rien, la Patrie est son seul bien »

Il est parfois surprenant de remarquer à quel point certaines idées, misent ensemble, provoquent des synergies magnifiques. Il est d’autant moins surprenant de voir à quel point ces couples conceptuels peuvent être d’autant plus combattus par leurs ennemis que leur synthèse les rend encore plus efficaces et dangereuses pour l’ordre établi. Ceux qui font de la vraie Politique (celle qui se fait à des kilomètres au dessus de nos têtes) le savent pertinemment et ont l’art d’exploiter les éléments de l’Histoire ainsi que les divisions préexistantes entre tous ceux qui résistent, pour que jamais ne puisse survenir le grand soir. Les concepts dont il est question, vous les connaissez bien et vous savez leur potentiel révolutionnaire, mais vous connaissez aussi tous les dangers étymologiques qu’ils comportent par tant d’années de travail sur nos petites psychés. Ces concepts comme vous l’avez deviné ne sont pas l’écolo-capitalisme, ni le misandro-égalitarisme et encore moins le mystico-laïcisme, mais bien évidemment le nationalisme et le socialisme. Concepts, tous deux très classiques, populaires et donc combattus. Et bien sûr, tels 1 et 1 font 2, nationalisme et socialisme donnent nécessairement « national-socialisme », donc nazi ou dictature raciste et impérialiste. Évidemment, cette association étymologique presque inconsciente a fait faire plus d’une attaque de cœur aux souverainistes de bonne foi et en est d’autant plus injuste que cette aberration linguistique les montre pratiquement à l’inverse de ce qu’ils sont.

Malgré son évidente fausseté, cette association reste encore trop souvent utilisée (parce qu’efficace à l’excès) dans l’exercice de la diabolisation de ceux voulant se battre pour la justice dans ce bas monde, encore trop englué de mauvais souvenirs. Effectivement, quoi de mieux comme expression pavlovienne que de forcer les gens de bonnes volontés à choisir entre la souveraineté nationale (sans quoi aucunes politiques n’est possible !) et le social (la raison d’être d’une politique !!!) sous peine d’être des représentants de la bête immonde ? Bien peu s’aventureront sur ce terrain sans un maximum de protections, mais il n’en fût pas toujours ainsi et je dirais même que cette situation est franchement récente. Disons que cette situation remonte plus ou moins aux années 70, mais est devenue vraiment insupportable que depuis les années 90 et cela ne cesse de s’amplifier depuis. Pour cette raison, je crois qu’il est parfois bon de relire ce qu’ont écrit jadis les gens de ces mouvances afin de voir à quel point patriotisme et socialisme vont de paire et surtout à quel point ils n’ont rien avoir avec une quelconque tendance génocidaire. Sans nécessairement avoir besoin de remonter aux sources du nationalisme et du socialisme, quoi de mieux que de relire un extrait de texte de l’une des grandes figures de l’international communisme français[1] pour découvrir que, non seulement le texte n’a pas pris une ride, mais qu’il aurait probablement été mis à l’index par certains de successeur, s’il avait été écrit aujourd’hui.     

Voici Etienne Fajon, extrait de L’ABC des communistes :

etienne-fajon.jpg« On m’a appris que la nation est une communauté humaine stable qui est née et s’est constituée historiquement sur la base de quatre caractères fondamentaux : la communauté de langage, la communauté de territoire, la communauté de la vie économique, la communauté de conformation psychique manifestée par la communauté des propriétés de la culture nationale. La nation française a une histoire et des caractéristiques spécifiques, différentes de celles de l’Angleterre, de la Russie, des États-Unis, de la Chine ou de tout autre pays. Sa vie économique implique, certes, des relations croissantes avec le reste du monde, mais elle est fondée sur les bases industrielles et nationales. Les luttes sociales et politiques y sont marquées par des traits particuliers. La culture française est une culture originale, même si elle fait partie du trésor de la culture universelle.

Le sentiment national s’est développé avec la grande révolution de 1789-1794. Cette révolution a brisé les structures féodales qui faisaient obstacle au développement de la jeune bourgeoisie capitaliste, classe progressiste à l’époque, les barrières douanières à l’intérieur du pays, les différences dans la législation ou les poids et mesures entre les provinces, les privilèges locaux. "Vive la Nation" ! Dans les années qui suivent, ce mot d’ordre devient le cri de ralliement des masses populaires en lutte contre les ennemis extérieurs du pays et leurs complices de l’intérieur (les partisans de l’ancien régime). Les défenseurs de la révolution prennent le titre de "patriotes". Comme on le voit par la simple évocation de son origine, le sentiment national est tout le contraire d’une idée réactionnaire. Il se constitue conjointement avec la naissance et l’essor de la démocratie. Mais cela pose naturellement la question. Le sentiment national n’est-il pas incompatible avec l’esprit de classe ? N’y a-t-il pas, autrement dit, une contradiction entre la lutte des classes et la lutte pour l’indépendance nationale ? La réponse est non. Plus précisément il n’y a pas de contradiction pour la classe ouvrière.

En effet, l’histoire du peuple de France montre qu’à chaque époque les intérêts de la classe sociale ascendante, des forces révolutionnaires et d’avenir, s’identifient à l’intérêt national. Cependant que les intérêts des classes sociales qui ont fait leur temps, des forces rétrogrades, sont contraire à l’intérêt national qu’elles sacrifient à la défense de leurs privilèges. Le rôle national prépondérant de la classe ouvrière apparaît dès qu’elle s’affirme en tant que classe sociale indépendante - à partir du milieu du 19ème siècle pour ce qui concerne la France. La Commune de Paris qui n’a vécu que quelques semaines en 1871 mais qui reste la première expérience au monde d’un gouvernement des travailleurs, est un exemple à cet égard. Incarnation de l’internationalisme - elle comptait en son sein plusieurs socialistes ou démocrates révolutionnaires immigrés-, elle fut l’organisatrice héroïque de la défense nationale contre l’envahisseur prussien, à l’inverse du gouvernement bourgeois de Versailles qui pactisait avec lui.

C’est en vain que certains, pour tenter de justifier leur nihilisme national, font référence à une phrase du manifeste communiste de 1848 : "Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’il n’ont pas". Cette phrase de Marx et Engels décrit simplement une réalité concrète dans laquelle les travailleurs sont dépossédés de tout par la bourgeoisie qui se considère comme propriétaire de tout, y compris de la nation elle-même. Mais les falsificateurs du marxisme se gardent bien de citer la suite : "Comme le prolétariat doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie" (Marx et Engels, Manifeste du parti communiste). La responsabilité de la classe ouvrière dans la lutte pour l’indépendance et l’avenir de la nation n’est pas un complément à son combat pour la révolution socialiste ; elle est partie intégrante de ce combat.

L’histoire du parti communiste français est marquée par une conscience de plus en plus nette de cette responsabilité, jusqu’à sa prise en compte pleine et entière. "Nous prolétaires, nous aimons notre pays". Cette déclaration de Maurice Thorez à la tribune de la chambre des députés, le 3 avril 1933, deviendra une idée maîtresse du rapport qu’il présente au 8ème congrès du parti à Villeurbanne, en janvier 1936. "Nous sommes les héritiers du grand passé dont l’histoire est faite des efforts séculaires du peuple pour se libérer. C’est seulement dans les classes privilégiées condamnées par l’histoire que l’on a constamment renié la patrie française".

Oui nous sommes fiers de la grandeur passée de notre pays, fiers de nos grands ancêtres de 1793, fiers des combattants de février et de juin 1848, fiers des héros de la Commune. Oui, nous associons dans un même tribut de reconnaissance émue la masse anonyme des paysans, des artisans, des prolétaires modernes et la remarquable élite d’hommes d’Etat qui ont fait la richesse, la puissance et la gloire de notre pays. C’est dans cette période que le Parti communiste français s’est préparé, a préparé les travailleurs aux tâches nationales lourdes de sacrifices qui leur incombèrent pendant les années terribles de la guerre et de l’occupation allemande, au terme desquelles le grand écrivain catholique François Mauriac devait souligner "seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle au drapeau de la patrie profanée". En septembre 1945, première réunion du comité central depuis 1939. Jacques Duclos présente le rapport en conclusion duquel il déclare : "aucun parti, aucune formation politique n’a fait ce que nous avons fait ; aucun n’a consenti autant de sacrifices à la cause de la patrie. On nous appelle le parti des fusillés. C’est notre fierté ! Rien ne pourra faire oublier ce que nous avons fait pour la France. »

Propos d’Etienne Fajon (membre du BP du PCF de 1945 à 1979 et directeur de l’Humanité de 1958 à 1974) tirés de son livre paru aux éditions sociales en 1979 "L’ABC des communistes".


[1] Quoique son marxisme ait un impact évident sur sa conception de la Nation, il n’est nul besoin de partager la définition pour en reconnaître le principe. 

vendredi, 20 juillet 2012

Manifeste du Front Révolutionnaire du Québec (F.R.Q.)

nationalisme révolutionnaire,front de libération national

- Quoique ne connaissant pas la nature, la réalité, ni le sérieux de ce groupuscule national révolutionnaire, leur manifeste de type Foquiste reste tout à fait intéressant à lire - 

Nous voulons répondre à la provocation que constitue l'ordre établi. « Nous voulons répondre au chantage des hommes d'affaires qui croient pouvoir maintenir le système politique et économique actuel en semant la peur du changement chez la population. »

Pour nous, Nègres Blancs d'Amérique, le rêve américain et le cauchemar canadien sont des réalités qui nous puent au nez, car l'air que nous respirons est vicié par l'exploitation et l'aliénation de nos frères et soeurs. Depuis que l'homme blanc a mis le pied sur les plages du Nouveau Monde, l'Amérique a été tachée du sang des peuples victimes du génocide colonialiste. C'est dans le massacre, l'esclavage et la destruction des cultures qu'ils ont coulé les fondations de leurs empires. Si on regarde d'un peu plus près on peut s'apercevoir que la société québécoise, comme tout pays colonisé, n'a pas été épargnée par ce pillage. C'est dans ces mêmes fondations que la société dans laquelle nous vivons (les 7.4 millions d'humains qui sont concentrés sur le territoire qu'on appelle le Québec) s'est développée. Si les Québécois(e)s vivent en société ça veut dire que les individus qui font partie de cette collectivité ont des rapports entre eux. Le peuple québécois n'est pas le seul enchaîné au milieu de l'univers. Il est rattaché à d'autres collectivités par certains rapports. Nous sommes différents des autres sur le plan culturel, avec notre langue, nos coutumes et nos manières de faire les choses. Sur cette Terre, les peuples diffèrent, mais les maîtres sont les mêmes. Malheureusement, dans le contexte mondial actuel, une culture, sans de puissantes positions économiques et politiques devient vite folklorique.

Nous n'inventons rien quand nous disons que la démocratie n'a jamais existé au Canada et partout dans le monde. Tout à coup, on transforme la guerre de conquête en farce plate ou en carte postale mélodramatique pour roman Harlequin. On efface 10 000 morts (un septième de la population du Québec à l'époque) pour les remplacer par une blondasse en dentelle qui court dans un champ de blé au lever du soleil pour rejoindre un bel officier anglais poudré et parfumé. On maquille la déportation des Acadiens en croisière de vacances dans les mers du Sud. On représente la terrible répression colonialiste de 1837-1838 comme une opération de maintien de la paix. On camoufle en pacte historique la gammique confédérative qui n'est qu'une mise en minorité définitive d'un peuple par un autre. Au cours des années, les réformes constitutionnelles et administratives n'ont jamais pu supprimer le rapport colonisateur/colonisé. N'oublions pas que l'Histoire a toujours été écrite par les bourreaux.

L'autodétermination des peuples

Pas besoin de rappeler que partout à travers le monde, des peuples souffrent de l'impérialisme et doivent subir l'humiliation d'être soumis. Pour le FRQ cette réalité est inacceptable, car si l'on veut bâtir un vrai monde libre on doit donner à chaque peuple le droit inaliénable d'avoir sa propre destinée, car chacun sait mieux que quiconque ce qu'il doit faire chez lui. De plus, la révolution n'est pas une marchandise d'exportation. C'est plutôt l'élaboration locale, plus ou moins influencée par des facteurs extérieurs, et principalement déterminée par la réalité historique de chaque peuple, car toute société possède ses contradictions internes qu'elle doit combattre pour accéder à la liberté. En soi, le sentiment d'appartenance à un groupe social qui a des caractéristiques particulières, une langue commune, un territoire, sa façon de voir les choses n'est pas mauvais. Tant que ces différences ne sont pas exploitées pour pousser les peuples les uns contre les autres. Tant mieux s’il existe des centaines de peuples de toutes les couleurs qui parlent chacun une langue différente, la vie en est d'autant plus enrichie. Ce que nous voulons c'est un Québec Libre pour tout le monde. C'est-à-dire un territoire libre où les Autochtones, Anglais, Français et immigrants pourraient décider ensemble de leur avenir et bâtir une société sur des principes d'aide mutuelle. Or, dans une société de classes comme celle que nous connaissons, ce sentiment d'appartenance à un groupe est utilisé par la classe dominante pour ses intérêts à elle. C'est pour cela que l'indépendance du Québec sans révolution sociale ne sert à rien.

P.Q : Dans le cul

Le projet de souveraineté du Parti Québécois est un piège. Les petits-bourgeois qui se sont ralliés au Parti Québécois voient dans l'indépendance une façon de devenir de plus gros bourgeois. Une manière très efficace de prendre une meilleure place dans la structure d'oppression du Québec. Nous, nous y voyons une chance d'en finir avec eux. Au Québec, comme dans le monde entier, le temps des crosseurs est terminé. Ces faux prophètes sauveurs de la Nation n'ont pas du tout l'intérêt du peuple à l'esprit. Ils défendent en tout temps et en toutes circonstances les intérêts de leur classe. Tous les exploiteurs sont semblables à nos yeux. Qu'ils aient ou pas des noms français, ce sont des rapaces. Le vrai séparatisme, aux yeux du P.Q., c'est à Québec que ça se fait avec une loi 101 qui sépare la communauté anglophone et francophone. Que tous les péquistes et les bloquistes de ce monde se le tiennent pour dit, l'indépendance ce n'est pas un siège à l'O.N.U, des ambassadeurs dans des cocktails mondains à la Maison-Blanche, ni une armée fantoche dans l'O.T.A.N et le NORAD avec une visite du pape une fois de temps en temps. L'indépendance révolutionnaire réside dans le fait que tous les Québécois(e)s pourront décider ensemble de leur destin par l'aide fraternelle des peuples pour ensuite créer la vraie solidarité internationale.

Capitalisme, non merci

Le FRQ refuse le capitalisme comme idéologie, car leurs politiques qui en sont issues ne sont pensées qu'en fonction de leurs intérêts bourgeois. Cela mène à une exclusion générale, une dictature du capital et une exploitation sans vergogne des ressources naturelles. Face à la mondialisation, l'État s'effrite et méprise la population qu'il gouverne pour ensuite se prostituer aux lois du marché. C'est à force de coupures qu'il creuse sa propre tombe, ce qui fait, bien sûr, le bonheur des capitalistes parce que les gouvernements actuels ne maintiennent que la force répressive (ces tortionnaires supposés nous protéger qu'on appelle police ou armée). Ils préfèrent contrôler au lieu d'améliorer le sort du peuple qu'ils gouvernent. Pas besoin d'être un expert en sociologie pour comprendre que la bourgeoisie et ses collaborateurs ont tout intérêt à perpétuer ce système sur lequel ils s'engraissent comme des parasites. Devant cette constatation qui saute aux yeux nous sommes pourtant aveuglés par le développement des mass-média qui désinforme et déforme complètement la réalité. Nous insultons tous ceux et celles qui laissent faire ces massacres, qui votent pour ces crosseurs néo-libéraux et qui continuent à croire que tout est beau en ce monde et que, puisque nous ne sommes pas encore tous rendus à genou dans la rue, nous n'avons pas à chialer. Nous sommes les victimes consentantes de ce piège capitaliste, nous ne faisons que suivre aveuglément les ordres, et ce, parce qu'ils viennent d'en haut. C'est donc nous qui donnons la permission, qui encourageons et qui réélisons ces assassins. Nous leur donnons ainsi carte blanche sur nos destinées et sur celle des générations qui nous suivent. Soumis, nous n'exigeons des comptes que lorsque ça nous éclate en pleine face, et lorsque nous les demandons ils nous répondent par la force. Toutes ces raisons sont pour nous, le FRQ, des motivations à mener la lutte contre le capitalisme sous toutes ses formes.

Élections : piège à cons

Il ne faut pas se leurrer, les élections au Québec et partout à travers le monde sont une mascarade et un grand spectacle de bouffonnerie. Si voter changeait quoi que ce soit, ce serait interdit. À tous les quatre ans, nous avons le choix de décider qui décidera pour nous, il est donc inconcevable au Québec de changer les choses par les élections. La voie électorale est bouchée par la politicaillerie et le bipartisme. Sans pour autant rejeter du revers de la main les parties de gauche, le FRQ ne croit pas au parlementarisme comme force de changement. Il faut réaliser que tout parti politique base son programme sur des réformes du système et non l'abolition de la machine d'exploitation que nous subissons. Les réformes, nous les laissons aux partis traditionnels, car le FRQ est une organisation qui prône la révolution sociale, c'est-à-dire l'anéantissement du pouvoir par un changement radical. Accéder à l'indépendance par des voies dites électorales ou légales, c'est accepter les compromis et la négociation face au capitalisme, donc une indépendance de papier. Il faut comprendre que les compromis avec nos négriers sont illusoires, car la classe dirigeante saura toujours manipuler de tels compromis en sa faveur puisqu’elle a force de loi.

Ce n'est pas de la violence, c'est de l'autodéfense !

Les Québécois(e)s doivent se rendre compte que la lutte pour leur liberté est intimement liée à la lutte de libération des autres peuples. Tant que l'impérialisme américain perdura, la libération d'aucun peuple ne sera possible. Le véritable internationalisme révolutionnaire réside là : dans la conscience que l'affaiblissement de l'impérialisme en un point du globe signifie l'affaiblissement du système en entier. Si nous visons le Québec en particulier, ce n'est pas parce que le peuple québécois est meilleur qu'un autre, mais plutôt parce que nous sommes situés à l'intérieur du château fort des impérialistes. La meilleure façon de faire tomber une tour est, et sera toujours de l'intérieur. Nous, Québécois(e)s, nous lèverons d'abord en Amérique, car cette dernière est la terre de notre aliénation et de notre exploitation. Il est important de déterminer la force et la forme des armes qu'il faut utiliser, une machine à écrire peut être aussi efficace qu'une rafale de balles, et une radio pirate propageant des idées incendiaires peut blesser autant qu'une bombe; pour certains la plume est plus forte que l'épée, tout dépend du contexte. Une chose est sûre : LUTTE ARMÉE, PEUPLE RESPECTÉ!

Lancer le peuple québécois dans l'action révolutionnaire, voilà notre rôle.
VIVE LA RÉVOLUTION!
VIVE LE QUÉBEC LIBRE!

jeudi, 19 juillet 2012

Dérive sécuritaire de l’Europe?

Lyon, 15 juin 2012
Une conférence inédite de François Asselineau au sujet des dérives sécuritaires de l'union européenne et leur origine américaine.

mardi, 10 juillet 2012

Michel Collon en conférence à montréal


Michel Collon en conférence à montréal par front_alternationaliste

mercredi, 04 juillet 2012

L'empire invisible et l'esclavage moderne


Une Guerre Invisible Contre la... par Darwin_Kayser

mardi, 03 juillet 2012

La crise du capitalisme financier

Conférence donnée par par Paul Jorion et introduit par Jean-Claude Michéa.

Agora des savoirs: Paul Jorion- La crise du... par villedemontpellier

mercredi, 27 juin 2012

Le monde selon l'Armée Zapatiste de libération Nationale (EZLN)

Extrait de la brochure : "SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE"

(Juillet 2005)

ezln_med.gifNous allons vous expliquer maintenant comment nous voyons ce qui se passe dans le monde, nous autres, les zapatistes. D’abord, nous voyons que c’est le capitalisme qui est le plus fort aujourd’hui. Le capitalisme est un système social, autrement dit la façon dont sont organisées les choses et les personnes, et qui possède et qui ne possède pas, qui commande et qui obéit. Dans le capitalisme, il y a des gens qui ont de l’argent, autrement dit du capital, et des usines et des magasins et des champs et plein de choses, et il y en a d’autres qui n’ont rien à part leur force et leur savoir pour travailler ; et dans le capitalisme commandent ceux qui ont l’argent et les choses, tandis qu’obéissent ceux qui n’ont rien d’autre que leur force de travail.

Alors, le capitalisme ça veut dire qu’il y a un groupe réduit de personnes qui possèdent de grandes richesses. Et pas parce qu’ils auraient gagné un prix ou qu’ils auraient trouvé un trésor ou qu’ils auraient hérité de leur famille, mais parce qu’ils obtiennent ces richesses en exploitant le travail de beaucoup d’autres. Autrement dit, le capitalisme repose sur l’exploitation des travailleurs, un peu comme s’il les pressait comme des citrons pour en tirer tous les profits possibles. Tout ça se fait avec beaucoup d’injustice parce qu’on ne paye pas aux travailleurs correctement leur travail, sinon qu’on leur donne juste un salaire suffisant pour qu’ils puissent manger et se reposer un peu et que le jour suivant ils retournent au presse-citron, à la campagne comme en ville.

Mais le capitalisme fabrique aussi sa richesse en spoliant, autrement dit par le vol, parce qu’il enlève à d’autres ce qu’il convoite, comme des terres et des richesses naturelles, par exemple. C’est-à-dire que le capitalisme est un système où les voleurs sont libres et admirés et donnés en exemple.

Et en plus d’exploiter et de spolier, le capitalisme réprime, parce qu’il jette en prison et tue ceux qui se rebellent contre l’injustice.

Ce qui intéresse le plus le capitalisme, ce sont les marchandises, parce que, quand on les achète et on les vend, elles donnent du profit. Alors, le capitalisme transforme tout en marchandise : il transforme en marchandise les personnes, la nature, la culture, l’histoire, la conscience, tout. Pour le capitalisme, tout doit pouvoir s’acheter et se vendre. Et il dissimule tout derrière la marchandise pour qu’on ne voie pas l’exploitation qui l’a rendu possible. Et alors les marchandises s’achètent et se vendent dans un marché, et il se trouve que ce marché ne sert pas seulement pour acheter et pour vendre, mais aussi pour dissimuler l’exploitation des travailleurs. Par exemple, sur le marché, on voit le café déjà joliment empaqueté dans sa boîte ou dans son paquet, mais on ne voit pas le paysan qui a souffert pour récolter ce café et on ne voit pas non plus le coyote qui lui a payé à un prix ridicule son travail et on ne voit pas non plus les travailleurs dans les grands ateliers qui passent leur vie à empaqueter ce café. Ou alors on voit un appareil pour écouter de la musique, de la cumbia, desrancheras ou des corridos ou ce qu’on veut, et on trouve que c’est un très bon appareil parce que le son est très bon, mais on ne voit pas l’ouvrière de l’atelier qui a passé un nombre incroyable d’heures à fixer des câbles et à monter cet appareil et qui a touché un salaire de misère pour le faire, on ne voit pas qu’elle vit loin de son travail et tout ce qu’elle doit dépenser pour le transport, sans compter qu’elle risque en plus de se faire enlever, d’être violée ou assassinée, comme ça arrive à Ciudad Juárez, au Mexique.

Autrement dit, sur le marché on voit des marchandises, mais on ne voit pas l’exploitation avec laquelle elles ont été faites. Et alors le capitalisme a besoin de beaucoup de marchés... Ou d’un marché très grand, un marché mondial.

Et alors il se trouve que le capitalisme d’aujourd’hui n’est plus le même qu’avant, où les riches se contentaient d’exploiter les travailleurs chacun dans leurs pays, mais qu’il en est maintenant à un stade qui s’appelle « globalisation néolibérale ». La globalisation en question, ça veut dire que maintenant les capitalistes ne dominent plus seulement les travailleurs dans un pays ou dans plusieurs pays, mais qu’ils essayent de dominer tout dans le monde entier. Et alors le monde, la planète Terre autrement dit, on dit aussi que c’est le « globe terrestre », c’est pour ça qu’on dit « globalisation », la mondialisation, autrement dit le monde entier.

Et le néolibéralisme, eh bien, c’est l’idée selon laquelle le capitalisme est libre de dominer le monde entier et qu’il n’y a rien à dire et qu’on n’a plus qu’à se résigner et à l’admettre et à la fermer, autrement dit à ne pas se rebeller. Alors, le néolibéralisme c’est comme la théorie, le plan, de la mondialisation capitaliste. Et le néolibéralisme a des plans économiques, politiques, militaires et culturels. Dans tous ces plans, il ne s’agit de rien d’autre que de dominer le monde entier. Et ceux qui n’obéissent pas, on les réprime ou on les isole pour les empêcher de donner leurs idées de rébellion aux autres.

Alors, dans la mondialisation néolibérale, les grands capitalistes qui vivent dans des pays puissants, comme les États-Unis, par exemple, veulent que le monde entier devienne une énorme usine où produire des marchandises et une sorte d’énorme marché. Un marché mondial, un marché pour acheter et vendre tout ce qu’il y a dans le monde et pour dissimuler toute l’exploitation du monde entier. Alors les capitalistes mondialisés s’installent partout, autrement dit dans tous les pays, pour faire leurs grands négoces, c’est-à-dire leur grande exploitation. Et alors ils ne respectent rien et s’installent comme ils veulent. C’est comme qui dirait une conquête des autres pays. C’est pour ça que nous, les zapatistes, nous disons que la mondialisation néolibérale est une guerre de conquête du monde entier, une guerre mondiale, une guerre entreprise par le capitalisme pour dominer mondialement. Et alors cette conquête se fait parfois avec des armées qui envahissent un pays par la force et qui s’en emparent. Mais parfois cette conquête se fait avec l’économie, c’est-à-dire que les capitalistes mettent leur argent dans un autre pays ou bien lui prêtent de l’argent à condition qu’il fasse tout ce qu’ils lui disent de faire. Ils s’installent même dans d’autres pays avec les idées : autrement dit, la culture capitaliste, c’est la culture de la marchandise, du profit, du marché.

Alors celui qui fait cette conquête, le capitalisme, fait bien comme il veut, c’est-à-dire qu’il détruit ce qui ne lui plaît pas et élimine ce qui le gêne. Par exemple, ceux qui ne produisent ni n’achètent ni ne vendent des marchandises le gênent. Ou ceux qui se rebellent contre cet ordre mondial. Et ceux qui ne servent pas, il les méprise. C’est pour ça que les indigènes constituent un obstacle à la mondialisation néolibérale et c’est pour ça qu’on les méprise et qu’on veut les éliminer. Le capitalisme néolibéral enlève aussi les lois qui l’empêchent d’exploiter tranquillement et de faire beaucoup de profits. Par exemple, il impose que tout puisse s’acheter et se vendre, mais comme c’est le capitalisme qui a l’argent, il achète tout.

Alors, le capitalisme détruit les pays qu’il envahit avec la mondialisation néolibérale, mais il veut aussi arranger tout ou tout refaire à sa manière, autrement dit d’une manière qui lui convienne et sans être gêné par rien ni personne. Alors la mondialisation néolibérale, capitaliste détruit donc ce qu’il y a dans ces pays : elle détruit leur culture, leur système économique et leur système politique, et elle détruit même le type de rapports que les gens qui vivent dans ce pays ont entre eux. Autrement dit, tout ce qui fait d’un pays un pays est ravagé.

Alors, la mondialisation néolibérale veut détruire les nations du monde et veut qu’il n’y ait plus qu’une seule nation ou pays : le pays de l’argent, le pays du capital. Le capitalisme cherche donc à faire que tout soit comme lui veut que ce soit. Et tout ce qui est différent, ça ne lui plaît pas et il le persécute, il l’attaque, il l’isole dans un coin et fait comme si ça n’existait pas.

Alors, comme qui dirait en résumé, le capitalisme de la mondialisation néolibérale se fonde sur l’exploitation, sur la dépossession, sur le mépris et sur la répression de ceux qui ne se laissent pas faire. Autrement dit, pareil qu’avant mais maintenant globalement, mondialement.

Mais tout ne marche pas comme sur des roulettes dans la mondialisation néolibérale, parce que les exploités de chacun des pays ne veulent pas l’accepter et qu’ils ne se résignent pas à courber l’échine, mais se rebellent, et que ceux qui sont de trop et gênent résistent et ne se laissent pas éliminer. Et alors nous voyons que dans le monde entier ceux qui sont dans un sale pétrin opposent une résistance pour ne pas se laisser faire ; autrement dit, ils se rebellent, et pas seulement dans un pays mais dans plein d’endroits. Autrement dit, de la même façon qu’il y a une mondialisation néolibérale, il y a aussi une mondialisation de la rébellion.

Dans cette mondialisation de la rébellion, il n’y a pas que les travailleurs de la campagne et des villes, mais il y aussi d’autres gens, femmes et hommes, qui sont très souvent persécutés et méprisés parce qu’ils ne se laissent pas non plus dominer : les femmes, les jeunes, les indigènes et beaucoup d’autres que nous ne verrons pas tant qu’ils n’auront pas hurlé que ça suffit qu’on les méprise et qu’ils ne se seront pas révoltés. Et alors nous les verrons, nous les entendrons et nous apprendrons à les connaître.

Et alors nous, nous voyons que tous ces groupes de gens luttent contre le néolibéralisme, autrement dit contre le plan de la mondialisation capitaliste, et qu’ils se battent pour l’humanité.

Et tout ça fait que nous éprouvons une grande inquiétude devant la stupidité des néolibéraux qui veulent détruire l’humanité tout entière avec leurs guerres et leur exploitation, mais nous éprouvons en même temps une grande satisfaction en voyant que partout surgissent des résistances et des rébellions ; un peu comme la nôtre qui est un peu petite mais qui est toujours là. Et nous voyons tout cela dans le monde entier et notre cœur sait que nous ne sommes pas seuls.


dimanche, 10 juin 2012

Le stratagème des chaînes - Pourquoi le fédéralisme multi-National est-il ingérable?

François Asselineau, dans sa conférence « Pourquoi l’Europe est-elle comme elle est? », nous explique pourquoi le fédéralisme de type multi-National (plusieurs Nations fédérées) est intrinsèquement ingérable de manière concerté et démocratique.

C’est pourquoi celui-ci est toujours utilisé comme moyen détourné de contrôle par un élément externe.

Quoique le thème principal de cet extrait soit la neutralisation de la politique française dans l’union européenne, le procédé est très comparable à celui utilisé par le Canada fédéral à l’encontre du Québec et de ses choix politiques.


Le stratagème des chaînes - Pourquoi le... par front_alternationaliste

dimanche, 03 juin 2012

La vérité sur le 20 mai et l’indépendance de Cuba

Cienfuegos--10-.jpgAvant le triomphe de la Révolution, en 1959, les cercles du pouvoir à Cuba célébraient le 20 mai comme Jour de l’indépendance. On prétendait que ce jour de 1902 avait donné naissance à la République indépendante, que la domination coloniale espagnole avait pris fin, et que depuis lors les Cubains disposaient de la liberté pleine et entière. Et on ajoutait que tout ceci avait été possible grâce à « l’aide généreuse » du gouvernement des États-Unis.

En vérité, l’histoire avait été complètement falsifiée dans l’intérêt des gouvernements en place et de leurs maîtres impérialistes. En fait, le 20 mai 1902, Cuba cessa d’être une colonie espagnole pour devenir une néo-colonie des États-Unis.

En 1898, après 30 ans de lutte héroïque, l’Armée de libération cubaine avait pratiquement écrasé l’armée coloniale espagnole. L’Espagne ne pouvait poursuivre la guerre, ni militairement, ni économiquement, ni politiquement. La combativité des forces coloniales s’était effondrée face à la poussée de l’indépendantisme.

Les États-Unis profitèrent de ce moment pour satisfaire leurs vieilles aspirations d’intervenir à Cuba et de matérialiser leur rêve d’annexion. La participation des forces nord-américaines se limita à débarquer sur le territoire cubain, avec le soutien de l’Armée de libération cubaine et de livrer quelques combats contre ce qui restait de l’armée coloniale espagnole.

Le leader prolétarien Vladimir Illich Lénine qualifiera cette guerre, mal nommée de Guerre hispano-cubano-nord-américaine, de première guerre impérialiste de l’histoire de l’Humanité.

Cependant, une fois le conflit terminé en 1898, Cuba fut-elle réellement libre ?

Le 10 décembre de cette même année, était signé le Traité de Paris qui mettait un terme officiellement au colonialisme espagnol à Cuba. Avec l’exclusion de Cuba des négociations avait lieu la première grande injustice et offense à la dignité des Cubains. Les États-Unis négocièrent une liberté qu’ils n’avaient pas gagnée et l’Espagne renonça à un droit qu’elle avait perdu face aux Cubains.

Les États-Unis n’étaient pas prêts à livrer une guerre contre l’armée révolutionnaire cubaine qui avait vaincu une puissance coloniale après 30 ans de combats cruels, si bien qu’ils firent en sorte de s’approprier de l’île de façon moins coûteuse, et en outre de s’attribuer le crédit de libérateur.

Une fois la guerre terminée, l’armée nord-américaine maintint son occupation. La liberté et l’indépendance du peuple cubain restèrent entre ses mains et celles du gouvernement de ce pays.

Le 16 juin 1900, sur ordre militaire Nº164, donné par l’armée nord-américaine, se déroulèrent les premières élections pour désigner les maires, les conseillers, les trésoriers et les juges municipaux. La dénommée démocratie nord-américaine révélait sa véritable essence : seuls les hommes âgés de 21 ans pouvaient prendre part au vote – pas les femmes. Il fallait savoir lire et écrire, avoir un capital de pas moins de 250 pesos ou avoir servi dans l’Armée de libération, sans « observations défavorables » dans son dossier.

Du fait de ces restrictions et bien d’autres, seulement environ 10% de la population en âge de le faire put accéder au vote.

Des élections semblables eurent lieu en 1901. Cette fois, avec des restrictions plus sévères auxquelles s’ajoutèrent des mesures de coercition et des fraudes afin de garantir une majorité de votes en faveur des candidats qui représentaient les intérêts yankees.

Un nouvel Ordre militaire, le 91e, définit les règles de ces élections. Les électeurs ne pouvaient élire que 60% des conseillers. Entre autres restrictions, on refusa la participation aux élections aux soldats indépendantistes qui avaient combattu contre l’Espagne.

À l’approche des élections présidentielles de 1901, les outrages contre la nation cubaine s’accentuèrent. À l’origine, il y avait trois candidats : le général Maximo Gomez Baez, héros des guerres indépendantistes cubaines, constatant les intrigues qui allaient entacher ce scrutin, retira sa candidature. Un autre patriote fit de même, le Major général Bartolomé Maso, qui refusa d’obéir aux magouilles nord-américaines.

De ce fait, il ne resta plus qu’un seul candidat en lice : Tomas Estrada Palma, qui avait succédé à José Marti comme Délégué du Parti révolutionnaire cubain et qui, pour pouvoir présenter sa candidature à ces élections, dut renoncer à 26 ans de citoyenneté nord-américaine. Cet homme – qui avait trahi l’idéal et la cause de José Marti –, accéda au pouvoir au cours d’une élection où seuls 7% des Cubains en âge de voter avaient pu participer au scrutin. Mais cela ne suffisait pas aux intérêts nord-américains à Cuba. Ils avaient besoin de quelque chose de plus sûr, de plus efficace. Et c’est ainsi que vit le jour l’Amendement Platt.

Le 28 février 1901, le sénateur nord-américain Orvile H. Platt, proposa un amendement à la Loi de Frais militaires qui, une fois approuvé par son pays, serait annexé à la Constitution cubaine qui devait régir la nouvelle République. Soit Cuba acceptait cet amendement, soit elle restait sous l’occupation militaire. Telle était l’alternative.

Cet amendement liait Cuba sur les plans militaire, politique et économique aux intérêts des États-Unis.

Un des articles de cette disposition plaça l’Île des Pins hors des limites de Cuba – aujourd’hui Île de la Jeunesse. Un affront qui dura jusqu’en 1925. Une autre attribuait aux États-Unis le droit d’intervenir militairement à Cuba, sous le faux prétexte de préserver l’indépendance, de maintenir un gouvernement approprié, de protéger la vie, la propriété et la liberté.

Cuba était également obligé de louer les services des États-Unis pour que ceux-ci puissent maintenir l’indépendance et protéger la défense de l’île. C’est de cette engeance que naquit l’actuelle base de Guantanamo, occupée encore aujourd’hui contre la volonté du peuple cubain, et qui est utilisée comme centre international de tortures et de crimes par le gouvernement étasunien, malgré les condamnations répétées des plus hauts organismes internationaux.

En outre, Cuba n’avait ni le droit de conclure des traités ou des accords avec d’autres pays, ni celui de contracter des dettes publiques, si ce n’était avec le gouvernement impérial.

Tomas Estrada Palma se chargea lui-même de dissoudre le Parti révolutionnaire cubain que José Marti avait fondé pour faire la Révolution et diriger ensuite le destin de la nation cubaine. De quelle indépendance et de quelle liberté les Cubains disposaient-ils quand la République fut proclamée, le 20 mai 1902 ? Après 30 longues années de lutte, s’agissait-il d’une République indépendante ou d’une néo-colonie nord-américaine ?

La véritable indépendance, la liberté, la souveraineté et la libre autodétermination, devraient attendre 60 ans de plus, jusqu’au 1er janvier 1959 lorsque le commandant en chef Fidel Castro proclama le triomphe de la Révolution cubaine.

Alors que pour les groupes terroristes contre-révolutionnaires installés aux États-Unis, le 20 mai est resté une « date patriotique ».

mercredi, 23 mai 2012

!!Alerte loi matraque!! - L'été s'annonce chaud!

La loi matraque permet de suspendre l’application de n’importe quelle loi en vigueur au Québec

Derrière le masque de la "démocratie" se cache une véritable dictature

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La loi spéciale adoptée par les libéraux et les caquistes hier soir a été décortiquée de presque toutes les façons. Cependant, un article de la loi semble avoir échappé de l’analyse des grands médias: l’article 9. Cet article confère à la ministre de l’éducation des pouvoirs de monarque, soit de rendre inapplicable n’importe quelle disposition de n’importe quelle loi actuellement en vigueur au Québec.

Avez-vous lu la loi spéciale? L’avez-vous relu? Au travers des articles de la loi qui concernent les amendes exorbitantes, les dispositions qui limitent fermement le droit de manifester, la négation du droit d’association ainsi que les modalités de suspension de la session, avez-vous remarqué le petit article 9 de la loi matraque? Laissez-moi vous le citer:

9. Pour assurer la mise en oeuvre des articles 2 et 4 à 8, le gouvernement, sur la recommandation du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, peut prendre toutes les mesures nécessaires, notamment prévoir les dispositions législatives et réglementaires qui ne s’appliquent pas et prévoir toute autre adaptation nécessaire aux dispositions de la présente loi ainsi qu’aux dispositions de toute autre loi et de ses textes d’application.

Réalisez-vous ce que cela signifie? Cela signifie que, pour répondre aux objectifs de sa loi matraque, le gouvernement pourra spontanément, et ce sans le consentement des élus, rendre inapplicable N’IMPORTE QUELLE LOI actuellement en vigueur au Québec. Réalisez-vous à quel point c’est large et à quel point cela transforme la ministre Michelle Courchesne en véritable monarque?

Vous doutez de mon interprétation? Le député péquiste Alexandre Cloutier a remarqué exactement la même chose, et il l’a dénoncé brillamment pendant la nuit du 17 au 18 mai. Je vous invite fortement à écouter cette vidéo qui est très éclairante:

Hé oui, depuis le vendredi noir, nous vivons désormais dans une démocrature. Une démocratie qui masque derrière elle un régime dictatorial où le gouvernement peut décider de faire fi de N’IMPORTE QUELLE LOI. Alexandre Cloutier dénonce lui-même cette aberration:

On voit, dans cette loi-là, des dispositions qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. [...] Par cette loi, on donne le pouvoir à la ministre de l’Éducation de décider quel article de la loi va pouvoir s’appliquer ou non, mais, pire encore, on donne le pouvoir à la ministre de l’Éducation de «prévoir toute autre adaptation». La ministre de l’Éducation va pouvoir adapter la loi, pas juste cette loi-là, toutes les autres lois du Québec pour mettre en oeuvre quoi? Les articles 2 à 8.

Alors là, M. le ministre [de la justice], là, vous allez m’expliquer comment l’Assemblée nationale, le pouvoir législatif, peut octroyer à l’exécutif le pouvoir de modifier nos lois, de décider quelles dispositions s’appliquent et ensuite de faire les ajustements dans les autres lois pour mettre en oeuvre les dispositions 2 à 8 de cette loi que vous êtes en train de nous forcer d’adopter ce soir. Si vous pensez que ça, ça respecte le principe de la séparation des pouvoirs, si vous pensez que ça va tenir la route au niveau constitutionnel, bonne chance. Bonne chance.

Avez-vous entendu dans la vidéo un des députés lancer le mot DICTATURE pendant l’intervention de M. Cloutier? Réalisez-vous à quel point Jean Charest et Michelle Courchesne, par leur loi matraque, viennent de se donner la marge de manoeuvre pour donner un coup de force d’ici les prochains jours ou prochaines semaines?

Désormais, le gouvernement libéral peut donc, à tout moment, modifier les lois en vigueur, sans le consentement de l’Assemblée Nationale, dans l’unique but de faire appliquer sa loi matraque. C’est extrêmement grave et inquiétant.

Durant la nuit d’hier, les médias ont couvert des manifestations nocturnes à Montréal, Québec, Rimouski, Sherbrooke, etc., dans l’optique de voir le coup de force du gouvernement. Si vous croyez que rien ne se trame, vous êtes extrêmement naïfs. Si hier soir, rien ne s’est produit à Montréal, c’est simplement parce que les policiers n’ont pas encore eu le temps de déterminer comment ils comptaient mettre en application la loi 78. C’est le Service de Police de la Ville de Montréal lui-même qui le confirmait dans un Tweet:

INFO - La loi 78 ne peut etre appliquée ce soir car le #SPVM doit s'assurer des modalités de son application avant. #GGI#manifencours

Le coup de force du gouvernement se fera de manière sournoise. Depuis le début du conflit, la répression se passe à l’abris des kodaks. Si vous croyez que Jean Charest est dépassé par les événements, rappelez-vous qu’il travaille à la rédaction de sa loi matraque depuis des semaines. La mise en scène de l’émeute à Victoriaville, le congrès des libéraux, les négociations in extermis dans un contexte d’urgence, une entente viciée qui était déjà destinée à être refusée par les étudiants… c’est dans ce contexte là que s’est construite la loi matraque.

Combinez ça à l’article 30 de la loi 78, et le gouvernement peut virtuellement faire arrêter qui il veut:

30. Quiconque aide ou amène une autre personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction et est passible de l’amende prévue…

Cet article 30, qui était auparavant l’article 29, a subi des modifications, alors il importe de regarder quel était l’esprit véritable de cet article avant qu’il soit amendé:

29. Quiconque, par un acte ou une omission, aide ou, par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre personne à commettre une infraction visée par la présente loi commet lui-même cette infraction.

Mesdames et messieurs, avec l’article 9 qui confère à la ministre le pouvoir de modifier n’importe quelle disposition de n’importe quelle loi, y compris celle-ci, je vous invite à tirer vos propres conclusions de la valeur de cet amendement. Si vous pensiez que la loi des mesures de guerre était abusive, c’est que vous n’avez pas encore réalisé quels pouvoirs s’est donné le gouvernement en attendant que cette loi soit déclarée anticonstitutionnelle, ce qui pourrait prendre des mois.

Je terminerai ce texte avec quelques conseils. Réfléchissez à ce que vous dites, SURTOUT sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, puisque Courchesne a confirmé que, par exemple, les tweets pourront être surveillés dans le cadre de la loi 78. C’est simple, tout ce que vous pourrez dire d’ici à ce que cette loi tombe pourra être retenu contre vous. L’article 30 de cette loi, combiné à l’article 9, donne toute la marge de manoeuvre nécessaire pour mettre dans le pétrin et limiter officiellement la liberté d’expression des leaders étudiants et syndicaux, des associations étudiantes, des têtes pensantes du mouvement étudiant ou autres mouvements sociaux, des manifestants déjà profilés, des blogueurs influents, et même des journalistes les plus virulents envers le pouvoir en place.

Les casseurs là-dedans? On s’en fout. On est rendu à un niveau beaucoup plus supérieur dans ce conflit. Le gouvernement le plus corrompu de l’histoire du Québec est rendu à l’étape de TUER toute forme de protestation, étudiante ou pas. Et les élections s’en viennent à grande vitesse. La Commission Charbonneau aussi.

http://www.ameriquebec.net/

samedi, 19 mai 2012

Quel avenir pour le printemps québécois ?

vortigern zifendel, printemps érable, hausse des frais de scolarité

Depuis l’arrivée en force de la loi 78, la première observation que nous devons retenir, afin de faire le bilan de plus de trois mois de perturbation sociale convergeant essentiellement autour de la hausse des frais de scolarité, c’est que le gouvernement ne semble pas être enclin à revenir sur sa décision malgré la gravité de la situation. Ce qui est assez surprenant en première instance dois-je dire. Un second point très important, si l’on veut bien comprendre la situation, est cette nouvelle dichotomie découlant du conflit lui-même, soit celui entre les « rouges » et les « verts », même si agrémentée d’un peu de « blanc » et de « jaune » afin de faire jolie. Ces deux nouveautés dans le paysage médiatique québécois ont pour ainsi dire galvanisé les esprits d’une population accablée par le cynisme et ont probablement coûté quelques premières pages à certains galas mondains et autres platitudes servant d’anesthésiant au peuple. Par contre, il ne faut pas être naïf, cet intérêt soudain pour la chose publique est loin d’être aussi positif qu’on pourrait le croire et démontre une réalité assez bien identifiée, mais qui demandait peut-être encore confirmation pour certains. Soit un peuple devenu en partie inconscient de ses intérêts.

La raison pour laquelle la question de la hausse des frais de scolarité est si symptomatique de cette évolution, est qu’elle nous démontre bien que le sujet de fond n’est pas tant d’être « pour ou contre » la hausse (sur son plan comptable du moins), mais bien de savoir ce qui prévaut entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel. Cette réalité sous-jacente du débat public est justement ce qui rend inconciliables les parties, d’autant plus que la plupart des protagonistes n’en ont pas complètement conscience et se font des guerres d’opinion sur des visions du monde très peu comparables. Par exemple, il n’est nul besoin d’être très attentif aux escarmouches verbales entre les syndicats étudiants et le gouvernement pour se rendre compte que les termes de « droits » et de « démocratie » (pour ne nommer que ces deux-là) n’ont pas du tout la même signification en fonction de qui ils proviennent. Partant de cette observation nous pouvons donc comprendre les advenant de mon deuxième point, soient une guerre idéologique bloquée et ne pouvant que se radicaliser à l’excès par incompréhension mutuelle. Donc, d’un côté nous avons ceux qui voient en la société une entité qu’il faut prendre comme telle afin de l’orienter vers des intérêts collectifs bien sentis et de l’autre, nous avons ceux qui voient la société comme un ensemble d’individus ayant des droits et des responsabilités qui obligent à suivre une certaine voie, soit celle des lois du marché.

Pour en revenir à notre premier point, tout en faisant un pont avec le second, il y a quelque chose de tout à fait singulier à souligner dans l’évolution stratégique du gouvernement et qui en explique assez clairement le comportement. Qu’est-ce que la polarisation « rouge/verte » lui apporte au juste ? C’est assez simple. Elle offre à un gouvernement corrompu et totalement disqualifié par la population (pour ne pas dire illégitime, étant donné qu’élu majoritaire essentiellement que pour des raisons d’abstention) une porte de sortie à sa droite en exploitant le réflexe sécuritaire qu’ont de plus en plus la frange non rouge de la population. Autrement dit, ce radicalisme, fort peu habituel chez ce gouvernement reconnu habituellement pour sa liquidité, est incontestablement à trouver dans l’éternel pragmatisme d’un parti politique sans idéal[1]. Il semble clair, après un minimum de recul et d’observation, que la force inertique du gouvernement (d’avant la loi 78) couplée au travail monumental de propagande des masses médias (qui, je le rappelle, ont des propriétaires ayant intérêt à cette hausse) ont accouché d’une polarisation relativement excessive et à bien des aspects artificiels. Ce travail très bien fait de polarisation a donné que d’une masse bien sage et apathique on en a fait une horde de geignards haineux. Fort peu enclin au militantisme, mais très visible sur Internet et les tribunes du bon peuple.

Comme la frange rouge, il faut savoir que la verte se radicalise aussi très rapidement avec l’évolution du conflit, mais à ceci près que les verts n’ont pas vraiment de principes philanthropiques à défendre autre que leurs droits d’individu (et celui du marché par extension) ce qui fait que ce qu’ils veulent c’est surtout que le conflit cesse au plus vite sans que le gouvernement ne recule sur la question de la hausse (est-ce un principe ?). Et si possible avec une petite dose d’humiliation en guise de punition envers cette jeunesse trop téméraire. Enfin, pour dire les choses de manière simple, la frange verte se droitise. Comme vous pouvez l’imaginer, ce genre de penser droitarde, tout en revenant finalement à être plus antirouges que pros verts, ne va aucunement dans le sens d’un retour aux négociations, et par extension au calme, mais bien dans celui d’un affrontement de plus en plus inévitable. Ce qui donne aux aberrations répressives ainsi qu’à la mauvaise foi du gouvernement une image altérée ayant l’air d’être presque de bonne guerre. Pour schématiser un peu plus en politologue, disons qu’en plus de ne rien faire pour améliorer la situation, le gouvernement essaie très probablement de gagner des points électoralement chez les antirouges (droite) en vue des prochaines élections. Et sa loi 78, n’ayant qu’une portée d’un an (autrement dit, d’ici les prochaines élections), ne fait que nous le confirmer. Cette tactique morbide et antisociale démontre bien à quel point ce gouvernement est nocif pour le Québec et se fiche éperdument de son avenir et de sa stabilité, mais aussi il démontre bien que le bras de fer est loin d’être terminé. Il en va de sa survie en tant que possesseur du pouvoir, car pour lui un recul (perte de l’électorat droitard non naturellement acquis) est grosso modo une mort politique assurée et les carriéristes bien entourés du parti libéral ne voudront pas céder leur place aussi facilement. Sans compter que leurs employeurs, un peu plus haut dans les sphères du pouvoir, leur feraient probablement payer le prix fort leur mauvais rendement.

Malgré tout ça, rien n’est encore joué, car la frange rouge de la population reste très déterminée et rien n’est moins sur que de taper, de bâillonner et d’humilier les jeunes soit suffisant pour redorer le blason d’un gouvernement battant des records d’impopularités. Du moins certainement pas à long terme. Voilà pourquoi je ne crois absolument pas que les activistes du mouvement étudiant soient à blâmer. Tout au contraire, je crois même qu’ils doivent mettre encore plus d’ardeur à la tâche, car le gouvernement devra reculer tôt ou tard. Ne serait-ce que pour des raisons économiques (le chaos coûte cher et la répression a ses limites dans l’opinion mondiale). Et je vous le dis, ce jour-là son capital électoral acquis malhonnêtement s’écroulera d’un coup. Même s’il est selon moi très improbable que le mouvement présent accouche de la gratuité scolaire à court terme, le seul fait de faire revenir le gouvernement sur la question fondamentale des frais de scolarité en sera une grande victoire stratégique. Car cette petite victoire en apparence aura comme conséquence de contraindre les libéraux au moins au statut de gouvernement minoritaire aux prochaines élections. Cela permettra sans nul doute le début d’un grand chantier politique allant enfin dans le bon sens, car il est vrai qu’il reste beaucoup à faire afin de réparer les dégâts de trois mandats libéraux.   

Il est certain que tous ont beaucoup perdu dans cette lutte, mais il est de notre devoir de la poursuivre coût que coût. De toute façon, ce serait trop bête de reculer maintenant après avoir déjà gravé dans notre histoire ce sursaut du politique, appelé « printemps érable », dans notre belle Nation. Nation qui a tant besoin de victoires pour s’épanouir. Enfin, rien n’est encore scellé, mais tant qu’il y aura de la vitalité et de la ferveur dans le cœur des jeunes gens, il y aura de la place pour l’espoir !

Vortigern Zifendel           


[1] Il est sans conteste beaucoup plus facile pour un parti politique dit « de gouvernement » d’accéder au pouvoir qu’un parti idéaliste, car les idées sont à bien des égards beaucoup plus un handicap qu’une force dans la politique politicienne si l’on considère que les idées sont surtout une source de division sur la fin, contrairement à l’argent et le pouvoir.  

mardi, 15 mai 2012

Histoire des guérillas Sud Américaines

Voici un documentaire retracant l'histoire des guérillas sud américaines au cours du 20e siècle. Partant du début au Mexique, avec Emiliano zapata, pour finir par les zapatistes actuel, le mouvement des sans terre dirigé par le sous comandant Marcos. Un meme slogan: "Terre et liberté!" 
Le film aborde également les cas de Cuba, du Nicaragua, du Perou, de la Colombie, du Salvador, des Sandinistes et des théoriciens de la liberation excomuniés par le Vatican ...


Histoires de guérillas (Zapatistes ...) par Gloerbst

samedi, 12 mai 2012

TIERRA Y LIBERTAD!

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podcast

Du côté du Mexique on est sorti de l’ombre
C’est pas des tonnerres de chaleur mais le peuple qui gronde
Il y a plus d’un an déjà guerre armée déclarée
Peu d’informations ont filtré
Pourtant ce soulèvement ne cesse de s’étendre
Le pays tout entier est touché

Acculés à la misère, pas d’autres droits
Que celui de voir crever leurs frères
Chiapas, indiens sur le sentier de la guerre
Culture millénaire, privés par le pouvoir de leurs territoires d’hier
Persuadés que les ancêtres en sont fiers

(Refrain)

E.Z.L.N. tes revendications s’adressent à tous les indiens
Du nord au sud de l’Amérique pour dire que cette terre vous appartient
Des Tojolabals du Chiapas, aux Mohawks du Canada
Vous n’êtes pas que de la main-d’œuvre docile, bonne à engraisser leurs États 

Le mouvement national révolutionnaire
Combattants Zapatistes, l’histoire est éphémère
Le prix de la liberté se paye avec des morts
Salinas oh là ! t’as fait fort
Bombardements aveugles, des villages ravagés
Des civils tués par milliers

Des villes réquisitionnées, les bâtiments publics pillés et dévastés
L’ État tout puissant humilié
Des prisons sont attaquées, les détenus libérés rejoignent les insurgés
Les guet-apens multipliés

On a atteint le point de non retour, maintenant ce sera tout ou rien
La solidarité amérindienne continuera son chemin
Il y a des siècle que leur Histoire est écrite sur fond de promesses en blanc
De traités bafoués et sordides au bon vouloir des occupants

Tierra y libertad le poing levé ce n’est que le commencement
Soutenons la lutte des peuples engagés qui veulent vivre décemment
Des Tojolabals du Chiapas aux Mohawks du Canada
Tierra y libertad c’est contagieux et ça ne s’arrêtera pas !